Le petit livre rouge par Philippe Brasseur

Le principe

La librairie dialogues, à Brest, organise chaque année le Prix des Embouquineurs. Ce Prix réunit près de 3 000 élèves de la région brestoise, de la CP au collège, ainsi que des milliers d’autres enfants à travers la France.

Chaque classe a six livres à dévorer dans l’année, selon son niveau. En juin, ils votent pour le livre favori. Cette année, votre livre – Le petit livre rouge (éd. Ecole des loisirs) a été sélectionné pour les élèves de CE1.

La librairie dialogues souhaite proposer à ses jeunes lecteurs de petites interviews des auteurs des livres qu’ils auront lus.

Le petit livre rouge, paru à l’École des Loisirs.

C’est l’histoire du Petit Chaperon rouge qui va chez sa mère-grand lui porter… un livre. Si, comme dans le conte bien connu, la grand-mère et le Chaperon rouge en sortent indemnes, cette histoire, hélas, finit mal…
pour le livre.


Interview

Mais ce ne serait pas une nouvelle histoire du Petit Chaperon rouge ?

Mais oui mais oui, comme c’est bien vu ! Oh, ce n’est pas la première fois qu’un auteur jeunesse revisite ce conte. Mais c’est un conte qui me fascine, et comme je suis également amoureux des livres, c’était une manière amusante de conjuguer deux de mes passions !

Un livre, il est vrai, est précieux. Mais avant tout, il est fait pour rêver et s’amuser, non ?

Bien sûr que oui ! Certaines personnes ont vu dans « le petit livre rouge » un manuel pour éduquer au respect du livre. Au secours ! Regardez la phrase en page-titre : « Le seul vrai pouvoir révolutionnaire, c’est le pouvoir d’inventer. » (Joseph Beuys) J’ai voulu montrer que ce qui détruit le livre, et le plaisir de lire, c’est justement l’excès de respect, la sacralisation de cet objet… Bref, tout ce que fait (avec les meilleures intentions du monde) cette madame souris sur les pages de gauche. Sur les pages de droite, le petit chaperon rouge, elle, ne « respecte » pas le livre, c’est vrai. Mais elle se l’approprie, elle le fait « sien » par l’humour, le jeu, l’imagination, l’audace. Pour moi, la meilleure manière de faire respecter les livres, c’est de susciter l’amour des livres. Je vais vous raconter une anecdote. J’avais offert à ma fille de 4 ans « la souris et le voleur », un super livre de Jihad Darwiche illustré par Christian Voltz. La coquine a, avec son crayon, ajouté des sourcils à tous les personnages.  C’était très bien fait, à tel point que c’est quelqu’un d’autre qui me l’a fait remarquer. J’aurais pu me fâcher, dire qu’on ne dessine pas dans les livres etc. Mais je ne l’ai pas fait. Parce qu’en faisant cela, ma fille soulignait joliment que ce livre était à elle, et qu’elle l’aimait… Cela ne veut pas dire que je serais heureux qu’on griffonne dans mes livres à moi !

Vous écrivez puis vous dessinez ? Vous dessinez puis vous écrivez ? Vous faites les deux en même temps ?

Pour ce livre, ce n’est ni le dessin, ni le texte qui est venu en premier, mais le jeu. Un jeu avec un livre rouge, que je fais au début de chaque animation ou formation que je donne (sur le thème de « 1001 activités autour du livre », un livre que j’ai publié chez Casterman). Je demande à chacun de « faire  quelque chose avec cet objet, en oubliant que c’est un livre : interdiction de le lire ou même de regarder les images ».  Par ce jeu, on découvre qu’on peut faire « autre chose avec un livre que le lire » ;  et c’est une bonne introduction aux activités qui suivent : l’image-portrait, le domino de livres,  qui est-ce, la jungle des livres, etc. Ça marchait tellement bien, et les enfants trouvaient des idées tellement audacieuses que j’ai cherché une idée pour en faire un livre. Au début, c’était du genre « 1001 usages d’un livre » mais c’était trop plat. Puis est venue l’idée du chaperon rouge qui va porter un livre à sa grand-mère : une histoire muette, sans texte. J’ai essayé de mettre du texte dessus, ça n’ajoutait rien, et c’est alors qu’est venue l’idée d’un « double récit », avec ces souris en pages de gauche qui font un peu le contraire de ce que fait le chaperon rouge. Les dialogues sont nés assez naturellement, je n’ai eu qu’à me rappeler tout ce qu’on m’avait inculqué autour du livre quand j’étais petit… et qui heureusement ne m’en a pas dégoûté !

Laure-Anne Cappelleso

__________

Poster un commentaire

Classé dans Prix Les Embouquineurs et autres prix

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s