New York en pyjamarama

New York en pyajamarama, paru aux éditions du Rouergue, est un livre magnifique de Michaël Leblond et Frédérique Bertrand reprenant la technique de l’ombro-cinéma.
Petits comme grands on ne peut être que fasciné par ce procédé magique.

Julien, notre libraire passionné par les livre animés, les livres à systèmes, appelés aussi les pop up, (et qui sévit sur ce blog : http://ohpopup.canalblog.com/) nous convie à une rencontre avec Michaël Leblond.

Alors voilà, je suis depuis longtemps collectionneur de flip-books et
d’images lenticulaires (de type la Roche aux fées, ces images qui étaient
distribuées avec les yaourts dans les années 80, avec notamment des
personnages de l’île aux enfants). J’ai moi-même édité un flip-book en 2005
présentant un vue panoramique de 360 degrés de la place Stanislas, réalisée
sur une durée de 6 heures, on voit donc la nuit tomber et la place
s’illuminer en quelques secondes… En 2007, j’ai découvert le procédé de
l’ombro-cinéma dans un musée japonais. Puis, j’ai eu l’occasion de
travailler avec le musée Würth d’Erstein sur un carnet destiné aux enfants,
pour accompagner la visite d’une exposition présentant notamment des ¦uvres
d’art cinétique. Nous avons proposé un jeu de moirages à partir d’un Rhodoïd
tramé qu’il fallait glisser sur une trame imprimée sur le carnet. Cela
produisait des phénomène optiques que les enfants ont adorés. J’ai fait le
lien entre tout ça et l’idée de faire un livre pour enfants en ombro-cinéma
est née.

Il s’agit d’animation image par image. Ce sont des petites séquences de 5
images qui tournent en boucle, ce qui donne l’illusion d’un mouvement
continu. Chacune des 5 images est découpée en fines bandes verticales. Je ne
conservent qu’une ligne sur 5, ce qui me permet d’assembler les 5 images en
décalant chaque image d’une ligne par rapport à la précédente.
L’ombro-cinéma repose donc sur une double illusion, c’est ce qui le rend un
peu déconcertant au premier abord. Tout d’abord, l’oeil et le cerveau
reconstituent les 4 cinquièmes manquant de l’image. Ensuite, en faisant
glisser la grille sur le papier, on passe d’une image à l’autre. C’est le
principe bien connu de la persistance rétinienne qui entre en jeu et
provoque l’illusion du mouvement.

Les spécialiste appelle ce procédé « l’image à réseau ligné » ou « l’image
changeante ». L’ombro-cinéma n’est qu’une application du procédé, très
populaire au début du 20e siècle (mais ne proposant que des boucles de 2
images, donc avec des mouvements très basiques et saccadés). Nous avons
retenu ce nom parce qu’il est très évocateur. L’ombro-cinéma etait un
théâtre d’ombres, un jouet optique pour enfants, qui est tombé dans l’oubli
avec le développement du cinéma puis de la télévision.

C’était notre point de départ, l’émerveillement que suscite le procédé, mais
pour dépasser le stade du gadget, il fallait développer autour de cela un
concept, un propos et un univers graphique. C’est pour cette raison que j’ai
contacté Frédérique Bertrand dont le connaissais le travail en papiers
découpés. Je pensais que ses images pouvaient bien se marier avec les
animations construites à partir de formes géométrique en aplats. Le point
fort de Pyjamarama ce n’est pas tant les animation que l’articulation des
animations et des illustrations de Frédérique Bertrand.

Par rapport aux livres utilisant le même procédé, Pyjamarama propose
plusieurs nouveautés. Donc, les animations sont associées à des
illustrations traditionnelles. Ensuite, la grille est plus petite que le
format du livre, on peut donc explorer l’image, voyager à l’intérieur.
Le dispositif n’est pas fermé (comme dans les livres de Rufus Seder Butler
par exemple), l’image sous-jascente est visible, il y a donc un vrai plaisir
à « décoder » les images. L’accumulation des couches et le recours à la
couleur dans les animation provoque une impression de profondeur dans
certaines images. Le lecteur est doublement sollicité : il doit manipuler
correctement la grille (le petit apprentissage fait partie du jeu) et il
doit interpréter des images parfois très abstraites.

Le thème du livre c’est le merveilleux et le pouvoir de l¹imagination. En
attribuant des pouvoirs magiques à son pyjama, le petit héros surmonte sa
peur de la solitude et de la nuit. L¹idée du pyjama magique l¹aide à
s¹endormir puis inspire son rêve. Mais c¹est aussi le lecteur qui doit faire
preuve d¹imagination en interprétant des images parfois presque abstraites.
Aujourd¹hui, l¹image sous toutes ses formes s¹est banalisée dans notre
environnement quotidien. Avec « New York en pyjamarama » je voudrais que les
lecteurs éprouvent le même émerveillement que celui ressenti par le public à
la fin du XIXe siècle en découvrant les premières images animées.

Nous espérons faire le plus d’albums possible ! Mais le procédé reste
limité. Nous nous attachons à éviter les redondances, chaque animation doit
être différente des autres. Alors il y aura forcément un moment où nous
aurons atteint les limites du procédé. Mais nous aurons eu la chance de
vivre un belle aventure. Et c’est en partie grâce à des gens comme vous, des
gens qui ont soutenu le projet et qui l’ont fait connaître.

Le deuxième volume, Luna Parc en pyjamarama, paraîtra courant 2012.

Merci mille fois à Julien pour cette belle découverte !

1 commentaire

Classé dans Coups de coeur(s), De la lecture

Une réponse à “New York en pyjamarama

  1. c’est excellemment bien fait !!!!
    encore des livres qui vont faire rêver les petits et les grands
    oui merci à Julien !!!!

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