Archives de Catégorie: Auteur(e) en résidence : Anne Savelli

Jeudi 4 novembre 2010, sur la ligne 11. Journal d’écriture d’Anne Savelli.

Ce matin, je vais à Montparnasse et Pernety faire des photos pour la Ville haute : la mise à jour est prévue pour samedi, comme d’habitude, et c’est la première fois que j’ai si peu de délai.

Hier soir, posté ma variation Dita Kepler à Christophe Grossi pour les vases communicants de demain avant de sortir prendre l’air pour la première fois de la journée. Sensation d’allègement… Aujourd’hui, dès que je rentre, je lis son texte.

Ce matin, il faut revenir à Franck, donc. Ca ne cesse jamais, ces allers-retours dans les livres.

Sur la ligne 4, direction Montparnasse.

J’écoute une chanson des Pogues, album daté de 89, comme s’il fallait freiner, ne pas entrer dans la décennie 90, on voit pourquoi. Me sens très différente de ceux qui partent au travail, laisse passer trois métros, enlève mon manteau (le wagon : une étuve).

A Pernety, dans un café de la rue Raymond Losserand, juste en face du métro

Je prends un café au comptoir, écris debout, ça parle flics. Je me souviens que le squat se trouvait dans cette rue, ou qu’il fallait du moins la prendre pour y arriver, mais aucune idée de sa place exacte. Je vais aller au hasard, comme lorsque j’ai écrit ce passage, jusqu’au moment, peut-être, où je retrouverai le lieu du stage de Franck (oublié de regarder où ça se situait avant de partir, n’ai pas fait le lien).

(à force de déambuler, j’ai en effet retrouvé l’adresse du squat, numéroté 103, ce qui m’a fait sourire,  ainsi que le quartier dans lequel Franck a effectué un stage pour devenir camionneur, ce qu’il n’est jamais devenu)

(tout cela n’est pas très éloigné de la rue Daguerre, sur laquelle j’écris aussi)

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Mardi 2 novembre 2010, à la maison – Journal d’écriture d’Anne Savelli

(note à l’intention des lecteurs de ce blog : j’ai dû, ces deux derniers mois, abandonner la publication de ce journal pour m’occuper de mon nouveau texte, qui paraît aujourd’hui aux éditions publie.net. Il s’intitule ‘Douze façons de plus de parler de toi’, est inclus dans un ensemble appelé ‘Autour de Franck’, auquel participe également Thierry Beinstingel, qui a écrit un très beau ‘Avant Franck’ dont je parlerai certainement ici une autre fois… Cet ensemble contient également le fichier son d’une lecture croisée que nous avons donnée à la bibliothèque Robert Desnos de Montreuil, Thierry et moi, cet automne. Comme le titre le laisse supposer, les deux textes et la lecture sont liés à ce livre, ‘Franck’, dont je reprends aujourd’hui le journal de publication. Il y a maintenant un an de décalage entre le moment où j’ai écrit ces notes et aujourd’hui : c’est pourquoi, désormais, je note la date du jour avec son année, afin d’éviter les confusions. Merci à tous de votre attention et de votre patience !)

 

 

Mardi 2 novembre 2010, à la maison

 

… ou comment essayer de tout faire à la fois. Les titres des textes qui suivent sont ceux de textes en cours d’écriture : j’écris en effet plusieurs livres « à la fois ».

 

Dix mille choses à faire avant la fin de la semaine. En résumé (j’en supprime un peu en recopiant) :

– m’être décidée avant vendredi sur l’extrait de Dita Kepler pour les Vases communicants, ce qui implique de m’y replonger, alors que je suis retournée au 103 bis (projet de trajet « perpendiculaire » à celui de Fenêtres Open space) pour la projection à la librairie Texture dans huit jours ; revenue, même, aux Oloé (réunion dans quatre jours avec mon éditeur, D-Fiction)

– avoir fait des photos à Montparnasse, découpé les fichiers son et monté la page de la Ville haute avant samedi

– continuer à lire pour la table ronde du Castor Astral animée à la librairie Libreria

 

Espérons par ailleurs qu’il se passe plus de choses pour Franck cette semaine.

 

– avoir évidemment terminé le diaporama de photographies accompagnant la lecture de Au 103 bis à la librairie Texture, projection liée à Mon expo en vitrine, manifestation de photographes du XIXe arrondissement ; le réutiliserai à Montreuil, tiens (en effet, les élèves du lycée Jean Jaurès, venus à la bibliothèque où j’étais en résidence, y ont eu droit un mois plus tard !)

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Quelques nouvelles d’Anne Savelli

L’an dernier était paru Franck, aux éditions Stock, dans la collection La Forêt, et nous avions eu la chance de recevoir à cette occasion son auteur, Anne Savelli.
L’écrivain Thierry Beinstingel a lu Franck, et s’en est inspiré pour écrire un texte intitulé Avant Franck.
De son côté, Anne Savelli avait écrit une sorte d' »extension » à ce livre, appelée Douze façons de plus de parler de toi.
Ce sont ces deux textes, accompagnés de photographies et du fichier son de la lecture croisée que Thierry Beinstingel et Anne Savelli ont donnée à la bibliothèque de Montreuil en septembre dernier, qui sont aujourd’hui réunis  sous le titre de Autour de Franck, qui vient de paraître aux éditions publie.net (versions pdf, epub, mobipocket), et que vous pouvez acquérir ici : https://www.librairiedialogues.fr/livre/2052091-autour-de-franck-anne-savelli-publie-net
Et sur notre blog, le journal d’écriture d’Anne Savelli continue…

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Jeudi 28 octobre, à la maison. Journal d’écriture d’Anne Savelli.

La parution du livre s’éloigne, ce dont j’ai besoin pour pouvoir écrire à nouveau. Quoi de neuf, quand même, durant cette semaine ? Un message de Thierry, qui en est à la page 100. Les agents d’accueil du 104 qui l’offrent à Salimou pour son pot de départ (j’avais débarqué au 104, lieu dans lequel j’ai passé six mois, une fin d’après-midi, dans un moment de déprime, un peu par hasard, sans savoir qui j’y croiserais. J’ignorais tout de cette fête. Lorsque je suis arrivée, les collègues de Salimou s’étaient cotisés pour lui offrir des livres, lui qui s’était mis à les aimer en travaillant ici, ne lisait jamais auparavant. Je les ai rencontrés devant la librairie, en train d’acheter le seul exemplaire de ‘Franck‘. Suis très fière de ça). Mounia m’explique et j’écris un petit mot avant de rejoindre les autres.

Soirée magnifique.

(photographie : un banc de la boutique Emmaüs du 104, placé en vitrine)

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Jeudi 21 octobre, au café. Journal d’écriture d’Anne Savelli.

Depuis que je suis rentrée du Mans, quoi ? Un peu de boulot alimentaire (lecture, corrections d’articles de socio) et retour à Dita Kepler. Ecrit une variation, Supporter sa douceur, venue de nulle part, de nul lieu avouable en tout cas, croît gentiment sans que je sache si ça vaut quelque chose. C’est le principe même de DK : avancer dans le noir.

(le premier vendredi du mois suivant, Christophe Grossi l’accueillera sur son blog lors des vases communicants. Ce sera la première, et la dernière fois à ce jour, qu’une partie du texte pourra être lue quelque part. Dita Kepler est un texte inachevé, dont je lis parfois des bribes en public et, ce, depuis plus de deux ans. C’est comme ça.) (pour le moment, du moins)

Je suis au café, ai raté la piscine pour continuer à écrire – sinon, ah, la journée, c’était morne plaine. La réunion à Montreuil et le Mans m’ont vidée et je m’aperçois que l’écriture m’épuise. Il faudrait trouver le temps de faire un peu autre chose (tu parles) (c’est cependant toujours valable) (tu parles, quand même) (etc).

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Dimanche 17 octobre, Le Mans, à l’hôtel, le matin. Journal d’écriture d’Anne Savelli.

Très bien dormi dans cette chambre paisible, silencieuse, où je repense à la journée/soirée d’hier : d’un côté, Cowboy Junkies m’a permis de rencontrer une amatrice de musique qui se confronte, dit-elle, à la langue anglaise ; de l’autre, passé pas mal de temps à voir défiler des gens dont je me disais que mes livres avaient peu de chance de les intéresser…

Le plus important : rencontré Thierry Beinstingel (dont je lis les livres depuis des années et que j’avais croisé brièvement presque dix ans plus tôt ). Longue discussion avec lui dans un brouhaha infernal, troupeau d’auteurs que nous sommes (du matin au soir on ne peut pas vraiment s’extraire du salon, ni aller à l’hôtel comme on veut).

Au salon :

Matin. Froid polaire (4 degrés sous la tente qui abrite les stands). Thierry passe et me demande une dédicace pour Franck. Je fais un brouillon pendant qu’il n’est pas là (en fait, j’ai un peu le trac). De mon côté, j’irai chercher Bestiaire domestique plus tard (nous nous achetons mutuellement nos livres). On ne se réchauffe pas, mais il y a un peu plus de place qu’hier.

14 heures : je dois participer à une table ronde. Personne. La radio locale, chargée de l’organiser, nous a oubliés, il n’y a ni micros ni chaises (pas de place pour s’asseoir, exactement ce que je raconte dans Franck). Le titre de la table ronde ? « Ceux dont personne ne veut ». En effet.

Un peu plus tard : finalement, le débat a eu lieu, avec deux auteurs sur quatre seulement à cause de la grève des transports, et dans des conditions… Dans les courants d’air, obligée de lire en criant, presque, à cause du bruit, gens qui déambulent juste devant et ne s’arrêtent pas. Mal de tête qui commence à poindre, grande fatigue, hâte de partir. Heureusement que Thierry est venu me soutenir.

Sur mon stand : tiens, un type commence à lire mon livre sur les CJ, mais bon, je ne sais pas si… ah si, il continue… alors ? Suspense. Gros gros suspense. Maintenant il lit la fin. Il le repose. Commence à lire Franck. La quatrième de couv.

Un peu plus tard : il a pris les deux ! C’est un disquaire/libraire de la Fnac du Mans, qui avait auparavant monté un café littéraire en Bretagne avec sa femme, me dit-il. Très sympa.

A midi, discuté avec une femme qui travaille audio et texte, aime Steve Reich, Sophie Calle. M’a donné des conseils pour soigner mes migraines.

Tant qu’à faire, j’ai placé des bonbons devant mes livres.

(presque un an plus tard,Thierry et moi sommes en train de préparer une lecture croisée « autour de Franck » à Montreuil)

 

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Samedi 16 octobre, dans le TGV Paris-Le Mans. Journal d’écriture d’Anne Savelli.

Un jour de soleil, partir sans billet, recevoir en cadeau un thé au citron auto-chauffant (si), entendre que l’un des cent cinquante auteurs présents dans le train est en dédicace dans le bar (du TGV, donc), tout ça en première, assise sur un fauteuil mauve à côté de Pierre (Fouillet, peintre et illustrateur jeunesse), c’est quand même assez drôle.

Pierre m’a prêté son Iphone, j’en profite pour mentionner sur Facebook la page 18 de Libé qui parle de la revue d’ici là  et de D-Fiction (devenu depuis mon éditeur).

Sur le stand du salon du livre :

60 centimètres environ (l’équivalent de la largeur de trois mains) pour poser trois piles de Franck, une petite pile de Cowboy Junkies et juste la place d’une chaise. Je pensais lire un manuscrit, ou au moins l’un des deux livres des auteurs invités à la même table ronde que moi demain, mais impossible pour le moment. Il n’est pas tellement question de détailler les gens qui passent (il y a beaucoup de photographes aussi). Bruit effrayant, je ne sais pas si la migraine ne va pas guetter.

Quelle attitude avoir ? Regarder l’auteur qui dédicace en face et semble avoir une bonne tête ?

Ma voisine de stand très jeune et speed, se faire prendre en photo sans problème par une photographe d’agence (ouf elle s’en va). Chanteuse, surtout, elle a l’air d’avoir 18 ans (en fait, non ;  cultive simplement un côté femme enfant).

Il n’est pas question de ne rien faire pendant tout ce temps; mais se concentrer… Je me rends vite compte que parler de son livre, ici, c’est comme vendre des poulets.

Un peu plus tard : mangé tôt, plus personne ou presque sur les stands, tant mieux, moins de bruit enfin. Le chapiteau où déjeuner était une vraie volière. Je me demande comment je vais tenir jusqu’à ce soir.

Un peu plus tard, encore. Je lis Sébastien de Jean-Pierre Spilmont, que je verrai demain ; regarde le type du Maine Libre qui à droite gonfle inlassablement des ballons (à la pompe, quand même) ; observe les gens, s’ils ne sont pas trop près ; suis passée voir Pierre, qui dessine et signe en jeunesse ; attends un journaliste radio qui m’a dit avoir lu mon livre, veut m’interroger.

Début d’après-midi, deux joies : un Cowboy dédicacé à un musicien-écrivain ; et Bernard Ruhaud est venu me voir, m’a invité à venir parler de mon livre à la Rochelle (ce qui se fera quelques semaines plus tard. J’en garderai un très beau souvenir).

17h : j’ai donc été interviewée en début d’après-midi pour une radio locale appelée Ornithorynque, par un journaliste amateur qui travaille en usine et interrogeait un auteur pour la première fois de sa vie. Très gentil, on est ressortis de là contents, tous les deux (c’était un moment assez étonnant. En fait il n’avait pas lu mon livre, pas en entier en tout cas, et me l’a avoué directement, ajoutant que la littérature, de toute façon, « lui hérissait le poil ». Moi, qu’il soit aussi franc, ça m’a fait rire et, du coup, nous nous sommes très bien entendus).

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