Le chien gardien d’étoiles, de Takashi Murakami

Cela faisait un petit moment que nous n’avions pas donné la parole aux membres du club Dialogues Croisés, sur ce blog. Réparons immédiatement cet outrage !
Voici une chronique de Nymeria, dont vous trouverez un peu plus d' »Avides Lectures » ici : http://avideslectures.over-blog.com/.

Voici un pur chef-d’œuvre du manga d’auteur, et croyez-moi si je vous dis que je n’emploie pas ce mot à tort et à travers, mais là c’est amplement mérité ! J’en suis encore émue et bouleversée après quelques semaines. Les épithètes qui me viennent à l’esprit pour décrire ce manga pleuvent : émouvant, lumineux, engagé, juste, sensible, cruel, etc. Impossible de se contraindre à un seul mot pour évoquer cette petite merveille, qui a fait beaucoup de bruit au pays du Soleil Levant. Un succès mérité qui, j’espère, sera aussi fulgurant chez nous, car il serait franchement dommage que cette œuvre ne se fasse pas (re)connaître. J’espère que cet chronique lui sera un tant soit peu bénéfique…

De quoi ça parle ?
De la relation émouvante d’un chien et de son maître ?
Non, c’est trop réducteur.
D’une critique de la société actuelle japonaise ?
On s’en approche.
De la déchéance d’un homme ?
Dans une certaine mesure.
Et bien en fait, c’est un peu tout cela à la fois et même plus.

« Le chien gardien d’étoiles » commence par la découverte du corps d’un homme et de son chien dans une voiture abandonnée au milieu d’un champs. La mort de l’homme remonte à plus d’un an, celle de son chien, d’à peine quelques mois… Qu’est-ce que qui a conduit cet homme à mourir de cette façon, abandonné, loin de toute civilisation ? C’est ce que le manga se propose nous expliquer sur une petite centaine de pages.

100 pages, ça peut sembler court, même pour le format, mais le mangaka prend le parti de nous exposer son histoire de manière dense, en allant droit à l’essentiel, sans une case ou une trame de trop. Et le lecteur se rend vite compte que c’est largement suffisant car rien n’apparaît de trop dans ce manga, chaque planche étant d’une justesse rarement atteinte.

Les dessins de Takashi Murakami qui ont un petit air d’inachevé et d’un peu naïf ne payent pas de mine de prime abord, mais pourtant ils sont magnifiques car chargés d’une force visuelle narrative qui ne laisse personne indifférent. Le ton, d’une justesse incroyable, bouleverse et émeut sans jamais tomber dans le pathos dégoulinant. Il y a beaucoup de mélancolie pourtant dans ce manga, et je défie quiconque n’a pas un cœur de pierre, de verser une larme à un moment donné de cette histoire.

Mais c’est surtout une jolie leçon de courage, une histoire d’amour et d’amitié, et aussi une énorme prise de conscience comme pour le personnage final d’Okutsu, qui à travers l’histoire de cet homme et de son chien se rendra compte qu’il reste toujours de l’espoir.

Enfin, un mot sur l’objet en lui-même qui est tout simplement splendide. La couverture est cartonnée, d’une grande qualité, le format bien plus grand qu’un manga normal. Les pages sont épaisses, un peu comme du papier canson. La couverture est magnifique, les couleurs chaudes des tournesols avec en son milieu notre fameux chien gardien d’étoiles sont joliment rendues. Un plaisir pour les yeux, et pour la bibliothèque. D’ailleurs si le prix peut sembler rébarbatif de prime abord, il faut garder à l’esprit que ce manga s’apparente à une édition de luxe.

Un manga que je conseille à tous les amoureux des beaux objets, à ceux qui cherchent des œuvres de qualité, à ceux qui aiment les mangas de genre social, et surtout à ceux qui n’aiment pas les mangas et qui les regardent avec mépris, puissent votre regard changer avec celui-ci.

1 commentaire

Classé dans De la lecture, Dialogues Croisés

Une réponse à “Le chien gardien d’étoiles, de Takashi Murakami

  1. cat

    « JOURNAL D’UN PARFUMEUR » de Jean-Claude Ellena

    Pourquoi me suis-je intéressée à ce livre ?
    Parce que j’aime le parfum et que je fréquente intimement un « nez ».

    J’espérais que cette lecture me permettrait d’accéder à ce monde que je considère comme merveilleux mais aussi très secret.
    Je souhaitais savoir comment, techniquement parlant, s’élabore un parfum, quelles substances sont utilisées, les règles de la mode et du marketing, les coûts de revient …

    Je n’ai par trouvé dans le livre de Jean-Claude Ellena, par ailleurs fort agréable à lire car empreint de beaucoup de poésie, les réponses que je cherchais.
    Certes, ce livre est le journal d’un grand parfumeur (peut-être imbu de sa réussite) mais les nombreuses formules chimiques insérées dans le texte m’ont irritée car elles ne s’adressaient qu’à un peit nombre de spécialistes et la profane que je suis s’est sentie d’autant plus exclue de ce monde secret alors que mon objectif était, par le biais de ce livre, de lever une partie du voile.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s