La revue de la semaine : Le Tigre

Lorsque les libraires de la librairie Dialogues, m’ont parlé de leur projet d’associer plus étroitement certaines revues à l’actualité de la librairie, je me suis proposée comme cobaye car j’ai toujours aimé les revues et, plus particulièrement, en découvrir de nouvelles… Il faut dire que cela relève de la gageure dans le paysage médiatique français où les journaux et les magazines tendent à se ressembler, à traiter tous des mêmes sujets, au même moment et si possible, de manière répétitive et sans aucun esprit critique. Vive le quatrième pouvoir, comme dirait l’autre…
Avec Le Tigre, je me suis un peu réconciliée avec le papier, le bon, celui qui sent l’encre et la fantaisie… En théorie, c’est un journal quinzomadaire (euh, c’est comme ça qu’on dit?) distribué en kiosque et dans certaines librairies. Douze pages (ou plus…) sans publicité. Le Tigre, entièrement réalisé avec des logiciels libres, n’a pas pour ambition de coller à l’actualité culturelle. Libre comme l’air, il parle de ce qui lui plait, quand ça lui plait, en portant une grande attention à l’aspect graphique et à la qualité d’écriture. Son ambition affichée est de « faire réfléchir le lecteur sans tomber dans le prêt à penser ». Ouch…
Dans les faits, je dois dire que cette petite revue, qui a l’originalité modeste, est très agréable à lire. Textes bien aérés, illustrations, photos : la mise en page séduit l’œil d’emblée. Deux grands articles dans le numéro 9, agrémentés d’autres, plus petits mais très étonnants. Par exemple, ces instants volés à Marseille, par Juliette Volcler qui détaille quelques silhouettes croisées ici et là. Ou encore Frédéric Danos qui évoque sa vie d’expatrié au Qatar, par épisodes. Il y aussi une énigme et deux photos à comparer pour trouver les différences. Et puis, ici et là, pour picorer, des citations ou des infos dans l’en-tête ou le pied de page… Au milieu, deux pages évoquant le travail d’un photographe.
Ceux qui ont connu l’Autre Journal (ah, l’Autre Journal…) et qui liront Le Tigre ne seront pas étonnés d’apprendre que l’un de ses créateurs avait reçu un choc, à quinze ans, en lisant le premier édito de Michel Butel. Depuis, il manque dans la presse française un autre journal, un journal libre, curieux, drôle, piquant, irrévérencieux, artistique… Le Tigre, dans les traces de son aîné disparu, a de grandes ambitions et le charme de ceux qui ne se laissent pas dicter leur conduite. Aujourd’hui, rien que pour ça, il mérite d’être lu!

Par Gwenaëlle, lectrice (Dialogues Croisés, le club des lecteurs de Dialogues)

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