Samedi 14 août, dans l’ailleurs du livre. Journal d’écriture d’Anne Savelli.

Ce jour ne figure pas dans le journal de publication mais je l’ajoute pour pouvoir insérer l’interview d’Hubert Artus telle qu’elle aurait dû paraître dans le numéro d’octobre de Rolling Stone. J’avais répondu à ses questions ce samedi-là.

Je le fais « avec autorisation de l’auteur » (c’est-à-dire Hubert Artus).

INTERVIEW RAPIDO

FRANCK

***1/2

Anne Savelli (Stock)

On avait remarqué Anne Savelli avec son deuxième livre, Cowboy Junkies/Trinity Session (2008). Son nouveau roman avait été écrit avant, mais paraît maintenant. Les deux sont complémentaires. Franck parle du Paris des années 1980-90 et de maintenant, de squats, de musiques, de prison, et surtout de poésie, de routes et d’amour. Interview rapido d’une femme qui écrit en musique et en image.
La musique vous influence-t-elle ?

Ce qui compte d’abord et avant tout, pour moi, dans l’écriture, c’est le rythme, la sonorité. J’écris à l’oreille, me relis toujours à voix haute de nombreuses fois… Je crois que je le dois à la fois à la musique et à la poésie, que j’ai découvert très jeune.

Le livre est structuré en de nombreuses vignettes, panneaux. Un peu comme un long album. Influence musicale, ou était-ce pour coller à la double narration, et aux deux tempos du livre ?

La narration «classique», linéaire, ne correspond pas aux impressions que j’ai envie, éventuellement, de produire sur le lecteur. Lorsque j’ai commencé à écrire ce livre, je suis partie sur l’idée de double sens, voire de sens multiples : que l’on puisse interpréter chaque passage de plusieurs façons, si l’on veut. Je souhaitais également que chaque élément du récit puisse renvoyer à un autre, même si l’on ne s’en rend pas forcément compte lors de la première lecture. D’où un travail sur la boucle proche de la musique, en effet. La contrainte «par lieux» y est aussi pour quelque chose, ainsi que l’évocation d’une double temporalité (fin des années 1980, milieu des années 2000). Je n’y avais pas pensé comme ça, mais c’est vrai qu’on pourrait faire un rapprochement entre chaque lieu évoqué, qui constitue à chaque fois un chapitre, et les morceaux d’un même album.

Ce livre est l’histoire d’un homme, mais aussi, en pointillé, le parcours de vie d’une femme. Un livre, pour vous, c’est un parcours plus qu’une histoire ?
Oui, sans doute. Je ne voulais pas raconter une «histoire», je ne voulais pas qu’on puisse considérer Franck comme un «personnage». C’est pourquoi, par exemple, je ne dis presque rien de son physique : je ne voulais pas qu’on puisse trop se l’approprier. Je voulais qu’il reste libre, qu’il échappe toujours un peu au regard d’autrui. Il n’était pas question, non plus, de faire de ce livre un roman d’amour, ni de trop apparaître dans le texte (même si, pour des raisons précises, je ne voyais pas comment j’aurais pu m’en abstraire). Il s’agit en effet d’un parcours et aussi, d’une mécanique qui s’installe : que peut-il se passer quand vous êtes constamment chassé, déplacé ?

Propos recueillis par Hubert Artus

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Classé dans Auteur(e) en résidence : Anne Savelli, Auteurs invités sur ce blog

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