Archives de Catégorie: Dialogues Croisés

Coup de coeur des lecteurs : « Le héron de Guernica »

Agathe a lu et apprécié « Le héron de Guernica« , d’Antoine Choplin, au Rouergue.

Basilio, peintre amateur habitant Guernica est encouragé par le père Eusebio pour assister en tant que spectateur à l’exposition internationale des arts et techniques qui se déroule à Paris et rencontrer ce fameux peintre représentant l’Espagne : Picasso.
Car selon Eusebio, qui mieux que Basilio peut témoigner de cette journée d’horreur qui a eu lieu à Guernica?
Basilio accepte donc de faire le voyage et de rencontrer cet artiste qui a peint Guernica… mais qu’il n’a jamais vu dans ses rues!

Hormis le premier et le dernier chapitre, le reste du roman se déroule au moment de l’attaque de Guernica.
Nous faisons plus ample connaissance avec les habitants de Guernica : l’oncle Augusto, Maria, Celestina dont Basilio est amoureux… Les gens de Guernica ont une vie simple : le marché, l’usine, le bal… Cette vie est de plus en plus rythmée par les passages de soldats et malgré la douceur de vivre apparente, la guerre n’est pas loin.
Basilio passe la plus grande partie de son temps à peindre un héron. Il s’applique à vouloir rendre les émotions qui le parcourent lorsqu’il peint, ce qu’il ressent à la vue de cet animal, l’intensité de son regard… C’est une espèce de joute artistique qui s’engage lorsqu’il se retrouve face à lui. Il aimerait capter cette sensibilité, cette grâce à l’aide de son pinceau et de son regard d’artiste.
Mais Guernica ne restera pas sereine très longtemps…

L’écriture d’Antoine Choplin est magnifique.
Il réussit avec une économie de mots à faire ressentir au lecteur une foule d’émotions bien difficiles à décrire, tout comme lui a bien du mal à retranscrire sur sa toile ce qui le parcourt lorsqu’il est face au héron.
Ce roman est bouleversant tant par la poésie, la douceur et la sensualité de ce qu’il décrit, que par la dureté et l’horreur de ce qui va se passer.
Chaque chapitre est décrit à la manière d’un tableau avec un pinceau d’une douceur et d’une justesse incroyable… C’est superbe!!!

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Coup de coeur des lecteurs : « Nestor rend les armes »


Clara
a lu et aimé « Nestor rend les armes », de Clara Dupont-Monot (Sabine Wespieser éditeur) :

Nestor est obèse. Enveloppé dans sa carapace de chair, il se protège du monde. Dans son cercle magique créé par sa silhouette, il veut que rien ou personne ne puisse le faire encore souffrir.
Je le dis d’emblée, ce livre est un gros coup de cœur ! L’écriture de Clara Dupont-Monod concise, empreinte de poésie, d’une finesse rare et intense m’a conquise ! Non, ce n’est pas une distribution de bons points mais ce livre est un petit bijou ! Le corps de Nestor a commencé à grossir et à enfler car Nestor mange pour oublier sa souffrance. Son corps est une armure, une barrière visible qui le sépare du monde. La solitude est sa seule amie, sa femme se meurt sur un lit d’hôpital emmurée dans le silence du coma. L’histoire de Nestor nous est dévoilée, son exil d’argentine et le drame avant l’accident. Une vie en forme de long ruban tâché de trop de malheurs. Mais il arrive qu’une main se tende…Je ne veux pas en dire de trop sur ce livre pour que chacun puisse l’apprécier comme il se doit. Et à sa juste valeur.

J’ai ressenti de l’empathie et non de la compassion pour Nestor. D’ailleurs, Clara Dupont-Monod évite cet écueil. Alchimie magique des mots quand ils sont bien utilisés et qui amènent à la symbiose le texte et le lecteur. Un coup de cœur et j’y ai tellement inséré de marque-pages qu’il s’agit d’un livre hérisson parsemé du bonheur de l’écriture et d’émotions !

En savoir plus sur le livre, lire un extrait : https://www.librairiedialogues.fr/livre/1884136-nestor-rend-les-armes-clara-dupont-monod-s-wespieser-editeur

 

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Le chien gardien d’étoiles, de Takashi Murakami

Cela faisait un petit moment que nous n’avions pas donné la parole aux membres du club Dialogues Croisés, sur ce blog. Réparons immédiatement cet outrage !
Voici une chronique de Nymeria, dont vous trouverez un peu plus d' »Avides Lectures » ici : http://avideslectures.over-blog.com/.

Voici un pur chef-d’œuvre du manga d’auteur, et croyez-moi si je vous dis que je n’emploie pas ce mot à tort et à travers, mais là c’est amplement mérité ! J’en suis encore émue et bouleversée après quelques semaines. Les épithètes qui me viennent à l’esprit pour décrire ce manga pleuvent : émouvant, lumineux, engagé, juste, sensible, cruel, etc. Impossible de se contraindre à un seul mot pour évoquer cette petite merveille, qui a fait beaucoup de bruit au pays du Soleil Levant. Un succès mérité qui, j’espère, sera aussi fulgurant chez nous, car il serait franchement dommage que cette œuvre ne se fasse pas (re)connaître. J’espère que cet chronique lui sera un tant soit peu bénéfique…

De quoi ça parle ?
De la relation émouvante d’un chien et de son maître ?
Non, c’est trop réducteur.
D’une critique de la société actuelle japonaise ?
On s’en approche.
De la déchéance d’un homme ?
Dans une certaine mesure.
Et bien en fait, c’est un peu tout cela à la fois et même plus.

« Le chien gardien d’étoiles » commence par la découverte du corps d’un homme et de son chien dans une voiture abandonnée au milieu d’un champs. La mort de l’homme remonte à plus d’un an, celle de son chien, d’à peine quelques mois… Qu’est-ce que qui a conduit cet homme à mourir de cette façon, abandonné, loin de toute civilisation ? C’est ce que le manga se propose nous expliquer sur une petite centaine de pages.

100 pages, ça peut sembler court, même pour le format, mais le mangaka prend le parti de nous exposer son histoire de manière dense, en allant droit à l’essentiel, sans une case ou une trame de trop. Et le lecteur se rend vite compte que c’est largement suffisant car rien n’apparaît de trop dans ce manga, chaque planche étant d’une justesse rarement atteinte.

Les dessins de Takashi Murakami qui ont un petit air d’inachevé et d’un peu naïf ne payent pas de mine de prime abord, mais pourtant ils sont magnifiques car chargés d’une force visuelle narrative qui ne laisse personne indifférent. Le ton, d’une justesse incroyable, bouleverse et émeut sans jamais tomber dans le pathos dégoulinant. Il y a beaucoup de mélancolie pourtant dans ce manga, et je défie quiconque n’a pas un cœur de pierre, de verser une larme à un moment donné de cette histoire.

Mais c’est surtout une jolie leçon de courage, une histoire d’amour et d’amitié, et aussi une énorme prise de conscience comme pour le personnage final d’Okutsu, qui à travers l’histoire de cet homme et de son chien se rendra compte qu’il reste toujours de l’espoir.

Enfin, un mot sur l’objet en lui-même qui est tout simplement splendide. La couverture est cartonnée, d’une grande qualité, le format bien plus grand qu’un manga normal. Les pages sont épaisses, un peu comme du papier canson. La couverture est magnifique, les couleurs chaudes des tournesols avec en son milieu notre fameux chien gardien d’étoiles sont joliment rendues. Un plaisir pour les yeux, et pour la bibliothèque. D’ailleurs si le prix peut sembler rébarbatif de prime abord, il faut garder à l’esprit que ce manga s’apparente à une édition de luxe.

Un manga que je conseille à tous les amoureux des beaux objets, à ceux qui cherchent des œuvres de qualité, à ceux qui aiment les mangas de genre social, et surtout à ceux qui n’aiment pas les mangas et qui les regardent avec mépris, puissent votre regard changer avec celui-ci.

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Quelques conseils de nos lecteurs

Enfant de la jungle, Michael Morpurgo. Illustrations De Sarah Young. Conseillé par Maryline, libraire. Un vrai roman d’aventure à découvrir dès 12 ans.

Ce matin, le jeune Will, en Indonésie pour quelques jours avec sa maman après le décès de son père, s’apprête à faire une ballade à dos d’éléphant le long de la plage. Mais l’animal semble très agité…

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Les carottes sont cuites pour le grand méchant, Bogeat Suzanne. Conseillé par Camille.

Ce conte moderne, qui mériterait de devenir un classique, met en scène le méchant loup en fin de vie. Sa faiblesse physique est l’occasion de montrer le bon coeur et l’absence de rancune de ses victimes d’autrefois …

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Le liseur, Bernhard Schlink.  Clara, une lecture forte, troublante et dont on ne sort pas indemne. Un livre comme je les aime

Agé de 15 ans, Michaël un jeune allemand devient un peu par hasard l’amant d’Hanna de vingt ans son ainée. Elle est contrôleuse de bus mais l’on ressent une part de mystère dans lequel elle se drape volontiers. Dans leur relation, un rituel s’installe : le bain, la lecture faite à voix haute par Michaël à Hanna. Un jour, Hanna disparait brusquement sans laisser aucune trace. Sept ans plus tard, Michaël fait des études de droit…

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Les fiancées du Pacifique,Jojo Moyes, Traduit De L’Anglais par Alice Seelow. Conseillé par nodreytiti. J’ai beaucoup apprécié la lecture de ce livre.

L’histoire de ces jeunes filles est vraiment remarquable : tout quitter, leur famille, leurs amis et leur terre natale l’Australie, pour aller rejoindre leurs maris, qu’elles connaissent peu, dans un nouveau pays totalement inconnu pour elles, à des milliers de kilomètres de leur pays d’origine. Elles font tout ce chemin pour découvrir une famille qu’elles n’ont jamais vu, et donc démarrer une nouvelle vie…
Ce livre est vraiment inspiré de faits réels et un énorme travail de recherche a été fait par l’auteur, ce qui donne vraiment de l’authenticité à ce livre.

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Les soeurs Brelan, François Vallejo. Texte non corrigé à paraître le 28 août 2010. Conseillé par Magali.
Un grand merci à Dialogues Croisés qui organise une opération Rentrée littéraire 2010 et aux Éditions Viviane Hamy qui m’ont fait découvrir ce livre en avant-première. Je ne présage rien des chances qu’aura l’auteur de décrocher tel ou tel prix littéraire cet automne, mais j’annonce un grand coup de coeur pour ce texte en particulier et pour cette plume vive qui se déploie avec force et délicatesse.

Marthe, Sabine et Judith « étaient trois et partageaient trois habitudes : s’accorder d’un coup d’oeil, se taire au même moment et parler toutes à la fois. » (p. 9) Orphelines très jeunes, elle refusent de se soumettre à un tuteur. Marthe décide d’assumer la charge de ses cadettes. Que l’argent vienne à manquer, que la famille et l’entourage les pointent du doigt, les soeurs Brelan s’en moquent. Fières et déterminées, elles resteront ensemble: « Tant que nous sommes trois, nous ne sommes pas abandonnées. […] Nous sommes soeurs depuis le début, ça durera jusqu’à la fin, si nous le décidons. » (p. 24) De la fin de la seconde guerre mondiale à la chute du mur de Berlin, elles surmontent la tuberculose de Marthe, le mariage allemand de Sabine et la passion de Judith pour un tueur en série, autant d’épreuves qui ébranlent la puissance de leurs liens sans jamais les détruire….

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Meurtre dans un jardin indien, Vikas Swarup.  Conseillé par Mélo. Je me rends compte que là, en écrivant ma chronique, j’ai le sourire aux lèvres… C’est donc bien un roman qui m’a plu, qui m’a fait rire. Un roman que je ne pense pas oublier de sitôt car je crois qu’il m’a vraiment marqué.

J’étais littéralement tombée sous le charme du premier roman de l’auteur (Les fabuleuses aventures d’un indien malchanceux qui devint milliardaire) et c’est donc avec un immense plaisir que je me suis plongée dans Meurtre dans un jardin indien.

Déjà, je n’ai pas été dépaysée quant au style. Ca se lit toujours aussi bien. Vikas Swarup a un vrai style propre qui personnellement me plaît beaucoup.
L’humour est bien au rendez-vous, et les péripéties ne manquent pas …

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Les centenaires, roman. Philippe Adam. (Version papier, version numérique). Conseillé par Libriolounge.

D’emblée, nous voilà prévenus : les centenaires sont une espèce à part entière. Ils ont franchi un cap, ils sont de l’autre côté de la barrière. Alors forcément, ça leur donne une certaine vision des choses :

« Les centenaires n’ont rien à voir avec les débutants. Pour eux de toute façon, rien ne débute. On est toujours en train d’achever quelque chose ou quelqu’un. »…

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Dialogues Croisés, la moisson de la semaine est en ligne..

Le rituel se poursuit cette semaine avec une nouvelle mise à jour de notre moisson des ouvrages de la semaine dans le cadre du club de lecture auquel vous pouvez vous joindre à tout moment (voir conditions sur notre page dédiée). La page du club est accessible ici ou en page d’accueil à Club des lecteurs.

Nous ouvrons le club de lecture au domaine de la revue, en lien avec la librairie et son rayon Revues. Nous sommes heureux d’accueillir sur le site de la librairie les premières chroniques de Franck Delorme de la revue Etudes. Nous vous invitons également à suivre régulièrement l’actualité d’Ent’revue le site des revues culturelles…

Chaque semaine donc, les lecteurs de Dialogues Croisés ouvrent leur lecture en ligne et à la librairie.

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