Chroniques des lecteurs, une sélection

Magnus, de Sylvie Germain, d’un homme à la mémoire lacunaire, longtemps plombée de mensonges puis gauchie par le temps, hantée d’incertitudes, et un jour soudainement portée à incandescence, quelle histoire peut-on écrire ?

J’ai aimé ce livre ! J’ai aimé sa construction de chapitres en fragments intercalés de notules. Fragments comme la mémoire dissolue, trouble ou des morceaux épars de souvenirs. J’ai aimé cette histoire sur la quête de l’identité où Magnus tente de se construire en cherchant les bases qui lui manquent. Un récit, une histoire qui flirte par moment avec le conte. Clara

Moana Blues, de Anne-Catherine Blanc, c’est le bleu absolu que prend l’océan quand le regard plonge vers l’abysse, vers le vertige sans fond qui s’ouvre au-delà du lagon, passé le récif-barrière.

Nous parcourons ce jour d’enterrement de l’aube à l’adieu final, et l’émotion va crescendo à la mesure des mots de Paulot qui se livre au grand jour, ce jour est aussi le bilan de sa vie, la révélation tardive de cet amour paternel, sa vision de cette île, toute une panoplie de sentiments, de réflexions, un roman très riche et écrit magnifiquement… Saphoo

Le déchronologue, de Stéphane Beauverger, au XVIIe siècle, sur une mer des Caraïbes alternative, le capitaine Villon et son équipage composé du bosco, dit le Cierge, d’un mousse, dit la Crevette, des frères Mayenne, égorgeurs, et du maître canonier Vent-Calme, se battent pour leur liberté, dans un monde déchiré par les cataclysmes temporels.

Abordé comme un roman maritime, avec des parties historiques, François Beauverger, glisse peu à peu vers la science-fiction. Il brosse des portraits authentiques. Henri Villon, Fefe de Dieppe et son patois, Molina le commerçant, ou encore Severe, dont on ne sait pas grand chose. A la lecture, on voyage sur les mers lointaines, on aborde les flibustiers, les intrigues, les guerres temporelles, des anachronismes si bien restitués qu’ils font partis du décor. En résumé, un livre porté par le souffle de l’océan, écrit sous une plume dynamique, dont la presentation est parfaitement maîtrisée. Temps de livre

Petite histoire des colonies françaises, de Gregory Jarry et Otto T, retrace les étapes de la décolonisation, jusqu’aux années 1960.

La décolonisation en BD, fallait y penser et quelle bonne idée ! Bijou d’humour noir truffé de références historiques, c’est caustique, intelligent, le tout servi par un dessin minimaliste et percutant… Libriolounge (à découvrir également son dossier sur l’Afrique).

Les enfants de la nuit, de Frank Delaney, Michael Newman, architecte londonien renommé, a vécu une relation passionnelle avec Madeleine, une femme fragile et mystérieuse, de quinze ans son aînée, dont il ne connaissait rien, ni son histoire ni son passé.

Une très belle écriture et un livre intéressant se déroulant sur deux époques, une enquête criminelle contemporaine et une plongée dans l’ horreur des expérimentations nazies. Quelques petites remarques : cet ouvrage est un peu long à mon goût et la déclaration d’amoureuse transie de Gretta à Nicholas est plutôt hors sujet. Par contre l’intrigue est très élaborée et le dénouement très inattendu, mais il se fait attendre et n’est pas exempt de certaines invraisemblances. Je préfère le Frank Delaney irlandais au Frank Delaney, auteur de thrillers, mais cela n’engage que moi. Eireann Yvon.

La désobeissance éthique, d’Elisabeth Weissmann, ils sont enseignants, conseillers Pôle Emploi, postiers, électriciens/gaziers, forestiers, hospitaliers, psychiatres, chercheurs, magistrats, policiers… Ils ne feront pas le « sale boulot » qu’on exige d’eux depuis que Nicolas Sarkozy a lancé la plus grande opération de déconstruction et de privatisation des services publics jamais menée…
En publiant La désobéissance éthique, son auteur, Elisabeth Weissman ne va pas se faire des amis. Ni dans le monde politique ni dans le monde des médias. Car contrairement à beaucoup de journalistes, qui ont oublié l’essence même de leur métier, elle ne craint pas d’appeler un chat, un chat et Sarkozy, un grand danger pour la France et l’héritage social du Conseil National de la Résistance. Gwenaelle

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Classé dans Coups de coeur(s), De la lecture

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