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Coup de coeur : « Contre la nature (les carnets) », Tomas Espedal – Actes Sud

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Pour tenter de lever l’un des derniers tabous sociétaux de l’Occident, la différence d’âge entre deux personnes qui s’aiment, Tomas Espedal nous compte plusieurs histoires d’amour au cœur desquelles il formule les vérités importantes que le sujet impose. La force de ce livre est dans l’universel qu’effleure en va-et-vient l’auteur avec la timidité du boxeur, la pudeur de celui qui est nu ; il se pourrait que ce soit de lui qu’il parle, il se pourrait que ce soit de vous. C’est toujours un petit pas en avant de la bien-séance, un pas de côté par rapport aux salons bien-pensants. C’est souvent très beau – l’émancipation de sa fille – , jamais vulgaire ; c’est haletant à Rome, au Nicaragua, à Copenhague : et lorsque c’est érudit c’est pour nous montrer Héloïse et Abélard, 16 et 38 ans, l’une enceinte et l’autre châtré. Mais ceci est une autre histoire. Coup de cœur.

Arnaud
https://www.librairiedialogues.fr/livre/7483877-contre-la-nature-les-carnets-espedal-tomas-actes-sud

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Enola Game, le concours : les résultats !

Les éditions Dialogues, en partenariat avec l’association Clef d’œuvre Vive la lecture! ont organisé un concours d’écriture destiné à tous les lecteurs !

Il s’agissait de rédiger un article critique de 800 à 1400 mots présentant le premier roman de Christel Diehl, intitulé Enola Game, en imaginant que cet article sera ensuite publié dans les pages « culture » de la presse magazine ou quotidienne.

Le comité de lecture, constitué de professionnels du livre (libraires, écrivains, bibliothécaires etc.) et de lecteurs passionnés ont retenu trois articles, dont nous vous proposons ici la lecture.

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Enola Game, un huis-clos poignant et sensible

Enola Game. De quoi s’agit-il ? D’un jeu vidéo ? Le lecteur ne s’interroge pas très longtemps : il comprend vite que c’est bien un jeu. Mais un jeu de mots « sinistre », une allusion à cet avion qui largua sa bombe machiavélique sur Hiroshima, un jour de l’été 1945. Un jeu de mots qui plonge d’emblée le lecteur dans une atmosphère trouble et inquiétante, tout comme les premières phrases du roman, imprégnées de larmes et de cris muets, ponctuées d’interrogations sans réponses. À l’évidence, l’auteur, Christel Diehl, maîtrise les non-dits, les mots invisibles, les pensées intériorisées. Ne pas trop raconter, juste ce qu’il faut. Laisser le lecteur lire entre les lignes, deviner, se projeter au-delà de ses mots, elle y parvient à merveille. À lui d’accepter de trouver lui-même des réponses, à lui de participer à l’histoire et de la décoder avec sa propre carte du monde. À qui est-il confronté ? Quels personnages viennent peupler l’univers d’Enola Game ? Qui en sont les acteurs ? Principalement, une mère et sa fille : « elle » et « la petite ». Ni l’une ni l’autre n’ont de prénom : chacun peut ainsi se reconnaître dans ces personnages. Mais mère et fille ont un âge : l’une approche de la quarantaine et l’autre fête ses quatre ans. Si la reconnaissance identitaire est secondaire, l’ancrage temporel en revanche revêt une importance considérable. Pour qui d’ailleurs ? La mère, sûrement, qui « avant EnolaGame, pensait souvent à la quarantaine comme un cap maudit » ; la petite aussi, trop heureuse de souffler ses bougies ; Christel Diehl et son lecteur, enfin. C’est fort probable… Chercher ses repères pour s’y cramponner comme à une bouée de sauvetage, en créer de nouveaux, quoi qu’il advienne, contre vents et marées, pour continuer à vivre, trouver un sens à son existence, c’est bien là le leitmotiv obsédant de ce roman. Il y a toujours l’avant et l’après, ce qui a précédé et suivi « la grande lumière », « les déflagrations ». Quel est donc cet événement ? Nous l’ignorons, Christel Diehl nous laisse imaginer ce que nous voulons : catastrophe nucléaire, coup d’État, attentat… Peu importe : la nature exacte d’Enola Game est accessoire. Seule sa portée préoccupe l’auteur. À quoi une personne seule, coupée du reste de l’humanité – certes, mère et fille sont ensemble, mais chacune affronte seule sa souffrance, tel n’importe quel malade – à quoi peut-elle donc se raccrocher ? Quel sens peut-elle donner à ses actes, à sa douleur ? Comment continuer à respirer, à défaut de hurler, quand on est enfermé dans la « belle maison de pierre », témoin d’un bonheur révolu ? Comment ne pas basculer dans le déraisonnable, la peur incontrôlable, la violence dirigée contre soi ou un autre, invisible ? L’héroïne du roman, qui peut s’apparenter, par certains aspects seulement, à un Robinson féminin, va puiser dans ses souvenirs pour garder force et lucidité. Cependant, ce qu’elle vit n’a pas grand-chose à voir avec une robinsonnade. En effet, à l’inverse du héros mythique, captif de son île, elle ne peut faire corps avec les ressources naturelles, elle qui est prisonnière de sa propre maison et qui a perdu sa liberté. Elle n’a pas le droit de sortir de chez elle et les rares fois où elle s’offre le luxe de la désobéissance, le retour n’en est que plus amer. Ce qui fut autrefois un nid douillet, avec « son odeur de soleil caramélisé (…) où le bonheur était invité » n’est plus désormais que désolation et glace. Un univers kafkaïen, tel est le quotidien de la mère et de son enfant. Une atmosphère oppressante qui ne laisse guère de place à l’espoir, à une issue lumineuse ; « une infinie détresse » qui empêche de respirer. Un sentiment de culpabilité insidieux ronge petit à petit la mère : que faire pour protéger son enfant ? Son courage et son amour seront-ils suffisants pour la sauver d’un danger à la fois palpable (les soldats dans la rue sont bien réels) et mystérieux ? Jusqu’où est-elle prête à aller ? Car c’est là encore l’une des forces de ce roman : Christel Diehl ne s’épanche pas mais réussit, tout en finesse, à traduire la force et la fragilité des liens entre une mère et son enfant. Liens fusionnels car exacerbés par une situation extrême. Si cette mère réussit encore à se lever chaque matin et à singer les gestes de sa vie d’avant, c’est pour protéger sa petite fille. Et paradoxalement, cette petite fille est aussi sa plus grande faiblesse, l’aveu même de sa vulnérabilité. La petite n’est pas Vendredi : le lien indéfectible entre une mère et son enfant renforce autant qu’il fragilise. Grâce à une écriture poétique, fluide et exempte de fioritures, Christel Diehl parvient à entraîner le lecteur dans son univers. Chaque mot est ciselé, choisi avec soin. Chaque phrase a sa place, sa raison d’être. Chaque citation renvoie celui qui la reçoit à ses propres « ombres familières ». Ce style pudique, délicat, parfois sensuel, qui invite à l’introspection, peut désarçonner le lecteur pressé et vorace. Mais il ravit celui qui vit et savoure le texte en même temps qu’il le lit. La personne attentive remarquera combien les mots de Christel Diehl sont gorgés de sons, de saveurs et de couleurs quand ils évoquent le père de l’héroïne trop tôt disparu ou ses réminiscences magnifiées, des petits bonheurs négligés qui renaissent dès lors qu’ils retrouvent « le goût incomparable des choses comptées ». Enola Game a le ton qui convient à ce huis-clos implacable. Il traduit bien la nécessité de revenir d’urgence à l’essentiel, aux fondamentaux qui s’estompent peu à peu dans une société où tout déborde, où l’individu se noie dans l’abondance. Si son héroïne cède enfin à une envie impérieuse d’écrire, acculée par le destin, Christel Diehl, quant à elle, choisit de braver le temps. Elle ose l’arrêter dans sa course folle pour poser ses mots sur le papier et les faire courir « comme une armée d’insectes couturiers ». Sa plume sait réveiller en nous des souvenirs d’enfance, des peurs oubliées, des récits prenants comme celui d’Anne Frank, des films qui nous hantent des années après que nous les avons vus… Enola Game est de ces livres qui ne nous quittent plus…

Laurence Monnier

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Enola Game

 

Il aurait pu s’agir d’un jeu vidéo. Tout s’y prêtait. Le nom d’abord, qui aurait convenu à merveille à une attaque virtuelle de bombardiers habilement dirigés d’un joystick conquérant. Mais également le contexte, à la fois irréel et terriblement vraisemblable : l’auteur maintient savamment le doute sur la nature exacte d’Enola Game, ce brutal événement aux répercussions inouïes, spectaculaires ou plus insidieuses, à l’origine de l’interminable claustration d’une mère et de sa petite fille. Explosion accidentelle, attaque nucléaire, guerre chimique, civile ou mondiale ? Interrogée quant à l’événement qui l’a inspirée, Christel Diehl confie de manière anecdotique : « Une usine de fabrication d’engrais a explosé un été  tout près de chez moi : les déflagrations étaient assourdissantes, le ciel plombé, et une odeur étrange flottait dans l’air. Pendant de longues heures, personne dans le voisinage n’a su exactement ce qui était arrivé. En pareil cas, l’imagination prend très vite le pas sur la raison ».[1] L’auteur s’est également documentée sur Hiroshima pour écrire son œuvre, avant que Fukushima ne vienne dramatiquement lui faire écho.

Car c’est bel et bien d’un roman qu’il est question. Un écrit court, puissant, poignant. Chef d’œuvre de sensibilité contenue, d’efficacité redoutable. Et tragique hymne à la beauté fragile de la vie. Ici, chaque mot est compté, chaque formule travaillée. Dans cette forme épurée, les courts paragraphes s’enchaînent comme autant de salves d’intensité croissante, sans fioritures, vers un dénouement inéluctable.

Finalement, le nom d’Enola Game recouvre à la fois, dans l’esprit martyrisé de l’adulte désorientée, « un repère chronologique » et cette « pâte de temps qui s’étire depuis le premier jour, invasive et informe, constituée de molécules dont on ne sait pas le degré de nocivité. Intuitivement, elle a choisi le genre féminin. Le même que celui du mot tumeur, qui peut comme chacun sait être bénigne ou faire la maligne. »[2]

Isolées, calfeutrées, cernées par de mystérieuses tentacules indéterminées, mère et fille guettent anxieusement, jour après jour, un signe extérieur, une explication, une raison d’espérer. Dans cette arche de Noé des temps modernes qu’est devenue leur maison,  l’adulte tente, coûte que coûte, dans un combat de chaque minute contre l’angoisse et la douleur, de maintenir une vie décente et une sérénité optimiste, pour son enfant de quatre ans.

Mais dans ce déluge silencieux, moyens de communication, distributions alimentaires puis eau courante peu à peu se tarissent. À l’horizon cendré, scruté à la jumelle chaque nuit d’insomnie par des yeux avides et terrifiés, nul rameau d’olivier ne vient récompenser l’espoir tenace de cette mère esseulée.

C’est donc vers l’ultime grenier d’un passé idéalisé que l’adulte va se tourner pour alimenter cette réclusion de miettes de joie, de lumière et d’espérance. Privée du père de son enfant, de sa fille aînée, de sa mère et de ses amis, l’adulte revisite son histoire en même temps que son foyer : « Comme souvent, lorsque le désarroi la guette, elle déambule dans la maison à la recherche d’un objet familier qui aiguillonnera sa mémoire et lui rendra un peu des siens. »[3] Inlassablement, fiévreusement, goulûment, mère et fille distilleront chaque souvenir pour en récolter la précieuse essence, s’enivrer de parfums de cire d’abeille ou de tartes aux pommes, se délecter de cueillettes surabondantes ou de tendre massepain, se réchauffer de bourdonnantes chaleurs estivales et de rassurantes présences aimées. Au cœur de cette interminable réclusion où tout n’est que manque, restent ces ultimes richesses que la privation n’atteint pas : le temps et l’imaginaire. Et Christel Diehl de décrire avec bonheur et profusion tous ces petits riens quotidiens, autrefois tellement négligés ou survolés, aujourd’hui jalousement dégustés et raffinés. Elle aime à citer Mallarmé : « Ma faim qui d’aucun fruit ne se régale trouve en leur docte manque une saveur égale ».[4] Une vraie leçon pour le lecteur invité à « faire un bel usage de [sa] présence au monde » en prenant « le temps [d’en] saluer la beauté fragile»[5].

Un moment, l’auteur avait envisagé d’étudier cette réclusion du point de vue d’un homme emprisonné qui aurait perdu richesse et situation. Mais cette expérience solitaire aurait exclu l’infinie richesse qu’apporte à cette mère l’existence de son enfant. Christel Diehl, elle-même mère d’une petite fille pour la deuxième fois à trente-neuf ans, a souhaité « mêler à cet univers la présence d’un enfant, qui donne d’autres dimensions à la claustration : l’écoute, le partage, la transmission. »[6] Et, dès lors, la perspective est fondamentalement autre : c’est pour sa fille que l’héroïne va puiser jusqu’au tréfonds de son être le courage viscéral de se battre. « Avec la petite, elle se sent vulnérable. Elle est obsédée par la volonté de protéger son enfant du mieux qu’elle peut.»[7]

Cette mère dévouée s’évertue alors à inventer au quotidien, avec et pour sa fille, au moyen de pièces chaque jour plus minces, un puzzle merveilleux de fantaisie renouvelée et de régularité rassurante. Des draps péniblement lavés sous l’eau glacée, séchant devant un feu au trop rare combustible, émerge ainsi l’exclamation joyeuse de la fillette qui s’empresse d’agrémenter de guirlandes la tente improvisée, aussitôt baptisée « maison des rêves ». Comment ne pas repenser ici aux étincelles de joie qu’un père offrait à son fils en créant pour lui, avec une imagination extraordinaire et une ténacité poignante, un jeu-concours insolite au cœur même de l’enfer des camps de concentration, dans le film  La Vie est belle[8] ? Dans ces circonstances extrêmes, l’absolu dévouement des parents à la protection de leur enfant, en leur fournissant des ressources insoupçonnées autant qu’une endurance hors normes, constitue par ricochet le meilleur ressort pour leur propre survie.
Même temporaire.

Mais ces parents pleinement humains gardent pour eux l’angoissant pressentiment d’un avenir redoutable et la crainte d’un effondrement latent. Une peur croissante, décuplée par une imagination débridée que nul échange adulte ne vient ramener à la raison. « Elle craint que le courage la déserte. Cet étrange courage qui la fait avancer depuis le début, qui lui permet de donner le change à la petite et de gérer la pénurie de tant de choses. […] Elle aspire plus que jamais à l’amnésie trompeuse de ses rares moments de sommeil. »[9]

C’est dans un punching-ball improvisé, autant que dans l’écriture et la peinture, que la mère impuissante va déverser sa rage, sa peur et sa colère. Une colère à l’image de celle que l’auteur dit éprouver « face aux modèles sociétal et culturel qu’on nous impose aujourd’hui. La lecture – creuset de l’empathie – est en danger, on ne propose à nos enfants que des joutes électroniques et une marée d’images reflétant le culte de l’individualisme et de la consommation, au moment-même où la misère et l’obscurantisme gagnent partout
du terrain ».[10]

À l’opposé de ces impasses, l’auteur nous invite à décélérer, à nous « enivrer de tout petits bonheurs qui ne coûtent pas un sou »[11]. C’est ce chemin de sagesse, véritable testament, qu’indique l’héroïne à sa fille aînée en disséminant nombre de petits mots à son intention : « Le bonheur ne tient qu’à toi. Il te suffit de décider que chaque jour est une marche vers le plus haut du ciel. Gravis-la avec grâce. Mets-y de la ferveur et de la fantaisie. Et quand bien même l’un de tes jours t’a semblé être un jour de désespoir, un jour de reculade, un jour trébuché, redresse la tête et vise de nouveau les cimes. »[12]

Comme Kafka, Christel Diehl souhaitait un dénouement marquant : « Si le livre que nous lisons ne nous réveille pas d’un coup de poing sur le crâne, à quoi bon le lire ? »[13] Le coup de poing est là. Terrible. Mais c’est finalement au lecteur qu’est laissée la liberté de son interprétation : dramatique contre-exemple ou transmission réussie de cette leçon de vie ?

Quitterie Bestard


[1] DIEHL (Christel), Interview personnelle du 23 avril 2012.
[2] DIEHL (Christel), Enola Game, Éditions dialogues, 2011, p. 49.

[3] Op. cit, p 87.

[4] MALLARMÉ (Stéphane), Poésies, 1945.

[5] DIEHL (Christel), Interview personnelle du 23 avril 2012.
[6] DIEHL (Christel), Interview personnelle du 23 avril 2012.

[7] DIEHL (Christel), Enola Game, Éditions dialogues, 2011, p. 48.
[8]La Vie est belle, Roberto Benigni, 1997.

[9] DIEHL (Christel), Enola Game, Éditions dialogues, 2011, p. 105-106.

[10] DIEHL (Christel), Interview personnelle du 23 avril 2012.
[11] DIEHL (Christel), Interview personnelle du 23 avril 2012.

[12] DIEHL (Christel), Enola Game, Éditions dialogues, 2011, p. 40.

[13] KAFKA (Franz), Lettre à Oskar Pollak, 1904.

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«Que reste-t-il quand il ne reste rien ? »



Il y a la vie avant Enola game, et la vie après Enola game. La petite l’appelle la grande lumière, mais qu’est-ce en réalité ? C’est un ravage.
Nous suivons le destin d’une mère et de sa fille de quatre ans enfermées chez elles contre leur gré. Jour après jour cette mère doit se battre pour sa fille ; faire semblant devient son quotidien ; alors elle replonge dans ses souvenirs pour puiser de belles choses à partager avec son enfant. La saveur de la pâte d’amande de sa jeunesse, la douceur d’un sourire, la pluie, le beau temps. Parfois, elle rêve, mais même les rêves deviennent cauchemars. Pour assurer leur survie, des militaires envoient des vivres aux habitants au pas de leur porte, mais il est interdit de sortir plus de quelques minutes car l’air a été touché lui aussi. La mère parfois s’accorde tout de même quelques instants de liberté dans son jardin, mais l’atmosphère y est tout aussi étouffante, comme si la nature n’était plus qu’un décor vieilli, une triste illusion. Puis, les militaires finissent par ne plus venir et sont vite remplacés par des vandales qui dépouillent sans pitié les gens. Christel Diehl nous raconte cette catastrophe aux allures de fin du monde sans fioritures ; les mots deviennent poétiques là où la poésie n’existe plus. Finalement, Enola game est peut-être une chance de « tout recommencer », se débarrasser des futilités et enfin devenir soi ! Une chose est sûre : l’auteur, en écrivant, dénonce le matérialisme auquel nous sommes tous en proie à cette époque où internet dicte les règles et où la télévision est reine. Ainsi, c’est un roman qui remet en question notre rapport au monde. La mère se souvient d’un temps où elle rêvait d’en avoir plus justement, mais maintenant qu’elle en a trop elle ne sait plus qu’en faire. Alors, inlassablement, elle écrit des vers qu’elle ne veut oublier, des pensées capturées à l’instant qui s’évanouit, elle écrit, elle écrit, jusqu’à ce que cela devienne une question de survie. C’est en lisant Enola game que nous prenons conscience de l’importance du rapport à l’autre mais aussi des mots, car c’est en couchant quelques lettres sur le papier que notre vie prend forme, et il en va de même pour des paroles échangées avec un être cher. Le style impersonnel qu’utilise Christel Diehl crée une atmosphère étrange ; mais alors que le « Elle» qui désigne la mère devrait nous éloigner du personnage, nous ne nous sommes jamais sentis aussi proches de quelqu’un. Ce huis-clos mère-fille est émouvant et d’une grande force, car il s’efforce de préserver la vie dans ce monde où elle n’a plus de sens. L’espoir devient alors le mot d’ordre de nos deux personnages, l’espoir d’un changement, l’espoir d’un  lendemain pour cette petite fille qui n’a encore rien vu du monde, et qui, avec ses yeux innocents aborde cette catastrophe avec candeur. C’est ainsi que se déroule un goûter d’anniversaire improvisé au coin de la cheminée, mais qui au fond n’a jamais été aussi chaleureux. Que les coups de feu incessants se transforment en feux d’artifices multicolores dans cette petite tête qui ne manque pas d’imagination. Finalement cet enfant pourrait bien être le sens, l’essence même de notre existence. Mais malgré cet espoir, l’histoire prend parfois des allures effrayantes et nous amène à nous poser des questions sur notre propre condition. En effet, pourrions-nous en arriver là ? Nous essayons d’abord de nous raisonner, « ça n’est qu’un roman ! », oui mais… Un roman bien réaliste ! Nous réalisons alors amèrement que nous ne sommes pas à l’abri de notre « Enola Game », ou devrait-on dire de la bêtise humaine. Il nous suffit de regarder autour de nous et l’on comprend que cette mère pourrait bien être la nôtre, et cet enfant notre triste reflet. Des héros de nulle-part mais des héros de toujours. Au fond, Christel Diehl nous livre en force tranquille une petite bombe qui ne peut que nous faire réagir. Je n’ai d’abord pas été enthousiasmée par ma lecture, mais au fil des pages, les frissons se sont emparés de moi et alors j’ai su qu’Enola game était un grand roman ! Il m’a parfois fait penser au livre Je suis une légende de Richard Matheson pour cette solitude et ce cataclysme. Mais parfois aussi à Fin de partie de Beckett car on ne sait jamais vraiment ce qui se passe dehors. La mère, parfois, se hisse en haut d’une fenêtre et observe le monde à travers ses jumelles, comme le personnage de Clov chez Beckett. Oui Enola Game est le roman de la fin de partie. Alors, «que reste-t-il quand il ne reste rien» ? Je vous laisse le découvrir, car Enola Game est une chose à vivre par soi-même et je ne voudrais pas vous en dévoiler d’avantage.

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Le Prix Bretagne attribué à Claire Fourier pour « Les silences de la guerre »

Nous sommes heureux de vous annoncer l’obtention du Prix BRETAGNE – Priz Breizh 2012 par Claire Fourier pour son roman « Les silences de la guerre« , paru le 5 janvier.

« Claire Fourier raconte cette histoire d’amour dans un style très littéraire mêlant douce sentimentalité et rigueur d’un récit bien documenté sur cette époque troublée. Elle émeut le lecteur tout autant que son héroïne attachante à bien des égards » – Le Télégramme.

 

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« Charles » arrive en librairie !

 

Edité par La Tengo qui publie déjà Schnock,  voici venu Charles, une nouvelle revue d’actualité.

Le nom de la revue a été choisi en référence au premier président de la Ve République, Charles de Gaulle. Il a un précédent outre-Atlantique avec la revue George, en référence à Washington, premier président des Etats-Unis.
“C’est une revue non partisane, d’où l’édito de François Mitterrand, et la quatrième de couverture qui cite Charles de Gaulle et ‘Karl-Charles’ Marx”, explique Alexandre Chabert, le directeur de la rédaction.

Au sommaire du premier numéro :

RENSEIGNEMENTS GENERAUX : L’Édito de François Mitterrand • Rachida Dati racontée par Ian Brossat • Dominique Voynet & Jean-Jacques Bourdin • Pour qui votez-vous, Thierry Roland ? • Le Sculpteur et le président • Vive la démocratie • Les machines à voter • Graine de star : Julien Rochedy

L’INTERVIEW D’UN CHARLES : Charles Beigbeder

LE GOUVERNEMENT DES ECRIVAINS : Flore Vasseur : Ministre de l’Économie et des finances • Francois Bégaudeau : Ministre de l’Éducation • Nicolas Ksiss-Martov : Ministre des Sports • Hélèna Villovitch : Ministre de la Fin (du nucléaire) • Frédéric Beigbeder : Ministre de la Culture • Lola Lafon : Ministre de l’Intérieur • Emmanuel Pierrat : Garde des Sceaux • Frédéric Ciriez : Ministre de la Défense • Vincent Hein : Ministre du Commerce extérieur • Antoine Buéno : Ministre du Budget • Shumona Sinha : Ministre de l’Émigration • Mathias Énard : Ministre des Affaires étranges • Bénédicte Martin : Ministre de la Condition féminine • Martin Winckler : Ministre de la Santé • Arnaud Viviant & Stéphanie Moisdon : Ministres des Arts et des artistes

SOUS LA RÉPUBLIQUE : Enquête sur une icône laïque et médiatique : Caroline Fourest • Comités de soutien, voilà du boudin • En campagne avec les jeunes de Chasse, pêche, nature et traditions • Eddie Aït, un Sarko de gauche à Carrières-sous-Poissy

RÉVOLUTION CULTURELLE

BD La révolution… mais pas trop • Chanteurs et de droite • Top 10 des acteurs présidents • Carte blanche à Denis Robert • Le Marabout politique

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Pas d’histoire sans elles

Les femmes ont-elles une histoire ? Une histoire des femmes est-elle possible ? Une histoire sans les femmes est-elle possible ?

Autant de questions qui, dès les années 1970, firent l’objet de nombreux colloques et sondèrent d’assourdissants silences.  On le sait, les mythes, clichés et autres « ritournelles » ont rogné bien des elles, oblitéré bien des questionnements,  confisqué bien  des paroles et consacré l’inexistence historique des femmes vouées aux marges, « laissées dans l’ombre de l’Histoire » comme l’indiquaient Michelle Perrot et Georges Duby dans la préface de la magistrale Histoire des femmes en Occident qu’ils publièrent en 1991. Cet ouvrage après d’autres travaux montrait que l’Histoire sans les femmes était difficilement acceptable et qu’une histoire des femmes était possible malgré des sources inexistantes ou produites essentiellement par les hommes.

L’avènement des théories du genre allait tracer d’autres voies. Des historiens, anthropologues, philosophes, psychanalystes, sociologues entreprirent de soumettre à la déconstruction la répartition des êtres humains entre hommes et femmes et de nombreuses disciplines s’ouvrirent à la question du genre. Certes, cela jeta «  un trouble »[1] dans ce qui était l’ordre naturel, biologique, entre les sexes. Le masculin et le féminin relèvent de constructions sociales, de codes, de stéréotypes qui en se perpétuant modèlent nos comportements, nous  imposent un destin et font passer pour « faits de nature pour tous les membres de la société » ce qui relève « de l’ordre symbolique, de l’idéologie biologique » comme l’indiquait l’anthropologue F.Héritier.[2]

Un enseignement marginal ?

 

Aujourd’hui, si l’histoire des femmes est devenue un champ de recherches reconnu, « si tout le monde ou presque est d’accord » constate Michèle Perrot, il en est autrement pour son enseignement. En effet, ce dernier demeure encore marginal, tout particulièrement en lycée, malgré des efforts certains comme en attestent les récentes directives du programme officiel de Seconde. Elles insistent pour que l’on « place clairement au cœur des problématiques les femmes et les hommes qui constituent les sociétés et y agissent. Le libre choix laissé entre plusieurs études doit permettre en particulier de montrer la place des femmes dans l’histoire de ces sociétés ». Cependant, force est de constater que dans de nombreux manuels, le récit se fait encore au masculin et interroge peu le sens que chaque société attribue aux identités masculines et féminines.

Pour un changement de regard

 

L’ouvrage La place des femmes dans l’histoire, propose un autre récit et veut « accompagner un changement de regard » sans « charger la barque ». En effet, « Pas d’histoire sans elles »  comme l’indique l’introduction et cela vaut pétition de principe. L’ouvrage ne se veut « ni geste héroïque au féminin, ni histoire victimaire », mais entend ouvrir l’histoire à la complexité du masculin et du féminin pour proposer une « histoire mixte » ainsi que l’indique clairement le sous-titre.

Cet ouvrage résulte d’un travail collectif à l’initiative de l’association Mnémosyne, pour le développement de l’histoire des femmes et du genre. Les historiens et historiennes, universitaires, chercheurs et enseignants qui ont contribué à cette publication soulignent sa portée scientifique, pédagogique et civique. Interroger les stéréotypes, la construction des identités masculines et féminines, décrypter les mécanismes sociaux de construction des inégalités, faire réfléchir sur l’acquisition des droits, reconnaître la présence des femmes dans la sphère publique sans dévaluer les apports et enseignements du domaine privé, tels sont entre autres les enjeux de cette histoire « résolument » mixte.

Les informations scientifiques récentes sont illustrées de nombreux textes et représentations iconographiques. Des dossiers clairs, accompagnés de questionnements judicieux permettent une exploitation pédagogique pertinente et ouvrent à tout lecteur des pistes de réflexion féconde.  Ainsi, Arlette Gautier propose-t-elle une étude de la place des esclaves femmes dans les sociétés de plantation des colonies françaises du XVIIème au XIXème siècle. Elle montre que « si les esclaves femmes ont vécu la même deshumanisation que les hommes, elles ont subi une triple surexploitation qui interdit d’évoquer une égalité entre les sexes ».

Hommes et femmes font l’histoire

 

En contribuant avec d’autres à la réparation d’un manque historiographique et mémoriel, La place des femmes dans l’Histoire rappelle à tous, que les hommes comme les femmes font l’histoire, que « l’acquisition des droits n’est pas inéluctable », que  malgré des avancées certaines, les représentations sociales discriminantes subsistent et que des lois élémentaires sur l’égalité ne sont pas appliquées. C’est là œuvre utile autant que nécessaire pour revisiter les évidences, ouvrir à d’autres possibles et maintenir en éveil.

Yvette Rodalec  

 

Le mardi 6 mars, dans le cadre des manifestations liées à la Journée Internationale des Femmes, Arlette Gautier, professeure de sociologie à l’UBO s’entretiendra avec Yvette Rodalec  autour  de cet ouvrage auquel elle a contribué. Cette rencontre se tiendra à 18h, au Café de la librairie et sera ponctuée par des lectures de textes.

Arlette Gautier a publié en 2010 : Les sœurs de Solitude. Femmes et esclaves aux Antilles du  XVIIème au XIXème aux Presses universitaires de Rennes.

À (re)découvrir également

    Françoise Picq

    Libération des femmes, quarante ans de mouvement.

« Il y a plus inconnu que le soldat inconnu : sa femme ! » : le 26 août 1970 à l’Arc de Triomphe, une dizaine de femmes donnaient par une action symbolique le coup d’envoi d’un mouvement qui allait en une quinzaine    d’années bouleverser profondément la société française. À partir de son expérience personnelle, de l’étude des écrits et des archives du Mouvement de libération des femmes, d’une enquête auprès des féministes de la première heure, Françoise Picq retrace une histoire récente mais déjà oubliée, méconnue, falsifiée.

Le temps de la découverte égrène au fil des chapitres les thèmes mis au jour par le MLF. Avec le temps des contradictions, certains conflits internes se développent jusqu’à la rupture, tandis que le Mouvement continue à se diffuser dans la société : luttes de tendances, querelles de légitimité, difficultés à s’adapter à un monde qui change. Vient alors le temps de la réflexion et du bilan. Comment comprendre les changements en moins d’une génération, et les résistances ? Comment les resituer dans une histoire plus longue  ? Dans une tendance générale ? Que nous apprend cette histoire sur la façon dont une société s’adapte par la crise?

Avec Libération des femmes, quarante ans de mouvement, Françoise Picq prolonge l’histoire du féminisme en France, au-delà de l’impulsion que lui a donnée le Mouvement de Libération des femmes. Avec son renouveau depuis les années 1990 et les controverses d’aujourd’hui : sur la parité, sur la prostitution, à propos du voile islamique, ou encore sur l’universalisme et la différence des sexes. Les débats du féminisme éclairent les questions les plus fondamentales qui se posent à la société.

Libération des femmes, les années mouvement (paru en 1993 aux éditions du Seuil) est devenu l’ouvrage de référence sur le féminisme des années 1970


[1] Référence au titre de l’essai de Judith Butler, Trouble dans le genre, 1990 (2005 en France)

[2] Masculin/Féminin, la pensée de la différence, O. Jacob, 1996, p .203

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New York en pyjamarama

New York en pyajamarama, paru aux éditions du Rouergue, est un livre magnifique de Michaël Leblond et Frédérique Bertrand reprenant la technique de l’ombro-cinéma.
Petits comme grands on ne peut être que fasciné par ce procédé magique.

Julien, notre libraire passionné par les livre animés, les livres à systèmes, appelés aussi les pop up, (et qui sévit sur ce blog : http://ohpopup.canalblog.com/) nous convie à une rencontre avec Michaël Leblond.

Alors voilà, je suis depuis longtemps collectionneur de flip-books et
d’images lenticulaires (de type la Roche aux fées, ces images qui étaient
distribuées avec les yaourts dans les années 80, avec notamment des
personnages de l’île aux enfants). J’ai moi-même édité un flip-book en 2005
présentant un vue panoramique de 360 degrés de la place Stanislas, réalisée
sur une durée de 6 heures, on voit donc la nuit tomber et la place
s’illuminer en quelques secondes… En 2007, j’ai découvert le procédé de
l’ombro-cinéma dans un musée japonais. Puis, j’ai eu l’occasion de
travailler avec le musée Würth d’Erstein sur un carnet destiné aux enfants,
pour accompagner la visite d’une exposition présentant notamment des ¦uvres
d’art cinétique. Nous avons proposé un jeu de moirages à partir d’un Rhodoïd
tramé qu’il fallait glisser sur une trame imprimée sur le carnet. Cela
produisait des phénomène optiques que les enfants ont adorés. J’ai fait le
lien entre tout ça et l’idée de faire un livre pour enfants en ombro-cinéma
est née.

Il s’agit d’animation image par image. Ce sont des petites séquences de 5
images qui tournent en boucle, ce qui donne l’illusion d’un mouvement
continu. Chacune des 5 images est découpée en fines bandes verticales. Je ne
conservent qu’une ligne sur 5, ce qui me permet d’assembler les 5 images en
décalant chaque image d’une ligne par rapport à la précédente.
L’ombro-cinéma repose donc sur une double illusion, c’est ce qui le rend un
peu déconcertant au premier abord. Tout d’abord, l’oeil et le cerveau
reconstituent les 4 cinquièmes manquant de l’image. Ensuite, en faisant
glisser la grille sur le papier, on passe d’une image à l’autre. C’est le
principe bien connu de la persistance rétinienne qui entre en jeu et
provoque l’illusion du mouvement.

Les spécialiste appelle ce procédé « l’image à réseau ligné » ou « l’image
changeante ». L’ombro-cinéma n’est qu’une application du procédé, très
populaire au début du 20e siècle (mais ne proposant que des boucles de 2
images, donc avec des mouvements très basiques et saccadés). Nous avons
retenu ce nom parce qu’il est très évocateur. L’ombro-cinéma etait un
théâtre d’ombres, un jouet optique pour enfants, qui est tombé dans l’oubli
avec le développement du cinéma puis de la télévision.

C’était notre point de départ, l’émerveillement que suscite le procédé, mais
pour dépasser le stade du gadget, il fallait développer autour de cela un
concept, un propos et un univers graphique. C’est pour cette raison que j’ai
contacté Frédérique Bertrand dont le connaissais le travail en papiers
découpés. Je pensais que ses images pouvaient bien se marier avec les
animations construites à partir de formes géométrique en aplats. Le point
fort de Pyjamarama ce n’est pas tant les animation que l’articulation des
animations et des illustrations de Frédérique Bertrand.

Par rapport aux livres utilisant le même procédé, Pyjamarama propose
plusieurs nouveautés. Donc, les animations sont associées à des
illustrations traditionnelles. Ensuite, la grille est plus petite que le
format du livre, on peut donc explorer l’image, voyager à l’intérieur.
Le dispositif n’est pas fermé (comme dans les livres de Rufus Seder Butler
par exemple), l’image sous-jascente est visible, il y a donc un vrai plaisir
à « décoder » les images. L’accumulation des couches et le recours à la
couleur dans les animation provoque une impression de profondeur dans
certaines images. Le lecteur est doublement sollicité : il doit manipuler
correctement la grille (le petit apprentissage fait partie du jeu) et il
doit interpréter des images parfois très abstraites.

Le thème du livre c’est le merveilleux et le pouvoir de l¹imagination. En
attribuant des pouvoirs magiques à son pyjama, le petit héros surmonte sa
peur de la solitude et de la nuit. L¹idée du pyjama magique l¹aide à
s¹endormir puis inspire son rêve. Mais c¹est aussi le lecteur qui doit faire
preuve d¹imagination en interprétant des images parfois presque abstraites.
Aujourd¹hui, l¹image sous toutes ses formes s¹est banalisée dans notre
environnement quotidien. Avec « New York en pyjamarama » je voudrais que les
lecteurs éprouvent le même émerveillement que celui ressenti par le public à
la fin du XIXe siècle en découvrant les premières images animées.

Nous espérons faire le plus d’albums possible ! Mais le procédé reste
limité. Nous nous attachons à éviter les redondances, chaque animation doit
être différente des autres. Alors il y aura forcément un moment où nous
aurons atteint les limites du procédé. Mais nous aurons eu la chance de
vivre un belle aventure. Et c’est en partie grâce à des gens comme vous, des
gens qui ont soutenu le projet et qui l’ont fait connaître.

Le deuxième volume, Luna Parc en pyjamarama, paraîtra courant 2012.

Merci mille fois à Julien pour cette belle découverte !

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E pour Edward, G pour Gorey

 

A l’occasion de la parution des « Enfants fichus« , aux éditions Attila, nous vous proposons de vous attarder sur l’oeuvre d’Edward Gorey (attention ! Vous risquez de devenir Goreymaniaques, comme nous !)… Pour cela, nous vous proposons une sélection bibliographique et un concours.

Ce concours, organisé par les éditions Attila, est ouvert à tous les lecteurs, polyglottes ou non, en âge de lire ou pas, fins connaisseurs de Gorey ou pas encore : A comme Attila ; B comme Bambins ; C comme Concours… Dégainez vos plumes !

« The Gashlycrumb Tinies », qui fait l’objet du présent concours, est un abécédaire d’enfants malchanceux, disponible en version bilingue dans l’édition des « Enfants fichus » publié par Attila le 6 novembre 2011.

Les lecteurs sont invités à traduire – ou réinventer – le texte des « Gashlycrumb Tinies », titre compris, sans contrainte métrique, ni rythmique, ni onomastique, et à envoyer leur traduction par mail, courrier, Facebook ou directement à la librairie, du 6 novembre au 30 janvier 2012.

Un jury réunissant les amis d’Attila – traducteurs inclus – se réunira le 21 février afin de procéder à une sélection. Les gagnants recevront une surprise du catalogue attilesque et une anthologie des traductions les plus inventives apparaîtra sur le site de la maison d’édition.

Et pour dévorer tout Gorey, c’est ici que cela se passe : https://www.librairiedialogues.fr/dossiers/e-pour-edward-g-pour-gorey/

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