Lucian Freud

[ à la librairie]

A l’heure où l’art est menacé par la Culture et la culture par la facticité de la peopolisation due aux médias et à la diminution des budgets publics, il est bon de visiter l’exposition Lucian Freud au Centre Georges Pompidou, car il y a là la rencontre avec un résistant, un artiste, un vrai. Ce grand peintre refuse la « belle peinture » aux touches « délicates ». Avec la pâte du peintre aux couleurs souvent glauques, il saisit la chair insistante de l’humain, pour « que la vie passe dans le tableau », que « la matière peinture fonctionne comme la chair ». Pour lui ses portraits ne sont pas « ressemblants », ils sont les gens mêmes. Il n’y a rien à chercher ailleurs que là où on est, en approfondissant ce qu’on vit. Ce que Lucian Freud voit c’est de plus en plus exactement ce qu’il ressent « profondément », c’est-à-dire une énigme incarnée. Là vient le rêve. Comme on rêve devant la nature. De ce rêve vient la beauté. Le génie est dans cette force d’approfondissement. Ni modèle ni imitation de la réalité, la peinture fonctionne pour lui comme le fait la chair, elle est la personne même. Des hommes nus au corps vieillissant, des femmes obèses, leurs sexes à découvert, tristes et alanguis, présences crues et si mystérieuses, voilà le vertige étourdissant de la chair à nue, animale !

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