À vous de lire en fête et en ligne.

Débuter la journée, à la manière d’Hambreellie avec un extrait choisi des pages 41  et 42 de Bartleby et compagnie d’Enrique Vila Matas, à l’occasion d’À vous de lire.

9) Si pour Platon la vie est oubli de l’idée, celle tout entière de Clément Cadou consista à oublier qu’il eut un jour l’idée de vouloir devenir écrivain.

Son attitude étrnge – il suffit de penser que pour oublier d’écrire il passa sa vie à se prendre pour un meuble – présente des points communs avec la non moins étrange biographie de Félicien Marboeuf, un agraphique dont j’ai appris l’existence  dans Artistes sans Oeuvres, livres ingénieux de Jean-Yves Jouannais autour du thème des créateurs ayant choisi de ne pas créer.

Cadou avait quinze ans lorsque ses parents invitèrent Witold Gombrowicz à dîner chez eux. Cela faisait quelques mois seulement que l’écrivain polonais – nous sommes à la fin d’avril 1963 – avait quitté à jamais Buenos Aires par la voie des mers, et qu’après avoir débarqué puis brièvement séjourné à Barcelone, il avait fait route vers Paris, où, entre bien d’autres choses, il avait accepté l’invitation à dîner des Cadou, de vieux amis rencontrés dans les années cinquante à Buenos Aires.

Le jeune Cadou aspirait à devenir écrivain. De fait, il s’y préparait déjà depuis des mois. Et cela faisait la joie de madame sa mère et monsieur son père, lesquels, à la différence de tant d’autres, avaient mis à sa disposition quantité de commodités susceptibles de l’aider à devenir écrivain. (…)

Mais il se passa quelque chose de tout à fait imprévu. Le jeune Cadou fut si impressionné de rencotnrer Gombrowicz entre les quatre murs de chez ses parents qu’il ne desserra presque pas les dents de la soirée et finit – un peu comme ce qu’avait connu le jeune Marboeuf lors de sa rencontre avec Flaubert dans la maison de ses parents – par se prendre littéralement pour un meuble du salon où ils dînaient. (…)

__________

Un second extrait choisi au hasard des lectures du moment est issu du magnifique livret de Daniel Bourrion et Olivier Toussaint, paru aux Éditions Publie. net, et intitulé Chemin.

Le chemin est depuis si longtemps une image de l’écriture qu’elle s’efface souvent sous le prétexte qui l’a fait naître : mais lorsque des auteurs s’emparent littéralement de ce mot pour en faire une forme même de la narration ou de l’incantation, et c’est en retour tout ce qui fonde le chemin comme écriture qui renouvelle notre perception du geste.

__________

Extrait

À ne plus trouver chemin,
s’il savait lui où être

Poster un commentaire

Classé dans Coups de coeur(s)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s