Un hanneton dans le plafond, par Martine Pouchain

La librairie dialogues, à Brest, organise chaque année le Prix des Embouquineurs. Ce Prix réunit près de 3 000 élèves de la région brestoise, de la CP au collège, ainsi que des milliers d’autres enfants à travers la France.Chaque classe a six livres à dévorer dans l’année, selon son niveau. En juin, ils votent pour le livre favori.

La librairie dialogues souhaite proposer à ses jeunes lecteurs de petites interviews des auteurs des livres qu’ils auront lus.


Un hanneton dans le plafond, paru aux Éditions Nathan. Tom a un grand frère pas comme les autres. A l’école, les enfants l’appellent « gogol ». Momo a 6 ans et est très gentil, mais le jour où son père ivre bat sa mère, il s’empare du fer à repasser et le frappe à la tête. Sa mère est horrifiée et le repousse un instant. Momo s’enfuit et Tom le suit. Les deux frères vont faire un voyage qui les mènera jusqu’à la mer.

Interview de Martine Pouchain

Momo a un « hanneton dans le plafond » il est vrai, mais est très sensible. A travers ce roman, quel message souhaitiez-vous délivrer auprès de vos lecteurs ?

Je ne me pose pas la question du « message » quand j’ai envie d’écrire un livre. Si certaines choses sont transmises et reçues par le lecteur, c’est indépendant de ma volonté.

J’ai seulement eu envie de parler d’un petit garçon pas tout à fait comme les autres, de l’amour que son frère lui porte, et de l’amour que ses parents aussi lui portent.

Même si cet amour n’est pas tout de suite visible, car il est enfoui sous les problèmes que la famille traverse au quotidien.

Tom parviendra-t-il à tout assumer : son frère malade, les problèmes de sa famille, et sa propre enfance ?

Le pauvre Tom doit-il vraiment tout assumer ? J’espère bien que non. Personne ne doit tout assumer, c’est inhumain. Il faut trouver le moyen de se faire aider.

J’espère que ses parents sont responsables et qu’ils vont se ressaisir, grâce (ou à cause) de ce que leurs enfants viennent de leur faire vivre.

Et puis, il y a bien un moment dans le roman où il faut mettre le point final. Que se passe-t-il ensuite, quand le livre est refermé ?

N’est-ce pas le propre du roman que de laisser le lecteur libre de tout imaginer ? Le lecteur crée le livre aussi en le lisant. Il a ses propres clefs. Son propre point de vue.

Il faut respecter cela.

Le voyage jusqu’à la mer des deux enfants représente-il le chemin à parcourir pour devenir grand ?

Leur voyage était sans doute initiatique, mais sont-ils devenus grands pour autant ? Je crois qu’on peut dire qu’ils ont vécu une expérience inoubliable qui forgera sans doute leur personnalité future.

Mais la plupart des choses que nous faisons dans la vie font partie du chemin à parcourir pour devenir grand, ou plus grand.

J’espère avoir éclairé un peu votre lecture, sachant que tous les mystères ne doivent pas être éclaircis. Le mystère fait partie de la vie, et il en fait souvent la beauté. On ne peut pas tout expliquer.

Laure-Anne Cappelleso

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Classé dans Prix Les Embouquineurs et autres prix

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