Entretien avec Julie Douard – Après l’enfance ? POL

Après  l’enfance
Julie Douard
POL

Après l’enfance est « un premier roman » mais il n’est pas « une première publication » ? Vous écrivez également des pièces de théâtre …

Effectivement, j’ai écrit plusieurs pièces de théâtre, la première lorsque j’étais en seconde. La plupart des pièces ont été montées mais pas publiées. Seule une pièce pour enfants, intitulée « Les mots sans soucis » est publié aux cahiers de théâtre du Petit théâtre de Vallières. Sinon, j’ai publié un texte dans un ouvrage collectif « Couleurs » qui allie photos et textes (édition l’épingle du jeu)

Pourriez-vous nous en dire plus et évoquer la genèse de ce récit avant qu’il ne trouve sa forme publiée ?

Quand j’ai écrit les premières lignes, je ne pensais pas commencer un roman. D’ailleurs, j’écrivais d’autres choses en parallèle, notamment pour le théâtre. Je n’ai jamais pensé que j’étais capable d’écrire un roman. Il a fallu que beaucoup de pages s’accumulent pour que je réalise ce qui était en train de se passer. Pour finir, j’ai posté le manuscrit à quelques maisons d’édition et POL a dit oui, à ma plus grande surprise.

Le théâtre occupe t-il dans votre roman une place particulière ?

En effet car le personnage débute le théâtre avec son meilleur ami afin de rencontrer des filles mais il ne prend pas conscience du fait qu’il va être sur scène. Le théâtre va devenir constitutif de sa formation et va lui offrir  des péripéties inattendues.

Après l’enfance tient à la fois du journal intime, du roman social et du roman d’éducation sentimentale. Il rappelle la langue (et le rythme ) des comédies de moeurs (les situation s’enchaînent, les personnages sont  « énormes ») ou la langue des récits d’initiation. Ce qui procure au roman un effet totalement burlesque. Pourriez-vous nous parler de la construction de la langue de ce roman, de  l’écriture du récit ?

Mais je suis totalement incapable de vous parler de la construction de la langue de ce roman, même si votre question est pertinente. Je sais qu’il y a plusieurs choses que j’apprécie : en particulier que chaque phrase apporte une nouvelle information (qui compte pour l’avancée du récit ou la découverte de la psychologie du personnage) par exemple. Quant au style, il me semble que les idées passent mieux lorsqu’elles sont dites avec ironie  ou distance.

Quant au récit, il est divisé en court chapitres titrés. Il s’agit de s’arrêter sur des scènes de la vie.

Les décors comme les événements sont transformés par le regard optimiste porté par le narrateur sur son entourage et son environnement. Sans cette sécurité, on frôle souvent la catastrophe, non ? On pourrait presque avancer que vous aimez vos personnages…

Bien sûr, heureusement. L’optimisme du narrateur tient à son âge surtout. Il sait qu’il a du temps devant lui pour voir les choses s’arranger. Il sait que rien n’est irrémédiable. Il est adolescent, il a donc l’âge où l’on peut croire que notre avenir sera radieux. Et puis, il a des atouts : bon élève, joli garçon. En outre, il aime sa famille même s’il conscience des défauts de chacun de ses membres. Il n’est pas un rebelle qui rejette les autres, mais un  jeune homme qui pense surtout à son plaisir et qui va tomber sur une réalité beaucoup plus vaste et plus intéressante. Il est mis dans des situations par son entourage.

Au début du roman, il est un peu prétentieux mais au fur et à mesure des évènements, il réalise à quel point les choses lui échappent, il frôle même le misérabilisme tant ses doutes le submergent. Finalement il découvre qu’il ne comprend pas grand chose, qu’il ne vaut pas mieux que les autres, pas moins non plus. Et surtout il réalise que les autres aussi ont une vie, il n’est pas le centre du monde, ainsi que le montre le roman. Chaque personnage vit des choses particulières sur lesquelles le roman ne fait pas l’impasse.

Quels sont les auteurs qui ont sur votre travail d’écriture une influence réelle ?

Je ne sais pas, je subis probablement des influences mais bien sûr je ne m’en rends pas compte. J’aime particulièrement J.K O’Toole, Orwell, Proust, Irving… Mais je suppose que mes influences ne sont pas exclusivement littéraires.

Dernière question, êtes-vous également lectrice  sous influence ?

Aucune idée, mais je ne lis pas que des romans, loin de là. Ce qui est certain, c’est que je n’ai jamais cherché à imiter le style d’untel. je n’analyse ni mes textes, ni ceux des autres. Je n’ai d’ailleurs pas fait d’études de lettres et je crois que j’en aurais été bien incapable.

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