Poetry, film coréen de Lee Chang-dong

Copyright – Diaphana Films

Une jeune fille est morte et flotte dans le fleuve, probablement suicidée. Une dame un peu âgée, possiblement atteinte d’une maladie d’Alzeimer (car des mots ordinaires lui manquent) élève difficilement son petit-fils adolescent, dans l’âge ingrat, qui ne pense qu’à bouffer. On apprend que la fille morte avait été violée par ses camarades de classe, dont le petit-fils. La grand-mère est mortifiée. Les pères des petits violeurs se liguent entre eux pour protéger le silence et la culpabilité de leurs rejetons, disons leur notabilité de parents. Pour cela il faut indemniser la mère de la morte, une paysanne. Tout est sordide dans ce film, admirablement joué par l’actrice qui joue la grand-mère et n’a pas l’argent. Elle va tenter de s’initier à la poésie pour survivre à cet enfer de culpabilité et de bêtise, spécialement celle de son petit-fils qui incarne une rare laideur. L’inspiration ne vient pas malgré les méditations sur la nature et sa beauté, le monde autour est véritablement laid. Et la grand mère rejoindra l’enfant morte en se jetant elle aussi du pont laissant un pauvre poème, de bonne élève âgée.

Une fois de plus, face au monde contemporain, son hypocrisie, son bavardage médiatique, sa corruption, il y a non seulement la mémoire qui flanche, mais le silence et le suicide.


 

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