La vie est brève et le désir sans fin

La vie est brève et le désir sans fin
Patrick Lapeyre
POL

A Paris, Blériot, un homme amoureux d’une femme qui arrive au rendez-vous avec deux ans de retard, à cinq heures précises. De lui, on dira qu’ « il a l’habitude de penser lentement, si lentement qu’il est en général le dernier à comprendre ce qui se passe dans sa propre vie ».
Mais il vaudrait mieux qu’il réfléchisse tout de même vite car il est marié, et que l’adultère est une chose compliquée, qui demande de l’habileté et du calcul.

A Londres, Murphy, un autre homme amoureux de la même femme, qui vient de le quitter. Plongé par ce départ dans un état proche de la sidération, il ne parvient pas à y croire et, déterminé, entreprend des recherches pour essayer de comprendre pourquoi elle s’est envolée en ne laissant en tout et pour tout qu’une chaussure oubliée au fond d’un placard, un foulard mauve, trois livres et quelques magazines de mode.

De l’un à l’autre, Nora traverse la Manche comme on traverse un boulevard, une petite Anglaise étrange, imprévisible — on l’imagine avec les traits de Jean Seberg —, qui rêve de devenir comédienne et, en attendant le grand rôle, joue à faire souffrir ses deux amoureux. Sans doute ne le fait-elle pas exprès. Elle est juste « comme ça ». Elle a besoin de se sentir libre, et si elle part, c’est pour avoir le plaisir de revenir.

Patrick Lapeyre nous raconte avec virtuosité cette histoire d’amour où tout ira mal pour tout le monde car Nora, telle une drogue forte, intoxique ceux qui passent près d’elle. Nora est inoubliable et vivre sans elle est impossible.

Cette grande histoire d’amour complètement ratée aurait pu être d’une banalité à pleurer. Mais Patrick Lapeyre a du talent, et il parvient à un équilibre si parfait entre ironie et mélancolie qu’en refermant le livre on se rend compte qu’on n’a pas cessé de sourire aux tristes mésaventures de ses anti-héros magnifiques. Il n’y a là aucune recette, simplement de la générosité.

Isabelle Schulman, librairie Dialogues

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1 commentaire

Classé dans De la lecture, La lecture du jour

Une réponse à “La vie est brève et le désir sans fin

  1. Le titre est déjà très beau, si le roman est de la même veine, cela promet un bien agréable moment de lecture. Ce billet m’a en tout cas convaincue d’aller y mettre le nez.

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