Les coeurs battent lecture…

Le coup de coeur de Clara

J’ai été émerveillée par ce livre… Soledad m’a racontée la plus belle histoire qu’il soit. Une histoire si belle que j’ai eu l’impression de rêver. Pas une histoire de princesse mais l’histoire de sa famille qui commence par celle de sa mère Frasquita. Doux nom pour cette jeune fille qui en devenant femme se voit confier un coffret et des prières obscures. Le coffret contient son avenir. Magnificence de l’écriture qui donne toute sa puissance à cet héritage transmis de mère en fille. Mais, sous le soleil d’Espagne Frasquita doit être patiente. Ses doigts sont ceux d’une fée, elle coud et elle brode comme personne. Jeune femme remplie d’innocence au grand cœur, elle déploie tout son art quand elle découvre dans le coffret des fils aux couleurs les plus belles et les plus variées. Beauté des mots et beauté de ce qui se transforme sous ses doigts : le chiffon devient papillon convoité qui s’envole. J’ai ressenti toute son émotion le jour où parée de sa robe cousue de ses mains, elle a uni sa vie celle de José. Cœur qui bat, corps qui frémit et qui donne vie à Anita puis à Angela. Frasquita n’hésitera pas à braver les interdits et offrir son corps selon les cycles de lune pour donner un fils à José. J’ai écouté le chant mélodieux d’Angela, j’ai eu beaucoup de tendresse pour Anita, la silencieuse. j’ai admiré les dessins de Pedro , j’ai aimé comme mon propre enfant la petite Clara qui se nourrit du soleil , j’ai eu mal pour Martirio la fille de la nuit. Mais surtout j’ai suivi Frasquita perdue par son homme au jeu. Avec ses enfants, elle traversera le pays, le désert, elle verra l’océan. Elle rencontrera des révolutionnaires mais aussi des femmes qui l’aideront et sera toujours là pour ses enfants. Mère dévouée qui les protège, femme aimante dont l’aiguille et les fils font des miracles. J’ai vécu chaque mot, chaque phrase de cette lecture… Un livre qui est bien plus qu’un coup de cœur… merveilleux, magnifique. La réalité, les contes, le monde onirique ne forment qu’un et c’est sublime. Il s’agit du premier roman de Carole Martinez qui elle aussi possède un don précieux: celui d’écrire

Le coup de coeur de Valérie

Ce roman est sans aucun doute le plus beau roman que j’ai lu sur la paternité car c’est bien son thème central. Le narrateur, Paul, et ses enfants Manon et Clément déménagent pour s’installer à Saint-Malo, ville où Paul a grandi, dans l’espoir de cicatriser un peu la plaie béante apparue après le départ inexpliqué- mais pas inexpliquable- de la maman.

On ne peut pas dire que ce roman regorge d’action. C’est surtout une ode aux pères. Car on en croise des pères: Paul qui se bat contre vents et marées pour protéger ses enfants tout en sachant que quoiqu’il fasse, il ne peut empêcher la souffrance que provoque le départ ou la mort d’une maman; le papa qui décide de jouer le tout pour le tout et kidnappe son fils pour passer quelques jours avec lui en sachant qu’ainsi, il se condamne; celui qui se réjouit de devenir enfin père mais si l’enfant n’est pas de lui. En fait, le seul pendant négatif est le beau-père de Paul qui semble se fiche de sa fille disparue comme de ses petits-enfants. Mais Olivier Adam n’enjolive pas les hommes. En lisant Des Vents Contraires, on se pose des questions (vaut-il mieux, pour des enfants, penser que leur mère les a abandonnés ou qu’elle est morte? Et quand on n’est pas croyant, doit-on dire à l’enfant qu’on pense qu’après la mort, il n’y a plus rien, lui ôtant ainsi un espoir qui pourrait être leur béquille), on pleure (enfin moi) et on s’émerveille devant la beauté des mots. Les phrases sont ciselées comme des bijoux

Le coup de coeur de Magali

« Tout compte. » (p. 7) Grace Lisa Vanderburg (19 lettres) compte tout: ses pas dans la rue, les haricots chez le primeur, les grains de pavot sur son gâteau, les poils de sa brosse à dent, etc. « Avec le temps, le fait de compter est devenu l’armature de ma vie. » (p. 8).

Admiratrice et vaguement amoureuse de Nikola Tesla, génial inventeur du XIX° siècle, elle vit enfermée dans ses manies et son obsession des nombres. Le beau Seamus Joseph O’Reilly (19 lettres aussi) va mettre un peu de pagaille dans le quotidien de la jeune femme. Avec son aide, elle entreprend une thérapie pour se libérer de ses obsession. Mais jusqu’où peut-on aller pour être « normal » sans devenir un autre, totalement différent et sans saveur?

Jusqu’à quel âge peut-on tomber amoureuse d’un personnage de roman? Et jusqu’à quel âge peut-on encore décemment l’avouer? Seamus est mon homme idéal… Bref, ce n’est pas le sujet.

La rationalisation du quotidien par le nombre qu’effectue Grace est vaguement inquiétante, mais j’avoue que je me suis reconnue dans ce personnage. Je ne compte pas tout, mais j’aime que tout soit net et je regarde tout le temps ma montre, comme elle, obsédée par le temps qu’il me faut pout effectuer mes tâches quotidiennes.

Ce roman est une petite initiation à la normalité. Chacun est normal à sa façon. Il n’y a pas de canon auquel se conformer. Que l’on ait des obsessions ne fait pas de nous des êtres bizarres. « Une obsession n’est pas une faiblesse. Une obsession est ce qui anime les gens, ce qui les rend différents des masses grises. » (p. 148)

Le roman de Toni Jordan se lit vite, se dévore. C’est un texte parfait pour se détendre, sourire et réfléchir un peu sur qui fait nos personnalités et nos existences, sur ce que nous sommes prêts à rendre pour être accepté.

Retrouvez tous les coups de coeur de lecture (Yvon,  AlexHomer,  La Tour D., Gwenaëlle, Mya Rosa, Claudia Lucia,  Pyepi, ….) dans notre rubrique Conseils de lecture

Poster un commentaire

Classé dans Coups de coeur(s), De la lecture

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s