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Écrire au quotidien : l’énumération pour dire le monde

Le jeudi 10 février 2011, j’ai mené deux ateliers d’écriture à la librairie. Ces ateliers d’écriture se sont déroulés en deux temps : une séance le matin, de 10h30 à 12h30, une séance en soirée, de 17h30 à 19h30. 15 personnes ont participé à la première séance et plus de 30 personnes à la deuxième. J’ai été très sensible à l’enthousiasme, à la participation, aux échanges et la générosité des textes écrits lors de ces deux séances.

Les deux ateliers se sont déroulés selon le même modèle, un court atelier pour se mettre en mots (et en jambes car il fallait écrire à partir de fragments de textes déjà écrit qu’on a trouvé dans les livres de la librairie), briser les lignes d’association, suivi par un second atelier un peu plus long. Les lieux fonctionnant comme théâtre de la mémoire. L’énumération comme arme pour dire le monde. Ces quatre ateliers sont, bien entendu, extraits de l’ouvrage : Comment écrire au quotidien, dont j’ai déjà diffusé plusieurs extraits sur le blog de la Librairie Dialogues.

Retrouvez l’intégralité des textes écrits par les participants à ces ateliers d’écriture sur Liminaire, le site de Pierre Ménard : http://www.liminaire.fr/spip.php?article1232


Extrait du texte :


55.

Poème express : biffer le maximum de mots, de lignes, d’une page arrachée d’un roman d’amour idiot ou d’un roman policier idiot, jusqu’à arriver à une combinaison satisfaisante pour l’esprit ; une autre façon de briser les lignes d’association…

 

59.

Composer un texte court ou texticule (slogan, aphorisme, morale, résumé d’une intrigue inédite, poésie, parodie, cadavre-exquis, énumération pseudo-scientifique, etc.) à partir d’une récolte de livres dont on ne garde que le titre. Attention, ne jamais réutiliser un titre d’un texte à l’autre.

 

112.

Puiser dans le nom des rues, des quartiers du lieu où l’on a passé sa jeunesse, matière à écrire de courts textes autobiographiques, fragments de vie, biographie familiale, les lieux fonctionnant comme théâtre de la mémoire.

 

346.

L’énumération comme arme pour dire le monde. La juxtaposition d’éléments forts, de haute gravité, ou à teneur politique, voire subversive, et d’éléments qui tout d’un coup provoquent le rire, ou la seule légèreté. Une énumération tient, c’est quand sa propre table des matières devient elle aussi une prouesse de langage.

 

Comment écrire au quotidien : 365 ateliers d’écriture de Pierre Ménard est diffusé sur Publie.net, coopérative d’auteurs pour la littérature numérique depuis décembre 2010.

ISBN : 978-2-8145-0365-6

Liste des ateliers en question :

Coupe Carotte, Lucien Suel, éditions Derrière la Salle de Bain, 2002.

Noms de Nantes, Jacques-François Piquet, Joca Seria, 2002.

Au diable les écrivains heureux, Laurent d’Ursel, La Cinquième Couche éditions, 2005.

Ceux qui songent avant l’aube, Jean-Louis Kuffer, Publie.net, 2010.

Photographies : Pierre Ménard, 2011.



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4 questions à Pierre Ménard, auteur de l’ouvrage « Comment écrire au quotidien »

Pierre Ménard est l’auteur de l’ouvrage « Comment écrire au quotidien »  et animera 2 ateliers d’écriture le 10 février 2011 à Brest.

- Avant d’aborder l’ouvrage, il nous parait intéressant d’en découvrir l’auteur. Pouvez-vous  vous présenter ?

Je m’appelle Philippe Diaz, je suis né à Ris-Orangis en 1969, et je vis à Paris. Je suis bibliothécaire. Pierre Ménard est le pseudonyme que j’ai choisi en tant qu’écrivain.
Après des projets de romans dans les années 90, j’ai écrit en 2006 ce qui allait devenir mon premier livre de poésie publié : Le spectre des armatures. Il a été publié aux éditions Le Quartanier, en mars 2007 dans la collection « Phacochères ». Le Quartanier est une maison d’édition francophone fondée à Montréal, Québec en septembre 2002 par Éric de Larochellière et Christian Larouche. J’ai également édité  « en avant marge », « en un jour » et deux temps trois mouvements sur Publie.net. « Quand tu t’endors » (album illustré par Mini labo), est paru aux éditions Actes Sud Junior. Et j’ai également participé à deux ouvrages collectifs : « Il me sera difficile de venir te voir » : Correspondances littéraires sur les conséquences de la politique de l’immigration en France, publié par les éditions Vents d’ailleurs, et « Écrivains en série » : un guide des séries (1948-2008), publié chez Léo Scheer, dans la collection Laureli.
Lorsque François Bon a lancé Publie.net, la cooperative d’édition numérique sur Internet, j’ai participe dès le départ en intégrant le comité d’orientation et de publication. J’y ai diffusé l’un des tous premiers textes mis en ligne sur la plateforme : en avant marge.

Depuis décembre 2008, j’y anime la revue de création Internet : d’ici là. Déjà plus de 165 auteurs au sommaire des six premiers numéros.

-  « Comment écrire au quotidien » est un ouvrage numérique. Pouvez-vous nous parler de ce projet ?

Depuis 2004, j’ai diffusé en ligne de manière hebdomadaire un exercice littéraire à partir d’un texte poétique contemporain (des auteurs francophones et leurs textes aux genres variés (poésie, nouvelle, roman, théâtre, jeunesse, art expérimental). Les textes écrits à partir de ces propositions ont été diffusés en ligne sur le site Marelle : Zone d’Activités Poétiques, et depuis 2010 réunis sur le site Liminaire pour être diffusé en décembre 2010 sur Publie.net, coopérative d’auteurs pour la littérature numérique créée par François Bon en 2008, sous le titre : Comment écrire au quotidien : 365 ateliers d’écriture.

Cet ouvrage est avant tout un texte poétique, mais c’est aussi, par extension, une anthologie de littérature francophone contemporaine, un livre sur la pratique des ateliers d’écriture et un ouvrage numérique enrichi de contenus multimédia sur internet. 365 propositions d’écriture commentées, de nombreux extraits de textes, présentation de leurs textes, de nombreux liens internet, ressources d’informations sur les auteurs, leurs éditeurs (75 maisons d’édition différentes), une soixantaine d’enregistrements sonores (extraits de Radio Marelle le podcast qui place la poésie sur écoute).

- Quel bilan retirez-vous de ces 365 ateliers ?

J’aime travailler sur des projets ambitieux qui s’inscrivent dans le temps, ici la rédaction du texte s’étale sur plus de six ans, mais l’expérience ne s’arrête pas une fois le projet terminé, une fois l’ouvrage publié.

J’ai développé l’audioblog de lectures versatiles Page 48. Le principe de ce site, qui existe depuis janvier 2005, est simple, il s’agit d’une série de lectures de livres de différents genres (roman, poésie, essai), mais une seule page, la page 48, devenue réécriture orale collective, redessinant, via contribution de chacun, un paysage bis, une anthologie de ce qui nous rassemble, de ce qui compte.
Ce projet s’inspire d’un texte de Joe Brainard, I Remember, dans lequel l’auteur américain évoque ses souvenirs à partir d’une formule récurrente lui servant de leitmotiv ou de ritournelle et dont s’inspirera ultérieurement Georges Perec en publiant Je me souviens :

« Je me souviens d’avoir projeté de déchirer la page 48 de tous les livres que j’emprunterais à la bibliothèque publique de Boston mais de m’en être vite lassé. »

De la même façon que le projet d’audioblog sur les pages 48, qui est devenu avec le temps une bibliothèque audio collaborative de plus de 300 titres, et a fait l’objet d’un ouvrage poétique édité sur Publie.net, en avant marge, le travail sur ces ateliers d’écriture se prolonge toujours in situ par le biais des séances d’ateliers que je mène dans toute la France (notamment cette année avec les étudiants de Sciences Po Paris, les élèves du Collège Marguerite de Navarre à Pau où j’interviens pour la deuxième année), mais en ligne également sur mon site Liminaire.

- Vous animerez 2 ateliers d’écriture, au café de Dialogues, le 10 février prochain. Comment vont-se dérouler ces ateliers ?

Mes ateliers se déroulent toujours de la même manière. Je présente un texte et son auteur choisi parmi mes 365 ateliers de littérature contemporaine. Je lis un extrait de l’ouvrage et propose aux participants une piste d’écriture. Nous verrons dans ces ateliers comment capter l’art et la manière du texte court. Après un temps d’écriture, chacun lit son texte, car le principe de l’atelier d’écriture est de partager et d’échanger avec les autres, et la lecture à voix haute de son texte fait partie du processus. Lire et écrire sont indissociables. Le but de ces ateliers est de développer une écriture personnelle créative. C’est une activité ludique. Je propose des exercices qui sont autant de chemins vers une pratique poétique de la langue écrite, cela ne demande aucune connaissance particulière, simplement l’envie d’écrire.

Propos recueillis par Gaële Malgorn, pour la Mairie de Brest. L’interview est également sur le site Participation-Brest, à cette adresse : http://www.participation-brest.net/article2295.html

A voir également, les réponses à nos cinq questions, lors du dernier passage de Pierre Ménard à Brest, le 19 janvier dernier :

Pour plus de renseignements sur les ateliers d’écriture ou pour vous inscrire, vous pouvez demander Clémence au 02.98.44.32.01 ou lui adresser un message à l’adresse contact@librairiedialogues.fr.

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Écrire au quotidien : inventer le langage.

Écrire au quotidien : inventer le langage

Liminaire

L’ouvrage Comment écrire au quotidien est paru sur Publie.net en décembre 2010. Recueil de 365 ateliers d’écriture sur des ouvrages de littérature contemporaine, c’est aussi une anthologie. Ce texte poétique se construit sous forme de liste comme une litanie, manière de convoquer au quotidien des fragments du réel par le biais du langage et de l’écriture. Cette lente accumulation, ce processus d’inventaire, introduisent, par leurs associations versatiles, des invitations poétiques permettant d’appréhender autrement le monde qui nous entoure, d’en dessiner le mouvement sans cesse changeant, d’en inventer le langage.

Pour fêter la sortie de l’ouvrage Comment écrire au quotidien sur Publie.net, coopérative d’auteurs pour la littérature numérique, l’extrait choisi et diffusé aujourd’hui sur le blog de la Librairie Dialogues regroupe une courte sélection de fragments poétiques sur le thème du langage.

Rencontre avec Pierre Ménard, mercredi 19 janvier 2011, à 18h00 au Café de la librairie Dialogues.



Extrait du texte :

57.

Un mot en appelle un autre. De manière figurative par exemple : « Tracteur (fait lever la) POUSSIÈRE ». Ou de manière sonore : « Éboulis (produisent des) FLUX ».

86.

Explorer des territoires sauvages, interdits, dangereux ; raconter la guerre : l’horreur, le viol, la torture ; affronter la mort à travers la sexualité, ou la sexualité à travers la mort ; transgresser les lois, lever tous les tabous, afin de retrouver cet Éden perdu ; enfin faire parler une langue, un souffle, un chant, un langage futur, où « le sens a un son », où jaillissent les néologismes, les mots-valises, les échos de langues multiples, où la ponctuation elle-même est un personnage.

100.

Transmettre le ressenti brut de la langue, la parole, l’écriture, à la vitesse des mots. Dans une sorte de rumination, de mastication verbale, en prenant systématiquement à revers les règles habituelles d’expression, en jouant sur des redondances de séries, afin d’introduire d’infimes décalages, et de prendre distance avec ce que l’on écrit : une critique qui s’inscrit dans la langue elle-même.

165.

Écrire un texte composé de propositions philosophiques qui fait abstraction des substantifs en privilégiant, de façon exclusive, les modes impersonnels du verbe (infinitif, mais aussi gérondif et participes). Tenter l’expérience de la déconjugaison par laquelle le verbe, laissé intact, se déclinerait exclusivement à l’infinif.

255.

Dresser le portrait d’un groupe de jeunes désœuvrés, adolescents qui passent leur temps à « zoner » en rêvant d’ailleurs, chronique sociale d’une jeunesse que l’on saisit avec sens du détail et authenticité, dans sa gangue, dans sa langue, en une forme travaillée, qui exploite toutes les ressources syntaxiques, rythmiques, métaphoriques, lexicales. Intégrer l’argot jeune dans une langue hautement littéraire mais jamais artificielle.

283.

Écrire sur l’enfance un texte fragmentaire typographié exclusivement en lettres majuscules, avec une écriture qui croît de ses divergences, qui avance, qui douce nous vrille, opaque et découverte. L’enfance en vignettes où la perception oscille sur la frontière labile entre intérieur et extérieur, subjectif et objectif. L’enfance qui autorise un rapport au langage frontal et sans complaisance.

298.

Donner la parole est un acte aussi libérateur que créateur. Écrire dans cette perspective un texte qui prend l’allure d’un travail de remembrement empruntant les deux mouvements possibles de l’écriture : écrire dans et écrire à partir de. Une tentative d’unification par et dans la langue qui témoigne d’une parole que nous ne pouvons atteindre, une sorte d’envers de la langue : son négatif qui reste enfoui sous ce que nous disons, qui nous en sépare, alors même que nous le disons pour tenter de l’atteindre.

300.

Écrire un texte sur un point particulier d’un lieu banal accompagné d’une photographie en tentant de décortiquer, en textes courts et en images, la conscience composite et obsédante que l’on a de cet endroit, généralement mal aimé, pratiqué quotidiennement et haut-lieu de son histoire familiale. La langue affronte le monde immédiat, mais doit faire résonner dans l’arbitraire du quotidien tout ce qui intérieurement nous porte, exigence de décryptage, de mémoire, d’ouverture aux signes.

359.

Le poème est un langage qui naît de la destruction d’un langage, de sa réarticulation « autour d’un fond nerveux à haut risque. » Miettes et lambeaux que le langage dans son impossible réconciliation avec le monde tente d’atteindre. Une mise en mots aux allures de mise en pièces, découpes au scalpel dans l’à-vif d’une radicalité qui force l’attention, touche aux limites.

360.

Consigner au jour le jour dans des carnets de notes, un ensemble de réflexions personnelles, la plupart du temps elliptiques, brèves, percutantes, sans un mot de trop, dans un souci extrême d’exactitude, des citations au cours de lecture, des fragments d’entretien, des retours théoriques sur certains aspects de son travail, une méditation sur l’écriture, un art poétique.

Comment écrire au quotidien : 365 ateliers d’écriture de Pierre Ménard est diffusé sur Publie.net, coopérative d’auteurs pour la littérature numérique depuis décembre 2010.

ISBN : 978-2-8145-0365-6

Liste des ateliers en question :

BiMOT, Julien Blaine, Les Éditeurs évidant, 1990.

Éden, éden, éden, Pierre Guyotat, Gallimard, 1970.

À la bétonnière, Arno Calleja, Le Quartanier, 2007.

Croire devoir penser, Emmanuel Fournier, Éditions de l’Éclat, Collection Premiers secours, 1996.

Polichinelle, Pierric Bailly, P.O.L., 2008.

La nuit d’un seul, Mathieu Brosseau, La Rivière échappée, 2009.

Alphabet, Dorothée Volut, Eric Pesty Editeur, 2008.

Abruption, Patrick Wateau, Atelier La Feugraie, 2002.

Montparnasse monde, Martine Sonnet, Publie.net, 2009.

La poésie entière est préposition, Claude Royet-Journoud, Éric Pesty Éditeur, 2007.

Extraits sonores :

300.

Montparnasse monde, Martine Sonnet, Publie.net, 2009.

Source son : http://podcastpierremenard310709.mp3

365.

La poésie entière est préposition, Claude Royet-Journoud, Éric Pesty Éditeur, 2007.

Source son : http://Claude_Royet-Journoud.mp3]

Photographies : Pierre Ménard, 2010.

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Écrire au quotidien : remonter le temps

Liminaire

Dès le début du projet de mise en ligne hebdomadaire d’ateliers d’écriture en janvier 2004 sur le site Marelle : Zone d’Activités Poétiques, et depuis 2010 réunis sur le site Liminaire, j’ai su que l’entreprise s’arrêterait au bout d’un certain temps, et très vite je me suis arrêté sur le chiffre symbolique de 365 ateliers. C’est l’époque où l’on m’avait offert un livre proposant un jeu par jour et je trouvais la forme de l’agenda très intéressante. On écrit tous, on peut tous écrire, mais il n’y a que dans la régularité de cette pratique que l’on devient écrivain. C’est pourquoi j’ai nommé cet ouvrage : Comment écrire au quotidien.

À cette occasion et pour fêter la toute prochaine édition de l’ouvrage Comment écrire au quotidien sur Publie.net,  coopérative d’auteurs pour la littérature numérique, l’extrait choisi et diffusé aujourd’hui sur le blog de la Librairie Dialogues regroupe une courte sélection de fragments poétiques sur le thème du temps.

 

 

 

 

 

 

 

 

Extrait du texte :

138.

Recenser ces objets utilitaires connus de tous, si proches de notre quotidien que l’on a perdu aujourd’hui le sens de leur présence. Ces objets patinés par le temps, nus comme au premier jour, ici réellement animés. Une évocation chargée de sentiments dans le déploiement, peut-être dialogué, du souvenir.

224.

Faire le récit de la vie d’un homme à partir de son emploi du temps, restituée sous forme de planning. Entre rendez-vous et notes de travail, l’agenda devient recueil de pensées mêlées.

253.

Tension vers la poésie, s’enfoncer dans le paysage, avec des textes courts, passerelles entre peinture et promenade. Sensations sur les saisons, le temps qui passe, le travail des jours et des nuits, la marche dans la campagne, la création, la pensée. Écrire ensuite une lettre pour un ami et lui raconter ce que l’on vient de vivre, ces heures creuses.

266.

Penser ce qui a été. Penser ce qui sera : le bloc du futur s’insinue déjà par les fissures de la personne que chaque instant défait. Et penser le présent — lequel n’existe pas. Aller vers l’opacité silencieuse du monde. Les choses nous portent et bouleversent ce bref instant que nous traversons. Recomposer tout ce qui vient séparer les mots de nos perceptions par des phrases-vagues qui déferlent sur les bords de la page ou de la vie.

277.

Écrire l’amour lancinant éprouvé pour l’autre quand il n’est plus là. En une seule phrase, une litanie amoureuse, qui s’articule en spirale obsessionnelle autour d’un monologue intérieur fait de brisures et d’élans, expression d’un temps arrêté, en boucle répétée comme une chanson qui nous revient en mémoire et ne nous quitte plus.

286.

La biographie est ou une science, ou un art, ou une manière d’aborder les grandes questions. Résumer les derniers moments de deux personnalités, artiste, scientifique ou politique et en chercher le sens. Faire le bilan de ses vies qu’on aborde par le regard d’un tiers, dans deux monologues qui se répondent en écho puissant et imagé, et poser en somme les mêmes questions du sens de la vie, du sens de l’œuvre, qu’elle soit artistique ou scientifique. En abordant la création au présent, nourrie par la mémoire du passé, raconter avec allant et sans concessions, mais non sans ironie, comment ce qui est provisoire dure alors même qu’on le croit disparu, et comment disparaissent sans les mots ceux qui ont le tort de ne croire qu’au pouvoir pour contrer l’éphémère.

294.

Écrire un ensemble de textes, autant de fragments qui se répondent et se mêlent sur la part d’étrangeté qui façonne l’humanité. Esquisses des gestes posés, allumer un geste / un autre / comme on lance les mains / vers une balançoire, des lieux évoqués, des sentiments partagés ou défaits. On retrouve, à travers une écriture tissée, avec un souci aigu de la forme, un lent assolement des images, un impressionnisme de la concision, des thèmes essentiels, la vie au-delà du jeu, l’enfance et sa mémoire, les blessures (le bonheur est à ce prix), le temps qui passe et nous dépasse.

337.

Résumer la vie d’un être en trois courtes phrases, dont la première est il est né et la dernière il est mort. Au centre du triptyque, d’une phrase sèche, prise dans cette tenaille, cette parenthèse existentielle, dans la tension de l’entre-deux, souligner d’un trait la beauté, l’absurdité, l’énigme, la force ou la cruauté propre à toute biographie. Dans la poursuite de cette litanie, tenter d’écrire l’impossible nécrologie du vivant.

357.

Mimer les articulations propres au rêve fait de condensations, de rapprochements et de raccourcis, en contribuant à la saisie d´un entre-deux dans de courts textes qui lient ainsi des espaces et des temps séparés. « L’écriture véritablement poétique est celle qui se fait l’écoute de l’inconscient. » Tenter en même temps de mieux saisir une plus profonde réalité faite essentiellement de brèves durées.

360.

Élaborer un fantastique pour aujourd’hui avec les figures de la ville (parcours, surgissements, mise à nu du tragique et de ses ressorts), la profondeur infinie du monde, de la nuit (le réel nous advient comme bruit et comme image), du voyage dans l’imaginaire et le rêve. Épiphanies d’instants photographiés ou galeries secrètes du monde, visages, sons, histoire fractionnée et multiple qu’est le présent.

Comment écrire au quotidien : 365 ateliers d’écriture de Pierre Ménard est diffusé sur Publie.net, coopérative d’auteurs pour la littérature numérique en novembre 2010.

ISBN : 978-2-8145-0365-6

 

 

 

 

 

 

 

 

Liste des ateliers en question :

Objets de grande utilité, Jean-Loup Trassard, Éditions Le Temps qu’il fait, 1995.

Planning, Pierre Escot, Editions PPT, 2007.

Les heures creuses, Véronique Gentil, Pierre Mainard, 2007.

Sentes dans le temps, Jean-Claude Schneider, Éditions Apogée, 2001.

Mad about the boy, Emmanuel Adely, Éditions Joëlle Losfeld, 2003.

L’artiste, la servante et le savant, Patrick Roegiers, Éditions du Seuil, Collection Fiction & Cie, 1997.

C’est pas un jeu, Françoise Lison-Leroy (dessins : Jean-Claude Saudoyez), esperluète éditions, 2008.

L’homme de profil même de face, Charly Delwart, Seuil, Collection Fiction & Cie, 2010.

Rue Traversière et autres récits en rêve, Yves Bonnefoy, Gallimard, Collection Poésie/Gallimard, 1998.

Anticipations, Arnaud Maïsetti, Publie.net, 2010.

 

 

 

 

 

 

 

 

Extraits sonores :

224.

Planning, Pierre Escot, Editions PPT, 2007.

Source son :

277.

Mad about the boy, Emmanuel Adely, Éditions Joëlle Losfeld, 2003.

Source son :

 

 

 

 

 

 

 

 

Photographies : Pierre Ménard, 2010.

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Écrire au quotidien : dresser un portrait

Liminaire


Je mettrais en ligne jeudi 28 octobre 2010 mon dernier atelier d’écriture diffusé depuis 2004 de manière hebdomadaire sur le site Marelle : Zone d’Activités Poétiques, et depuis 2010 réunis sur le site Liminaire.

À cette occasion et pour fêter la fin de cette expérience sur internet qui se prolonge désormais dans cet ouvrage Comment écrire au quotidien qui est à la fois un texte poétique, mais aussi une anthologie de littérature francophone contemporaine et un ouvrage sur la pratique des ateliers d’écritures, l’extrait choisi et diffusé aujourd’hui sur le blog de la Librairie Dialogues regroupe une courte sélection de fragments poétiques sur le thème du portrait.

Extraits du texte

5.

Jeter un regard neuf sur la manière de raconter sa vie. Évoquer par exemple son enfance (les tous débuts de sa vie, ce dont on se souvient par le biais de ce que l’on nous en a dit plutôt que ce dont on se souvient vraiment, le plus lointain de ses souvenirs) avec la distance ironique que permet l’usage appuyé de la troisième personne du singulier et en forçant le trait dans la description (à la limite de la caricature ou du grotesque).

6.

Noter, sous forme de liste d’objets, ce que vous trouvez sur votre table de travail chaque matin au réveil, et cela pendant une semaine.

13.

À l’aide de la formule Je pense à, faire défiler dans sa tête la galerie des portraits des personnes qui comptent pour vous et tenter d’en restituer l’essentiel par écrit, en passant d’un portrait à l’autre comme on passe d’un mot à l’autre dans une phrase quand on écrit vite, en étirant les phrases, en les faisant rebondir ou s’entrechoquer.

28.

Réaliser un autoportrait en prélevant des lignes de 61 signes parmi ses papiers personnels (journal intime, papiers d’identités, courriers administratifs) ou des textes liés à vos centres d’intérêt.

44.

Réaliser un portrait de soi sous forme d’abécédaire. Avec un travail de narration, une fiction progressive qui s’installe autour du texte, avec tout un système de notes et de renvois (d’ascenseurs).

53.

Parler de soi ou d’un proche à différents moments critiques de son existence, comme on fait le portrait d’un autre, d’un inconnu, d’un étranger, avec une distance complice, mais un regard critique. S’aider pour écrire ces textes (une scène précise à chaque fois) de phrases courtes qu’on enchaîne les unes aux autres, sans ponctuation.

61.

Faire le portrait de sa famille en s’attardant sur chaque membre à tour de rôle, chaque branche de l’arbre généalogique que l’on décrit en très peu de phrases, anecdotes ou souvenirs très précis, instantanés dont la mémoire a gardé la trace indélébile.

73.

Décrire le héros fétiche de son enfance, à partir de différents documents réels ou imaginaires, fragments hétéroclites, à collecter et à agencer de manière à faire apparaître en creux son propre portrait sous le palimpseste de celui de son personnage préféré.

81.

La dérive urbaine d’un homme, un personnage qui tient à la fois du roman noir et du roman de critique sociale, la reconstituer le plus froidement possible, de manière objective et descriptive, avec des phrases très courtes, un rythme haletant, passages entre lesquels se glissent des fragments plus personnels et lyriques où le « je » fait son retour en force, afin de mettre en forme, dans un même mouvement, le tableau et le verdict terrifiants d’un monde, le nôtre, qui marche sur la tête.

85.

Établir la liste des hommes et des femmes de sa vie, ou celle des mots qui nous sont chers, mots de passe ou mots d’ordre, ou bien encore celle de tous ces lieux que l’on affectionne tout particulièrement, parce que l’on y a vécu ou que l’on a toujours souhaité s’y rendre, différents endroits dont on déforme à loisir les noms ou l’orthographe pour l’occasion, en jouant sur les à-peu-près du langage, les détournements de sens, les consonances approximatives, en composant des mots-valises, des jeux de mots, des calembours et des raccourcis. Donner à cette liste la forme d’un éloge-logorrhée du voyage à travers les mots.

Comment écrire au quotidien : 365 ateliers d’écriture de Pierre Ménard sera disponible en novembre 2010 en librairie et sur Publie.net, coopérative d’auteurs pour la littérature numérique en novembre 2010.


Liste des ateliers en question

Nathalie Quintane : Début, P.O.L., 1999.

Anne-James Chaton : Événements 99, Al Dante, 2003.

Valérie Rouzeau : Va où, Le Temps qu’il fait, 2002.

Denis Roche : Dépôts de savoir & de technique, Seuil, 1980.

Jacques-Henri Michot : Un ABC de la barbarie, Al Dante, 1999.

Albane Gellé : Un bruit de verre en elle, Inventaire/Invention éditions, Collection Textes, 2002.

Valérie Mréjen : Mon grand-père, Éditions Allia, 1999.

Julien d’Abrigeon : Pas Billy the Kid, Al Dante, Collection Niok, 2005.

Jean-Pierre Ostende : Voie express, Gallimard (coll. Blanche), 2003.

Jean-Pierre Verheggen : Ridiculum vitae, précédé de Artaud Rimbur,  Gallimard, Collection Poésie/Gallimard, 2003.

Extraits sonores

244.

Le sport prend la mesure du monde dans ses excès, il exige la démesure de l’homme, son élan, sa tension. Une force en marche. Faire le portrait de grands sportifs du passé en évoquant, avant sa fin, le monde dont ils sont issus. Mettre en résonance leurs exploits et leurs difficultés avec leur environnement, qu’il soit sportif, culturel, poétique, voire empreint de mysticisme. Un hommage littéraire en forme de portraits amoureux, de mythologies sportives.

Forcenés, Philippe Bordas, Éditions Fayard, 2008.

281.

Restituer à chaque voix sa tessiture, son paysage, son relief, son histoire, sa singularité, tous les territoires de la voix, la sienne et celle des autres, pour tracer notre autobiographie fragmentée, un autoportrait en voix à la fois drôle, vif et grave. Chaque voix appelant un souvenir, réveillant une image.

Voix off, Denis Podalydès, Mercure de France, Collection Traits et portraits, 2008.

320.

Tracer le portrait original d’un proche récemment disparu, sous forme d’abécédaire, « en vingt-six angles et au centre absent », centre vide, énigmatique, déchirant, vingt-six petites stèles, à partir des lettres de l’alphabet et des textes qu’on garde chez soi, bribes de mots à romancer, notes ou souvenirs dont on met à jour des fragments, enchâssés dans son propre texte, à l’image du monde morcelé. Une enquête intime, une déclaration d’amour, un hommage, un tombeau.

Personne, Gwenaëlle Aubry, Mercure de France, 2009.

Photographies : Roma, Pierre Ménard, août 2010.


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Comment écrire au quotidien : Invitation au voyage

Liminaire

Depuis 2004, je diffuse en ligne de manière hebdomadaire un exercice littéraire à partir d’un texte poétique contemporain (des auteurs francophones et leurs textes aux genres variés (poésie, nouvelle, roman, théâtre, jeunesse, art expérimental). Les textes écrits à partir de ces propositions sont diffusés en ligne sur le site Marelle : Zone d’Activités Poétiques, et depuis 2010 réunis sur le site Liminaire.

On peut dire qu’il existe aujourd’hui deux types d’ouvrages numériques : l’ouvrage dit homothétique, une version numérisée du texte, et l’ouvrage dit augmenté, ou enrichi, qui intègre des éléments multimédia ou internet. On peut ainsi enrichir le texte avec des vidéos, des sons ou musiques, ou encore des liens vers des ressources extérieures disponibles sur internet.

Comment écrire au quotidien est avant tout un texte poétique, mais c’est aussi, par extension une anthologie de littérature francophone contemporaine et un livre sur la pratique des ateliers d’écritures. Diffusé en octobre 2010 sur Publie.net, coopérative d’auteurs pour la littérature numérique créée par François Bon en 2008, est en effet un ouvrage numérique enrichi de contenus multimédia sur internet :

  • 365 propositions d’écriture commentées
  • De nombreux extraits de textes
  • Présentation de leurs textes
  • De nombreux liens internet, ressources d’informations sur les auteurs, leurs éditeurs (75 maisons d’édition différentes)
  • Une soixantaine d’enregistrements sonores (extraits de Radio Marelle le podcast qui place la poésie sur écoute)

Les textes peuvent être regroupés et lus par ordre alphabétique d’auteur, d’éditeur, et par thématique, en fin d’ouvrage.

L’extrait diffusé aujourd’hui sur le blog de la Librairie Dialogues regroupe une courte sélection de fragments poétiques sur le thème du voyage.

Extrait du texte :

113

Décrire un lieu à la manière d’une recette de cuisine.

Raconter un voyage qu’on n’a pas encore fait au futur antérieur.

Les nuages dans le ciel forment d’étranges et fugitifs tableaux, tenter d’en dresser l’inventaire.

299

Nos voyages sont prétextes à la recherche et à l’introspection, à la méditation et à la rêverie, l’occasion de tracer la carte sensible et éphémère d’une géographie intime qui invite le lecteur-voyageur à reconnaître sa propre humanité. Aux confins du monde, et de son monde, photographier et écrire sa démarche artistique, avec une écriture travaillée, à la ponctuation expressive et au style allusif, générant des textes au statut multiple, une poésie des chemins, réels ou intérieurs, petites évanescences retenues du bout de nous-même.

304

Les histoires ne sont pas faites pour vivre au village, mais pour circuler en nous. Pour cela il faut un voyageur, qui sache faire résonner la très vieille chanson du feu et de l’eau. Oralité, oralité, le monde n’est que paroles souvent enfouies et une voix gueule au milieu de cet enfouissement pour nous les redonner. « Va de par le monde, vois beaucoup de choses, reviens et raconte-nous tout » disent les Indiens Crees. Suivre cette injonction en décrivant ce qu’un oiseau peut voir, en plein vol dans le ciel, du paysage. La poésie est acte sacré, purification, rite, célébration. Parler par délégation de verbe. La peur alors nous quitte. Le voyage peut enfin vraiment commencer.

305

Décrire une ville sous toutes les formes de nos souvenirs (ce que l’on appelle une vie, quelquefois un destin), en organisant l’autobiographie matricielle de celui qui, y étant né ou non, y a vécu, avec des phrases amples et sinueuses. Les strates de l’histoire s’y chevauchent, à la recherche d’une cité retirée parmi nos songes d’enfant déjà anachronique, mais l’espace biographique dévore la place que le hasard lui lègue. Pour chaque instant qui nous revient, le lieu qui correspond à telle activité significative, liée à la perception de celui qui l’écrit. Tous ces trajets, ces croisements d’émotions, de sensualité, de doute, d’égarement, tous ces éclats de mémoire forment bloc et scintillent, et se transformant en une multitude de « feux mal éteints » capables de nous guider longuement, d’un bout à l’autre de ce voyage urbain.

309

Faire tenir le monde dans un texte, raconter ce qui s’y est passé à une date précise, ou tout au moins une journée du monde, à travers une sélection d’articles de différents journaux et revues. Composer à partir de ce matériau varié un vaste portrait polyphonique d’une journée de la planète, encyclopédie absurde et splendide, flux d’information, de situations qui se croisent, se relayent, se mélangent, et qu’il faut mettre en mouvement pour que l’on entende la multiplicité des histoires.

315

Le temps d’un déplacement à grande vitesse dans l’espace réduit du train qui exacerbe les présences des voisins, écrire de brefs textes, des proses de TGV, en écoutant, en notant ce que font, ce que disent, les protagonistes de ces trajets, tous ces minuscules drames qui nous donnent le sentiment de voyager.

318

Scruter les fonctionnements d’asservissement dans l’idéologie de normalisation par le biais des grandes surfaces. Se mettre à la place des marchandises et des objets. Raconter un voyage dans la vie intime des marchandises, où tout se met à parler. Une conscience habitant les choses, les traversant, un texte dans lequel ce sont les choses qui parlent et non pas celui qui écrit à l’intérieur d’elles.

327

Écrire un récit de voyage composé de petits fragments rangés par ordre alphabétique, une succession d’expériences singulières ou de réflexions décalées, d’impressions originales, souvenirs ou fantasmes sur les sujets les plus variés concernant un pays vu de dos : Voir de dos, ce n’est pas voir l’autre, c’est voir ce que l’autre voit, accompagner son regard, entrer dans sa vue.

348

De lieu en lieu, de ville en ville, de rencontre en rencontre, c’est toujours d’une limite qu’il est question ici : fins de terre, ports de Portugal ou d’Irlande. Ici, le poème tend vers un espace où, à une grande respiration atlantique, se mêle la hantise de la catastrophe — longues suites amplement rythmées et resserrements nets et vifs construisent une sorte de chorégraphie musicale.

Liste des ateliers en question :

Anthologie nomade, Michel Butor, Gallimard, Collection Poésie / Gallimard, 2004.

Dimanche, Anne Penders, Esperluète Éditions, 2004.

La définition de l’aigle, photographies du paysage, encres de Balbino Giner, Serge Pey, Jacques Brémond, 1987

Fragments d’une ville fantôme, Lionel Bourg, 40 photos de Christian Guichard, Collection L’Ostiaque, Cadex Éditions, 1992.

L’invention du monde, Olivier Rolin, Seuil, 1993.

Ce monde en train, Pierre Vinclair, La part commune, 2009.

Très-Grande Surface, André Benchetrit, Léo Scheer, collection Manifeste, 2004.

Japon vu de dos, Christian Doumet, Fata Morgana, 2007.

Infinisterre, suivi de Crash, Olivier Apert, Apogée, 2006.


Extrait sonore :


Extrait d’Infinisterre lu par Olivier Apert avec David Tuil, disponible en ligne sur le site de Corner.


Photographies : Roma, Pierre Ménard, août 2010.

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Nouvel auteur en résidence : invitation faite à Pierre Ménard

Comment écrire au quotidien ? Une résidence numérique de Pierre Ménard

Pierre Ménard, bibliothécaire, vit à Paris. Il a publié plusieurs ouvrages : Le spectre des armatures, Le Quartanier, 2008. En avant marge et En un jour (avec Esther Salmona) en 2008, Publie.net. Quand tu t’endors (album illustré par Mini labo), Actes Sud Junior (ouvrage traduit en italien), 2009 et Deux temps trois mouvements, en 2010 sur Publie.net.

Depuis 2004, il met en ligne de manière hebdomadaire un exercice littéraire à partir d’un texte poétique contemporain. Les textes écrits à partir de ces contraintes sont diffusés en ligne sur le site Marelle : Zone d’Activités Poétiques, et depuis 2010 sur son site Liminaire.

A raison d’un atelier par semaine, et avec pour objectif d’en créer autant qu’il y a de jours dans une année, afin d’en publier à l’issue de l’expérience un recueil qui soit à la fois un texte poétique, une méthode pour écrire en ateliers (365 propositions d’écriture), une anthologie de littérature contemporaine (365 auteurs francophones et leurs textes, de genres variés (poésie, nouvelles, romans, théâtre, jeunesse, art expérimental…, 75 éditeurs), le projet s’achève donc comme prévu en octobre 2010 avec la publication d’un texte : Comment écrire au quotidien : 365 ateliers d’écriture.

Il s’agit d’un ouvrage numérique enrichi de contenus multimédias sur internet (de nombreux extraits de textes et les 365 propositions d’écriture commentées, avec présentation actualisée des auteurs, de leurs textes, de nombreux liens ainsi qu’une cinquantaine d’enregistrements sonores (extraits de Radio Marelle le podcast qui place la poésie sur écoute) sur les auteurs et les textes à l’origine des propositions d’écriture).

Le blog et le site de la librairie Dialogues diffuseront de larges extraits de ce texte de Pierre Ménard, en résidence d’auteur sur le blog, tous les mois, à partir du 24 septembre. Une rencontre aura lieu à la librairie.

Dans le cadre de l’édition de cet ouvrage sur Publie.net, coopérative d’auteurs pour la littérature numérique, animé par François Bon, et dont l’auteur participe au comité d’orientation et publication et où il anime la revue de création d’ici là, Pierre Ménard nous propose une série de deux ateliers d’écriture sur le thème de la ville à la Librairie Dialogues de Brest, au printemps 2011.


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