Rencontre avec les éditions Margot

Des textes tantôt drôles, tantôt poétiques, de magnifiques illustrations soutenues par un travail éditorial de grande qualité… Nous avons été conquis par les deux premiers albums jeunesse des éditions Margot, parus en novembre dernier. L’occasion de vous présenter cette jeune et dynamique maison d’édition, qui nous promet d’autres belles parutions.

Quelques mots sur les éditions Margot

Les éditions Margot sont nées d’une envie de réunir une passion pour l’image et l’amour des mots. Les premières pierres de la maison d’édition ont été posées autour de Brel et Brassens, avec deux collectifs illustrés qui ont permis de réunir des dessinateurs renommés et de jeunes talents. Parmi eux, Alexandre Day et Étienne Friess, que les éditions Margot comptent bien faire découvrir au public. C’est donc tout naturellement que leur a été confiée la mise en images des deux premiers livres de la collection jeunesse, Blanche et Ici reposent tous les oiseaux, parus en novembre 2013.

Le parti pris des éditions Margot est simple : publier peu d’ouvrages, mais le faire le mieux possible. Chaque album est adapté aux auteurs afin que la forme soit au service du fond. La pagination et le format sont choisis avec ceux-ci, et les éditions Margot soignent les finitions pour présenter un objet de qualité, tout en restant dans des tarifs abordables pour le public.

Les éditions Margot ont pour objectif de sortir des livres jeunesse au rythme de cinq par ans, et une collection de BD verra le jour courant 2014, avec une première parution à l’automne.

Entretien avec Thibault Prugne

Thibault Prugne, vous avez vingt-cinq ans et avez créé les éditions Margot en 2012. Pourriez-vous nous raconter la naissance de cette très belle maison ?

Au départ nous n’avions pas dans l’idée de nous lancer dans un tel projet. En tant qu’illustrateur, je voulais monter un atelier regroupant cinq dessinateurs jeunesse et bande dessinée, un graphiste, et deux auteures, à Clermont-Ferrand. Pour faire vivre cette petite association, nous nous sommes dit qu’il serait intéressant de faire ensemble un petit livre illustré en collectif. Par la suite, d’autres illustrateurs ont rejoint le projet, et ce livre a pris une autre ampleur, ce dont nous étions déjà très contents. Nous avons alors, à tout hasard, contacté des illustrateurs plus renommés, pour lesquels nous avions une grande admiration. Ainsi se sont ajoutés à la liste des noms comme Benjamin Lacombe, Emmanuel Lepage, Patrick Prugne, Eric Puybaret, Hippolyte, Grun… ce qui nous a vraiment surpris ! C’est ainsi qu’est né le premier album des éditions Margot, Brassens un p’tit coin de paradis. Par la suite, nous avons été un peu  dépassés par les événements. Ces « grands noms » ont attiré l’attention d’un diffuseur national, La Diff, à qui nous devons beaucoup ! La machine était lancée. Nous avons alors décidé que cela ne serait pas juste un petit livre pour notre atelier d’illustrateurs mais une vraie maison d’édition. Nous l’avons créée avec Anthony Martinez, qui occupe le poste de graphiste sur tous nos livres, Vanina Noël, relectrice et auteure sur des livres à venir, et Anne-Fleur Drillon, auteure et également éditrice. Nous avons donné à notre maison d’édition un nom en référence à ce premier livre sur Brassens, avec lequel tout a commencé : Margot.

Brassens

En novembre 2013 est née une collection de livres jeunesse aux éditions Margot. Comment cette collection s’est-elle imposée ?

Après notre premier livre Brassens, un p’tit coin de paradis, nous avons continué dans la même veine, avec Brel, des nouvelles d’en bas. Toujours en collectif, cet album rassemblait 14 illustrateurs autour des chansons de Brel. Il était important pour nous d’associer des illustrateurs de renom (Pascal Rabaté, Jean-Denis Pendanx, Hippolyte…) et de jeunes talents, afin de leur offrir une première visibilité. La collection jeunesse est ensuite venue d’elle-même, dans cette idée. En effet, ces deux collectifs nous ont permis de découvrir de jeunes illustrateurs pleins de talent, et il fallait maintenant montrer au public de quoi ils étaient capables sur un album complet. Ainsi sont nés Blanche de Pog et Alexandre Day et Ici reposent tous les oiseaux de Anne-Fleur Drillon et Étienne Friess. Pour chacun d’entre eux, c’était leur premier album. En tant qu’éditeur, c’est un travail beaucoup plus intéressant que les collectifs, car il y a un réel suivi sur ces livres, du concept à l’illustration. Pour un livre comme Ici reposent tous les oiseaux, qui est très complexe dans son déroulement, nous passions de longues heures au téléphone avec les auteurs pour caler le moindre détail, afin que tout soit cohérent.

Brel

 

Blanche

Ici reposent tous les oiseaux

Pour chaque ouvrage, vous faites travailler ensemble plusieurs auteurs et illustrateurs. Comment s’organisent ces collaborations ?

Il n’y a pas vraiment de règle quant à ces collaborations. Elles s’instaurent d’elles-mêmes. Pour le livre Blanche, c’est Alexandre Day qui nous a proposé ce beau projet, lequel nous a tout de suite conquis. Le duo Day-Pog était déjà formé et fonctionnait à merveille. Concernant Ici reposent tous les oiseaux, c’est un projet qui est né après de longues discussions avec Étienne Friess, l’illustrateur. Nous voulions travailler ensemble et cherchions donc une idée qui pouvait satisfaire les envies de chacun. Le style d’écriture d’Anne-Fleur Drillon, drôle et déjanté, collait parfaitement à ce que nous avions imaginé avec Étienne. Nous avons donc formé ce duo, qui à mon goût fonctionne lui aussi très bien. Tout est possible donc, l’important étant le résultat. Il faut que tout le monde prenne du plaisir à œuvrer sur ces livres, pour nous c’est essentiel.

 

À chaque parution, un travail éditorial de très grande qualité est effectué. Le format, la pagination, le papier, la couverture… tout est pensé et choisi avec soin pour offrir au lecteur un très bel objet. En quoi est-ce essentiel selon vous ?

En tant qu’illustrateur, je travaille pour différentes maisons d’édition, et je sais à quel point la qualité de l’objet est importante aux yeux des auteurs. C’est une façon de mettre en valeur un travail de longue haleine. Il m’est apparu essentiel de proposer aux auteurs l’objet dont j’aurais moi-même rêvé. On définissait ensemble chaque élément, le papier, le nombre de pages, etc. Il ne s’agissait pas de faire les choses au hasard et de multiplier les finitions pour que ça en jette, mais de faire des choix judicieux en fonction du style des illustrateurs. Ainsi, pour Blanche, où Alexandre Day a travaillé à la mine de plomb, nous avons tout imprimé en pantone, une encre spéciale noire colorée, qui retranscrit plus fidèlement, par sa teinte et sa légère brillance, la technique de l’illustrateur. Le papier non surfacé rappelle celui des carnets de croquis, et la couverture est toilée. Pour chacun des livres, il y a un travail illustratif très poussé, que nous voulions mettre en valeur par de très grands formats, de 38 cm/27 cm. L’illustrateur n’a pas souvent son mot à dire quant à la réalisation de l’objet livre. Je me suis rendu compte de cela au fur et à mesure des livres que je publiais ailleurs, et je trouve cela dommage. Nous avons donc décidé d’en prendre le contre-pied. Nous voulions que quand l’auteur reçoit son livre, il n’ait aucune mauvaise surprise. Nous avons d’ailleurs, dans cette optique, invité les illustrateurs en Belgique lors de l’impression des livres, où ils ont pu valider chacune des pages de leur livre. Nous préférons faire peu de livres mais du mieux possible, que chaque personne qui travaille dessus soit contente du résultat.

 

Quels sont aujourd’hui vos projets (ou du moins ceux que vous voudrez bien dévoiler !) ?

Notre prochain livre jeunesse s’appelle Mireille et sort en juin 2014. Le texte est d’Anne-Fleur Drillon, qui a écrit Ici reposent tous les oiseaux, et les illustrations d’Eric Puybaret. Nous aimons énormément le travail de cet illustrateur que l’on ne présente plus !

Puis à l’automne, nous sortons le premier ouvrage de notre collection bande dessinée. Poulbots, par Patrick Prugne, raconte, à travers les aventures d’une bande de gamins, le Montmartre des années 1900, ce Montmartre encore très pauvre, où artistes peintres et écrivains se côtoient dans le maquis, qui entoure la butte.

4 Commentaires

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4 réponses à “Rencontre avec les éditions Margot

  1. Une belle découverte, merci !

  2. valmleslivres

    Merci de nous faire découvrir une collection qui a l’air très belle et riche.

  3. Bouchacourt

    Bonjour,
    Lors de « lire en short  » cet été au lac d’Aydat ma fille Gwendoline a participé à l élaboration d un dessin en compagnie de Fabienne Cinquin et s est vu proposé en fin de journée la possibilité de faire son stage de 3eme dans l atelier de dessin de Fabienne.
    Malheureusement au vue des dates de stage ( du 1er au 5 février 2016) Fabienne Cinquin n est plus en mesure de la prendre et m a suggéré la possibilité de me tourner auprès de Monsieur Thibault PRUGNE.
    Ma fille souhaiterait vraiment connaître ce milieu professionnel et elle se faisait une joie de pouvoir aller voir de près un atelier car elle passe la plupart de son temps libre à dessiner.
    Je vous remercie par avance pour votre réponse.
    Bien cordialement,
    E.bouchacourt
    Je vous laisse mes coordonnées ci dessous n étant pas forcément au bon endroit d expédition sinon merci de faire suivre à la personne intéressée.
    e.bouchacourt@wanadoo.fr
    Tel : 04/73/93/41/14

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