Laurence Schwalm, des éditions Ex Aequo a eu l’amabilité de répondre à quelques questions sur sa maison…
Quand et à quelle occasion les éditions Ex Aequo ont-elles été fondées ?
Les éditions Ex Aequo on été fondées en mars 2009. J’ai créé ma maison d’édition parce que j’avais la volonté de travailler dans l’univers du livre électronique et surtout parce que je n’étais pas satisfaite du travail de mon éditeur, puisque je suis aussi auteur.
Pourquoi ce nom ?
Parce que chez Ex Aequo nous sommes tous égaux, il n’y a pas d’auteur favori et mieux traité que les autres, et il y a aussi la volonté de partager les risques et les succès à part égale, mais aussi les revenus tirés de l’édition. J’ai voulu créer une maison dirigée par un auteur, encadrée par des auteurs (mes directeurs de collections sont tous auteurs) et travaillant en collaboration étroite avec des auteurs. Mais ce n’en est pas pour autant une association de type loi de 1901, c’est bien une entreprise, ancrée dans la réalité économique et ayant un chef d’entreprise à sa tête (j’ai dirigé une agence de presse-publicité-marketing-conseil durant près de 20 ans avant de créer Ex Aqeuo).
Les collections sont venues au fur et à mesure que le catalogue s’est construit, pour donner plus de visibilité aux textes en les regroupant par famille, mais aussi pour porter des projets à long terme comme la collection "Courts Lettrages" dont le but est de faire découvrir aux lecteurs le monde des scénarios de court-métrage.
Entre 20 et 30, mais il n’y a pas de limite ou d’objectif fixé ; un livre est édité lorsqu’il est prêt, et si une année nous devons en éditer 40 ou plus ce n’est pas un problème.
Les manuscrits sont choisis sur une ligne éditoriale simple : si c’est bon on édite, si ce n’est pas assez bon nous faisons retravailler le texte et nous accompagnons les auteurs dans ce travail, si c’est vraiment mauvais nous le disons. Il arrive , mais assez rarement, qu’un texte soit écarté d’entrée uniquement parce qu’il n’a pas le niveau de qualité que voulons pour nos lecteurs, ou qu’il s’éloigne trop de nos goûts (on ne peut pas éditer et défendre un texte que l’on n’aime pas). Tous les livres qui ont été édités chez Ex Aequo étaient des manuscrits envoyés simplement par la poste ; alors oui, nous acceptons les manuscrits, mais nous demandons aux auteurs de ne nous envoyer un texte que lorsqu’il est abouti.
Quels sont les titres dont vous êtes la plus fière ? Ceux qui ont remporté un grand succès ? Ceux dont vous attendiez plus ?
Je suis fière de tous les titres qui ont été édités dans ma maison, sans exception ; ils sont tous différents et chacun méritait de figurer dans mon catalogue.
Certains remportent un plus grand succès que d’autres, c’est le cas des thrillers et des romans policiers, parce que ce genre est en vogue et que c’est avant tout du livre-plaisir, du livre-loisir. Ces thrillers caracolent en permanence en tête des hits-parades des ventes de livres électroniques en France, je trouve seulement dommage que les libraires ne s’y intéressent pas au niveau du format papier. Pourtant, un livre qui se place numéro 1 des ventes devrait attirer la curiosité d’un libraire, non ? Et il y a les romans qui n’arrivent pas à trouver leur lectorat ; cela arrive… Des romans qui font un flop en terme de ventes… il y en a ; la poésie ne se vend pas, les nouvelles sont un genre qui ne se vend pas non plus, le théâtre encore moins… mais je considère que c’est mon rôle d’éditeur de tenter la chance quand même et de rester fidèle à ma politique éditoriale : si c’est bon, je l’édite !
Il y en a de nombreux. Souvent en lisant certains auteurs actuels ou passés je me dis que je me souhaite de pouvoir un jour éditer de tels livres, mais je suis persuadée au fond de moi que certains titres que j’ai édités, ou que j’éditerai, deviendront des succès de librairie parce que le talent des auteurs est là. Il ne reste qu’à les faire découvrir, et c’est normalement le travail des libraires.
J’ai édité tout de suite en numérique, et je m’intéressait au livre numérique depuis de nombreuses années. Je suis intimement persuadée que le livre numérique est une façon de mettre les auteurs à portée de leurs lecteurs sans que le prix du livre vienne freiner leur rencontre ; c’est pourquoi j’ai délibérément mis un prix assez bas à mes ebooks(un peu moins cher qu’un livre de poche) afin que les textes que j’édite soient à la portée financière du plus grand nombre possible de lecteurs.
