Archives de Catégorie: De la lecture

Equipez-vous pour l’éclipse !

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Le vendredi 20 mars 2015, une éclipse totale de Soleil sera visible depuis la Terre.
Dans nos contrées (si vous nous lisez en France), nous pourrons la distinguer sous la forme d’une très belle éclipse partielle. Pour mieux comprendre les tenants et les aboutissants de ce phénomène, nous vous avons concocté une bibliographie très… spatiale ! 

A découvrir ici : https://www.librairiedialogues.fr/dossiers/astronomie/

Et n’hésitez pas à nous raconter votre éclipse dans les commentaires !

 

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Coup de coeur : « Contre la nature (les carnets) », Tomas Espedal – Actes Sud

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Pour tenter de lever l’un des derniers tabous sociétaux de l’Occident, la différence d’âge entre deux personnes qui s’aiment, Tomas Espedal nous compte plusieurs histoires d’amour au cœur desquelles il formule les vérités importantes que le sujet impose. La force de ce livre est dans l’universel qu’effleure en va-et-vient l’auteur avec la timidité du boxeur, la pudeur de celui qui est nu ; il se pourrait que ce soit de lui qu’il parle, il se pourrait que ce soit de vous. C’est toujours un petit pas en avant de la bien-séance, un pas de côté par rapport aux salons bien-pensants. C’est souvent très beau – l’émancipation de sa fille – , jamais vulgaire ; c’est haletant à Rome, au Nicaragua, à Copenhague : et lorsque c’est érudit c’est pour nous montrer Héloïse et Abélard, 16 et 38 ans, l’une enceinte et l’autre châtré. Mais ceci est une autre histoire. Coup de cœur.

Arnaud
https://www.librairiedialogues.fr/livre/7483877-contre-la-nature-les-carnets-espedal-tomas-actes-sud

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Focus sur les éditions Alma

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Trois questions à Catherine Argand

 Catherine Argand, vous êtes directrice éditoriale d’Alma éditeur. Pourriez-vous nous raconter la naissance de cette maison en 2010 ?

Il était une fois deux journalistes et amis, passionnés de littérature et d’Histoire depuis l’enfance. L’un avait travaillé comme chef de service ou rédacteur en chef à La Croix, RFI, France-Culture, le JDD, Livres Hebdo. L’autre avait bifurqué vers l’édition et pris en charge la collection de littérature étrangère aux éditions Payot-Rivages. Ils avaient beaucoup lu, savaient reconnaître un texte singulier et les idées neuves, se passionnaient pour l’époque et ses défis théoriques : En quoi un roman est-il plus qu’une histoire ? Quelle langue écrit-on aujourd’hui ? Comment convaincre les jeunes chercheurs de vulgariser leurs travaux ? Ou techniques : Quels sont les modalités et les partenaires du marché électronique ? Qui sont les nouveaux prescripteurs ? Ils auraient pu se spécialiser dans la réédition. Installés dans leurs bibliothèques respectives, il leur aurait suffi d’attraper tel ou telle merveille « injustement oubliée » ou « méconnue » comme l’on dit. Non, ce qu’ils voulaient c’est avoir « the finger on the pulse », détecter les pépites dans l’incroyable créativité de l’époque. Alma reçoit jusqu’à 5 manuscrits par jour et travaille avec un comité de journalistes, de chercheurs et d’auteurs en alerte sur ce qui sort, ce qui se dit, ce qui se joue en France et à l’étranger. Chercheurs d’or, voilà ce qu’ils ont voulu faire en créant la maison.

Ils ont donc commencé par définir une ligne éditoriale, une charte graphique, signer des contrats avec les premiers auteurs, créer un site, chercher des locaux, passer contrat avec un diffuseur-distributeur, constituer un comité, se présenter aux librairies. Un an avant que le premier livre sorte, ils ont construit les outils, le programme, l’équipe. Le tout, avec beaucoup de joie.

« Le monde est ce qui nous intrigue. Le texte est une intrigue qui nous ouvre le monde. » Deux phrases qui sont une véritable ligne éditoriale. Comment se décline-t-elle à travers vos parutions ?

À raison de dix-huit titres par an, dont deux ou trois premiers romans, la maison publie à part égale fiction et non fiction. Ou, pour le dire autrement, des essais et des romans. De l’un à l’autre de ces deux genres le mot clé reste le même : intrigue. Les essais décryptent un monde intriguant, complexe, obscur, mouvant. Celui du passé dont on n’a pas tout dit ou de manière par trop univoque, celui du présent où l’histoire incessamment se joue sous nos yeux et qui mérite des outils de réflexion on ne peut plus affûté. Les romans, dont la structure repose sur une intrigue, nous plongent eux dans l’infiniment grand, l’infiniment petit, l’infiniment autrement, l’infiniment subjectif du monde. Dans les deux cas les livres que nous publions élucident, arpentant qui par le dessus qui par le dessous la peau de l’univers.

Prenons à titre d’exemple Léonard de Vinci, homme de guerre. Pascal Brioist y fait le portrait, à front renversé, d’un homme extrêmement célèbre dont on ignore pourtant souvent qu’il consacra le plus clair de son temps à la guerre plutôt qu’à la peinture. C’est cette carrière de conseiller militaire que l’auteur retrace, montrant par là même à quel point la Renaissance italienne fut un champ de bataille. Prenons maintenant L’homme incertain, le premier roman de Stéphanie Chaillou sorti ces jours. Sur les conséquences de la PAC (Politique Agricole Commune) à la fin des années 70 et plus généralement d’un monde en profonde mutation dont un grand nombre peine à comprendre l’usage, rarement livre aura été plus juste, plus humain, plus éloquent. Incarné en un mot.

Vous publiez une vingtaine de titres par an, qui se répartissent à parts égales entre fiction et non-fiction, en vous attachant à découvrir et développer l’œuvre de nouveaux auteurs. Quel doit être selon vous le rôle de l’éditeur dans la découverte et la construction d’une œuvre ?

Nous ne publions pas des livres, nous publions des auteurs. Pas à pas, livre après livre nous accompagnons leur œuvre. Nous savons qu’il faut du temps pour faire connaître un écrivain, Modiano lui-même n’était pas nobélisable dans sa prime jeunesse. Il convient d’abord de détecter dans un manuscrit qui retient notre attention ce qui est formidable. Il s’agit parfois d’un détail, d’une idée, d’un personnage au second plan. Le désigner à l’auteur si le texte est retenu, l’aider à débarbouiller son récit de ce qui nuit à son timbre ou à l’économie du récit (incohérence, chute de rythme, scène parachutée, personnage flou, volonté de tout dire…) L’aider aussi, s’il s’agit d’un essai, à choisir dans l’infini de ses connaissances ce qui fait sens et table des matières. Seule une relation de grande confiance et de grand respect permet ce travail en commun. Écrire est une force qui expose à la plus grande des vulnérabilités. En se proposant comme horizon, veilleur, tuteur, interlocuteur ou nanny l’éditeur fait l’un des plus beaux métiers du monde. C’est notre avis !

Quelques coups de coeur des libraires aux éditions Alma

Il était une fois une épouse bien décidée à empoisonner son mari volage avec des raviolis. Mais, alors que s’approche l’instant fatal, un souvenir interrompt le cours de l’action. Une nouvelle intrigue commence aussitôt et il en sera ainsi tout au long de ces récits gigognes. Véritable pochette surprise, ce premier roman ajoute à la géométrie rigoureusement scientifique, la collision jubilatoire du probable et de l’improbable.

Un jeune homme quitte la femme qu’il aime pour un vagabondage. Son voyage finira par le ramener par hasard, à l’essentiel.

À travers une suite de textes courts, tenant parfois du journal de bord, parfois de l’instantané, le lecteur est invité à cheminer aux côtés du narrateur, Walther, et devient le compagnon de route de son voyage géographique et intime.

Comment devient-on Vasco de Gama ?

Voici enfin traduite en français l’œuvre magistrale de l’historien indien. Un livre plein de bruits et de fureur qui satisfera ceux que passionne une histoire désormais globale et tout autant les amateurs de récits d’aventure ou de voyage.

Si l’Afrique ancienne n’a pas d’écritures, elle a bien sûr une histoire depuis longtemps sous-estimée lorsqu’elle n’est pas simplement niée. À partir de traces laissées par des civilisations brillantes et les traditions orales, François-Xavier Fauvelle-Aymar reconstitue de manière captivante la richesse de ce continent retrouvé. En trente-quatre courts essais, cet ouvrage offre un panorama de l’Afrique subsaharienne du VIIIe au XVe siècles.

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Enfin la rentrée… littéraire !

Si certains sont d’ores et déjà nostalgiques des brises câlines, des matins d’été et des effluves estivales, j’ai tout de même une excellente nouvelle, qui devrait en ravir plus d’un : la rentrée littéraire 2014 est lancée !!! Elle sera, j’en suis persuadée, riche de découvertes car ce ne sont pas moins de 607 nouveautés littéraires qui vous attendent entre le mois d’août et le mois de novembre.

Quelques tendances se dégagent de cette rentrée littéraire. On relève ainsi une recrudescence des romans français, une baisse du nombre des premiers romans et un pari fait sur des auteurs phares et très attendus du public (Emmanuel Carrère, Amélie Nothomb, David Foenkinos, Olivier Adam, Patrick Deville, Laurent Mauvignier, mais aussi Alice Munro, prix Nobel de la littérature 2013, Haruki Murakami ou encore Thomas Pynchon).

Côté thématiques, la grisaille sociale, le réalisme et l’actualité au sens large sont source d’inspiration pour de nombreux auteurs. Les grands mouvements sociétaux s’imposent naturellement et nourrissent grand nombre de fictions pour cette rentrée. Autre grande source d’inspiration de cette année : le monde littéraire, d’hier et d’aujourd’hui, intimement rattaché à la figure indémodable du romancier. Ainsi, la liste des romans dont le ou les héros sont des écrivains est proprement étonnante. Enfin, dernière tendance confirmée : la « star » ! D’Elvis Presley à Marcel Cerdan en passant par Marylin Monroe, les vies de nombreuses personnalités sont également revisitées par le biais du roman.

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Prix Livrentête 2013

 

 

Connaissez-vous le Prix Livrentête ?
Chaque année, il récompense des livres d’images, des romans et bandes dessinées pour la jeunesse.
Et vous pouvez participer !

Pour en savoir plus et découvrir la sélection :

http://www.librairiedialogues.fr/dossiers/le-prix-livrentete/
et là : http://www.mediatheque-conquet.fr/livrentete.html

 

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Didier Daeninckx, le maître du roman noir

Relisez l’œuvre de Didier Daeninckx, désormais disponible en numérique chez publie.net. Et découvrez toute la collection publie.noir ici.

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Dialogues avec ACT éditions

Bertand Joliet nous a fait la grand gentillesse de répondre à nos questions sur ACT Editions, dont le travail nous a interpelés.

Nous espérons que vous prendrez autant de plaisir que nous à découvrir cette nouvelle maison.

1. D’où vient ce nom, ACT ? Aviez-vous songé à d’autres noms possibles ?

Au tout début, lorsque ACT n’en était qu’à l’état de projet, nous l’appelions « Toutes Mains », du titre du premier ouvrage, parce que cela correspondait aussi à notre façon de faire : comme une femme ou un homme toutes mains, nous faisons tout nous-mêmes, avec les moyens du bord, depuis les choix éditoriaux jusqu’à la distribution, en passant par les corrections, la maquette, etc.

Mais l’allure de ce nom, « Toutes Mains », en plus de la redondance avec le premier titre, nous semblait au fond un peu élitiste jusqu’à ce que nous remarquions que les initiales de la principale instigatrice de ce projet étaient A.C.T., donc ACT… dont ACT.

Il n’y avait plus à réfléchir, le nom était trouvé, tout était dit de ce que nous voulons faire de cette maison d’édition.


2. Quand et comment votre aventure a-t-elle commencé ? Comment vous est venue l’idée de monter cette maison ? Quelles difficultés avez-vous rencontrées en montant votre projet ?

Nous avions chacun l’envie très forte de monter une maison d’édition depuis très longtemps, freinée avant tout par les coûts d’impression.

Il y a eu à la source du projet deux rencontres : la première avec Rimbaud sous la forme d’un fac-similé de la première édition de « Une saison en enfer », et le nom de l’éditeur en bas de la couverture « alliance typographique (M.-J. Poot et compagnie) 37, rue aux Choux, 37 ». On s’est dit qu’on aurait bien aimé être à la place de Jacques Poot…

La deuxième rencontre est celle de l’imprimerie Evidence et de sa directrice, Annie Angeli. Spécialisée dans les courts et moyens tirages. Evidence travaille pour de nombreux et illustres éditeurs et utilise des technologies très récentes qui permettent de baisser les coûts de productions, et rendent les choses tout simplement  possibles pour un oisillon d’éditeur comme nous. Outre les avantages techniques d’Evidence, nous avons surtout trouvé la passion du livre et une gentillesse de toute l’équipe qui ont fait d’Evidence le déclencheur réel de ce projet.

Quant aux difficultés… voilà juste un passage de Conrad dans Typhon : « Des sales temps, il en avait connu, parbleu ! Il avait été saucé, secoué, fatigué comme de juste ; mais tout cela dont on souffrait le jour même était oublié le jour suivant. Si bien qu’à tout prendre, il avait raison, dans les lettres à sa femme, de parler toujours du beau temps. »

3. Combien de titres comptez-vous publier à l’année ? Comment sont-ils dictés ? Comment s’insèrent-ils dans vos collections ?

Nous comptons publier un titre par mois, sauf au mois d’août. Nos choix sont dictés simplement par le désir de voir un livre exister. La question des collections, nous ne nous la posons pas sérieusement, chaque livre nous semblant unique, mais nous imaginons que des collections vont finir par se créer spontanément  au fur et à mesure des publications, comme dans une bibliothèque où petit à petit les livres trouvent leur place. Nous avons aussi un goût certain pour les textes atypiques, qui ne statuent pas trop vite pour le genre où ils se rangent, les livres libres.
4. Vous portez un soin tout particulier à l’aspect de vos livres. D’où vient ce souci du détail ? Où les imprimez-vous ? Comment travaillez-vous le rapport texte / image ?

Ana est graphiste et Bertrand est peintre, si bien que l’image est une première nature chez nous. C’est le livre en papier que nous avons envie de publier et de défendre, avec aussi tout ce que cela implique dans le rapport à l’objet lui-même : une matière, un format, un poids dans la main et, bien sûr, tout ce qui est dans la relation visuelle au texte et à ce qui l’accompagne ou le porte : la maquette, les illustrations (sans jamais oublier le mot de Louis Pons : « l’illustration est la verrue du texte ») et, primordiale, la typographie.

Pour les images, hormis les livres pour enfants, l’idée maîtresse est que l’image soit relativement indépendante et liée au texte par une relation poétique et non pas strictement illustrative.

5. Comment s’organise votre maison d’édition ? Qui y travaille ? Quels sont vos rôles ? Sont-ils bien définis, ou au contraire, plutôt transversaux ?

Nous sommes deux, Ana et Bertrand, et nous faisons à peu près tout ensemble, à part la maquette où Ana est Grand Manitou. La seule règle est de savoir qui des deux a le temps…

6. Y a-t-il un livre que vous auriez aimé éditer ? Lequel ? Pourquoi ?

Bertrand : c’est une question impossible ! à peu près tous les livres que j’ai lu, de Oui-Oui à celui que je suis en train de lire ; j’allais répondre The Waste Land d’Eliot, puis je me suis ravisé pour Leaves of Grass de Whitman, qui m’a fait penser à Lorca, puis au regretté Khair-Eddine, à Pessoa… et, voyant que mes premières intentions allaient vers des poètes, j’ai tourné casaque vers des romanciers, Beckett, Balzac,  mais aussi des auteurs de SF, Dick, Silverberg, Stephen King ou de polar comme Léo Malet ou Chester Himes ; et encore Diderot, Sarraute, Cicéron ou Omar Khayam… impossible de choisir !

Ana : c’est une question terrible et il m’est bien difficile d’y répondre ! ACT c’est aujourd’hui, c’est demain et dans cette question j’entends déjà l’écho du passé, d’une fin. C’est comme si vous demandiez à quelqu’un ayant déjà bien vécu de retracer toutes les choses qu’il regrette de ne pas avoir fait, vu, senti, écouté, goûté… tous les rêves auxquels il nous faut renoncer. Finalement, je la trouve même un peu cruelle cette question, vous ne trouvez pas ? Alors, plutôt que de penser aux livres que je n’éditerai jamais, je préfère me réjouir de ceux qui vont venir. J’espère préserver le plus longtemps possible l’enthousiasme suscité par cette formidable aventure pour bien les accueillir et leur donner la place qu’ils méritent, leur offrir une véritable existence. Et l’audace de cette maison d’édition je la dois en partie à la rencontre de tous ces merveilleux livres que j’ai pu lire, qui m’ont émue et fait grandir. Désormais, ils n’ont eu de cesse de m’accompagner et de guider ma route.

7. Quels sont vos projets (ou plutôt ceux que vous voudrez bien dévoiler!) ?

Le premier projet est de continuer, en respectant nos volontés fondatrices : autofinancement, essayer de faire sans subventions ni mécénat, pas de numérique, distribution uniquement dans les librairies indépendantes…

Dans l’immédiat, les deux prochains titres – des recueils de poésie, Robert Priser « Bleu était le vent » et Olivier Ragasol, « le Beau idéal ». Puis viennent dans le désordre des livres pour enfants, des guides pratiques (nous préparons un condensé de grammaire française par exemple, et un livre de cuisine très hors norme…), un court roman épistolaire, polar d’anticipation de Tanguy Lohéac… douze projets sont sur la planche.

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