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Un nouveau roman de l’immense auteur écossais John Burnside

Emilie vous conseille le nouveau roman de John Burnside, "Scintillation" (Métailié), sélectionné dans le cadre du Prix France Culture – Télérama.

Commencer un roman de l’auteur écossais John Burnside, c’est comme s’immerger dans une eau trouble. La réalité vous apparaît lointaine comme étouffée, familière mais déformée.
Une terre abandonnée, « l’Intraville », friche industrielle qui n’en finit plus de polluer les eaux et les terres alentour. Lieu boueux et empoisonné où disparaissent depuis quelques mois de jeunes garçons. Les autorités locales refusent d’agir et la population, première victime du désastre chimique, malade et résignée se laissent sombrer dans une inertie sans fond.
Ni roman policier, ni roman d’anticipation, récit inclassable à la narration éclatée. Des destinées fracassées mais sublimées par l’écriture poétique de John Burnside. Aucun pathos, une construction de chaque personnage avec une finesse, une délicatesse, un tremblement et une souffrance bouleversante. Un univers d’une noirceur absolue mais qui évite toute tristesse (c’est dire le fabuleux talent de cet écrivain) et décortique le manque d’une manière singulière et incomparable.
Commencer un roman de l’immense auteur écossais John Burnside, c’est "une expérience" en soi, une douce plongée en apnée dont on ressort transi et glacé mais pour toujours ébloui !

Trouvez le livre sur notre site en version papier : https://www.librairiedialogues.fr/livre/1883592-scintillation-john-burnside-metailie
et en numérique : https://www.librairiedialogues.fr/livre/2013053-scintillation-john-burnside-editions-metailie sans DRM.

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Coup de coeur des lecteurs : « Le bar de l’enfer »

Hervé, du Temps de livres, a lu et apprécié Le bar de l’enfer , d’A. Lee Martinez, chez Fleuve Noir.

Rockwood est une petite ville du Texas. On peut dire un bled paumé. Mais depuis quelque temps, des évènements bizarres surviennent dans la communauté. La lune disparaissait, des zombies sortaient de leurs tombes, une femme se transformait en piranha-rat-araignée tous les quatre mois. Si toute la ville est touchée, le centre d’attraction semble être le restaurant Gil’s. Mais les derniers clients vont bousculer les habitudes. Earl, vampire de son état, et Duke, le loup-garou, ont bien envie de finir la tarte aux pommes tranquillement. S’ils doivent éclater quelques cranes et installer une nouvelle conduite de gaz, pourquoi pas ?

Quatrième titre de la collection Territoires, Le Bar de l’enfer est une mine d’humour débridé et de fantastique qui tâche. Jugez plutôt : un vampire presque dégarni est adepte de dianétique tandis que son meilleur ami est un loup-garou bedonnant d’1, 95 mètres. Pour demander conseil à un esprit, il faudra marchander sur la rediffusion de Bonanza et de Drôles de dames. Quant aux goules, elles font des concours de hurlement. Ce n’est que l’apéritif (sanglant) que nous propose A. Lee Martinez.
Un auteur qui dédicace son livre à Don "the dragon" Wilson est quelqu’un qui revendique l’efficacité. C’est ça Le Bar de l’enfer : une trame sympathique où il est question de fin du monde. Est-ce parce que ça se passe au Texas, ou que les personnages sont tous des "loosers", mais rien ne fonctionne comme prévu. Earl et Duke, nos sympathiques héros, n’arrêtent pas de se chamailler. Earl est un vampire filiforme, loin de l’imagerie romantique. Malgré son apparence, il arrive à séduire n’importe quelle femme. Mais est-ce son pouvoir vampirique ou lui ? Quant à Duke, il promène son immense carcasse tranquillement. S’il peut rendre service, il le fait. Tant qu’il ne déchire pas trop souvent ses vêtements.

La collection Territoires permet de faire un pont entre les collections jeunesses et adultes. Avec Le Bar de l’enfer, la porte s’ouvre à la série B, sympathique et efficace. A. Lee Martinez cherche à faire passer un bon moment au lecteur. Pari gagné avec ce livre où deux anti-héros se retrouvent dans des situations burlesques.

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Nouveauté : "Le monde dans la main", de Mikaël Ollivier

Dans la vie de Pierre, adolescent timide et sans histoire, tout semble normal et lisse. Il partage son temps entre le lycée et le conservatoire, et entretient une correspondance assidue avec sa sœur partie de la maison.
Un samedi après-midi, après des courses chez Ikéa, sa mère leur tourne le dos, à lui et à son père. Elle disparaît, sans rien dire. Quelques heures plus tard, elle envoie un sms: "Ne vous inquiétez pas pour moi. Je n’en peux plus, c’est tout."
Après le choc, la peur et de vaines recherches policières, la vie s’organise autour de cette absence inexplicable. Les repères s’écroulent. Le vernis se fendille et dans cette famille où l’on parlait peu, les langues se délient soudain, révélant des secrets et des drames insoupçonnés. La violence de ce bouleversement transforme le jeune homme réservé, lui apprenant à se débarrasser de ses peurs et de son excessive sagesse.

Lire un extrait 

C’est mon plus lointain souvenir. L’un de mes premiers Noël, mais je n’en savais rien. Je ne savais rien à rien, je ne vivais même pas au jour le jour mais simplement au présent. Le présent. J’habitais le présent. Le temps n’existait pas encore pour moi. Mon monde se limitait à quelques visages familiers, des odeurs, des sons, la faim, le sommeil, la douleur, le chaud, le froid…
J’étais sur les genoux de ma mère. Il existe une photo de cet instant. L’image est sombre, mon visage rond de bébé n’y est éclairé que par les flammes des quatre bougies du carillon des anges, ce petit mobile sur son socle en laiton doré, au mécanisme si simple et si malin : les flammes forment des colonnes d’air chaud qui font tourner des ailettes qui, elles-mêmes, entraînent un axe supportant trois anges dans une ronde de plus en plus rapide qui permet à des petites tiges métalliques, à chaque passage, de faire tinter joyeusement des clochettes.
Mes parents avaient éteint la lumière pour mieux mettre en valeur le jeu des flammes sur le métal. Les anges s’étaient mis à tourner, sans bruit tout d’abord. Au plafond étaient apparus des reflets qui ressemblaient à la surface d’une eau précieuse. Puis un premier tintement, un autre, un autre encore, de plus en plus rapprochés. La ronde des anges avait atteint sa vitesse de croisière et le son des clochettes était devenu régulier. Ding, ding, ding… Fine chevauchée dans les aigus, promesse d’une magie à venir,
d’une douceur qui tient en haleine, d’une beauté simple, poétique et fragile de la vie.
Et mon regard, ce réveillon-là, avait glissé des anges au visage de ma soeur de l’autre côté de la table. Alix, attentive, immobile, aussi transportée que moi, bouche ronde entrouverte et dans les yeux brillants une danse d’or et de lumières.

En savoir plus
Site des éditions Thierry Magnier : http://www.editions-thierry-magnier.com/index.php
Site de la librairie Dialogues : https://www.librairiedialogues.fr/livre/1910330-le-monde-dans-la-main-mikael-ollivier-t-magnier

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Coup de coeur des lecteurs : « Le héron de Guernica »

Agathe a lu et apprécié "Le héron de Guernica", d’Antoine Choplin, au Rouergue.

Basilio, peintre amateur habitant Guernica est encouragé par le père Eusebio pour assister en tant que spectateur à l’exposition internationale des arts et techniques qui se déroule à Paris et rencontrer ce fameux peintre représentant l’Espagne : Picasso.
Car selon Eusebio, qui mieux que Basilio peut témoigner de cette journée d’horreur qui a eu lieu à Guernica?
Basilio accepte donc de faire le voyage et de rencontrer cet artiste qui a peint Guernica… mais qu’il n’a jamais vu dans ses rues!

Hormis le premier et le dernier chapitre, le reste du roman se déroule au moment de l’attaque de Guernica.
Nous faisons plus ample connaissance avec les habitants de Guernica : l’oncle Augusto, Maria, Celestina dont Basilio est amoureux… Les gens de Guernica ont une vie simple : le marché, l’usine, le bal… Cette vie est de plus en plus rythmée par les passages de soldats et malgré la douceur de vivre apparente, la guerre n’est pas loin.
Basilio passe la plus grande partie de son temps à peindre un héron. Il s’applique à vouloir rendre les émotions qui le parcourent lorsqu’il peint, ce qu’il ressent à la vue de cet animal, l’intensité de son regard… C’est une espèce de joute artistique qui s’engage lorsqu’il se retrouve face à lui. Il aimerait capter cette sensibilité, cette grâce à l’aide de son pinceau et de son regard d’artiste.
Mais Guernica ne restera pas sereine très longtemps…

L’écriture d’Antoine Choplin est magnifique.
Il réussit avec une économie de mots à faire ressentir au lecteur une foule d’émotions bien difficiles à décrire, tout comme lui a bien du mal à retranscrire sur sa toile ce qui le parcourt lorsqu’il est face au héron.
Ce roman est bouleversant tant par la poésie, la douceur et la sensualité de ce qu’il décrit, que par la dureté et l’horreur de ce qui va se passer.
Chaque chapitre est décrit à la manière d’un tableau avec un pinceau d’une douceur et d’une justesse incroyable… C’est superbe!!!

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