Apocalypse bébé, Virginie Despentes

[Le livre]

Sur la route, Lucie une femme hétéro déprimée fait la détective privée, lancée dans Paris à la suite d’une adolescente, Valentine, classe moyenne, élevée par son père écrivain peu connu, et une belle-mère qui a deux filles, plus une grand-mère paternelle. La mère d’origine maghrébine, est partie. D’abord, la détective se fait semer dans le métro et c’est un drame, la famille exige qu’on retrouve la petite qui n’a aucune caractéristique significative. Lucie n’a jamais « fait de fugue » et fait appel à une fameuse méchante, la Hyène, belle lesbienne terrible, pour la seconder dans son enquête. Elles comprennent que la petite n’a pu que partir retrouver sa vraie mère à Barcelone. Le tableau de la Hyène, aux yeux de Lucie, est fulgurant, la force du désir lesbien s’y déploie avec le jeu de la menace en vecteur majeur. Lucie se sent de plus en plus minable et insignifiante. À Barcelone, elles ne trouvent pas grand chose, hormis une mère qui n’a pas vraiment accueilli sa fille, l’ayant cachée à son nouveau riche mari, une bonne sœur qui semble en savoir plus long qu’elle ne le dit. Parallèlement Lucie rencontre une femme dont elle tombe vraiment amoureuse, l’enquête est entre les mains de la Hyène. Comme par hasard à force de tourner en rond Valentine surgit et elles la ramènent au papa. On comprend que la bonne sœur avait un plan secret avec la petite, lequel ? On ne sait pas. La Hyène tente de la décourager de rentrer chez son papa, mais la petite joue à faire la sage. Happy end en apparence.

Un beau matin, à la télé on apprend que le Palais Royal a explosé, déchiqueté. Une vidéo est trouvée : Valentine s’introduit une bombe tel un Tampax dans le vagin et prononce un poème qu’elle avait écrit en Espagne « Je suis la peste, le choléra, la grippe aviaire et la bombe A. je suis la merde dans tes yeux petite salope radioactive, mon cœur ne comprend que le vice. Transuraniens, humains poubelles, contaminant l’universel. »… Les États resserrent l’omni surveillance anti-terroriste, plaçant beaucoup de gens inutilement en prison, Lucie doit se cacher, changer d’identité…

Très bel écho de l’ouverture rebelle de l’érotique lesbien, sur fond de révolte et de dégoût d’une adolescente qui refuse le monde des adultes hétéros, soumis, hypocrites, menteurs, lâches. C’est la faute au divorce, aux vidéos, au président, au sucres rapides, aux sans-papiers… aucune solution, ni féminisme, ni révolte armée, une gamine kamikaze parisienne, bien de chez nous, nous explose à la gueule notre merde.

Marie-Magdeleine Lessana, auteur et lectrice

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