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Unica Zürn, L’écriture du vertige

Unica Zürn
Anouchka D’Anna
Éditions Cartouche

Tout d’abord merci à Anouchka D’Anna de donner en cette rentrée littéraire une actualité à Unica Zürn, trop peu connue, dont la mémoire a marqué une élite littéraire. Aujourd’hui, seuls les esprits cultivés la connaissent.

C’est un livre de résonances et de vibrations, l’œuvre et la personne d’Unica Zürn sont approchées, montrées, rencontrées par petites touches, effets de volutes, accumulations délicates, témoignages fragmentés, citations imbriquées de ses livres, diagnostics psychiatriques égarés, interprétations lumineuses ou hasardeuses, intuitions artistiques, catéchismes lacaniens, visions étranges, coïncidences poétiques, fusées théoriques deleuziennes. Anouchka décrit en le frôlant cet univers d’Unica, en plans distincts, en « tropismes » : la famille d’origine et celle qu’Unica constitue, son travail à UFA, les fameux studios de cinéma nazis, sa solitude, sa douleur, ses érotiques, son vertige et son génie, sa participation au courant du surréalisme à Berlin de l’après-guerre. Elle y rencontre Hans Bellmer, un coup de foudre, en 1953. Leur lien amoureux et artistique conduit Unica à s’installer à Paris avec lui où elle est reconnue par les surréaliste amis de Hans, elle est admirée par Michaux, Pieyre de Mandiargues, Ernst et bien d’autres. Unica, médium, est attirée par l’exactitude des choses, leur pouvoir magique, la décomposition, la limite, elle participe de la fascination collective pour la richesse langagière de la folie, pour la création artistique expérimentale au bord du danger, pour l’érotisme et ses transports, avec une intelligence élégante et sobre.

Unica Zürn a écrit deux livres majeurs, Sombre printemps, L’homme-Jasmin, puis un livre au titre ironique Vacances à Maison Blanche. De nombreux dessins et anagrammes entrecroisent ses autres écrits.

D’Anna fait se tresser poétiquement Zürn avec Duras, Camille Claudel, Rimbaud, Artaud, particulièrement, mais elle ne nous fait pas entrer véritablement dans l’aventure artistique érotique amoureuse entre Unica Zürn et Hans Bellmer. Est-ce volontaire ? ou bien n’ont-ils pas laissé de traces des folles richesses de leurs tourments ?

On sait qu’ils étaient tous deux allemands, ils ont créé dans cette langue pendant et après le nazisme. On peut supposer qu’Unica, qui se disait masochiste, s’est artistiquement et érotiquement glissée dans La Poupée désarticulée de Bellmer, « anagramme vivant ».

A l’instar de Camille Claudel avec Rodin, c’est d’avoir consenti à un avortement demandé par Bellmer qu’Unica est passée du côté des folies, délirantes, vertigineuses, « somnambuliques » ; elle fut plusieurs fois internée. Phénomène dramatique, terriblement daté, qui se produit au sein d’une rencontre amoureuse passionnée artistique où l’enfant auquel il faut renoncer, l’enfant qu’il faut sacrifier par l’avortement (ce n’est pas la même chose pour les abandons) prend valeur de place laissée vide par l’exigence masculine, pour la création artistique commune, moment de bascule dans un calvaire intime, une torture sacrificielle cachée, désastre spécifique aux femmes. Il suffit de se pencher sur les belles Clotho, la Valse, l’Age mûr, ou la Niobide blessée de Camille Claudel pour ressentir ce calvaire.

L’écriture d’Anouchka, au style raffiné et parfois chuchoté, est certainement contaminée par les épiphanies d’Unica. Le pari d’Anouchka D’Anna est réussi car il nous donne l’impérative envie de retrouver ou de découvrir l’œuvre d’Unica Zürn, et de comprendre son lien avec celle de Hans Bellmer.

Marie-Magdeleine Lessana

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Biogée par Michel Serres

Biogée
Michel Serres
Éditions Dialogues,
Lecture par Michel Serres et fichier numérique gratuit inclus.

Ce livre s’appelle BIOGÉE. Bio veut dire la Vie et Gé veut dire la Terre, comme dans Géographie. La Vie, on le sait, habite la Terre et la Terre se mêle à la Vie. De même, ce livre mélange des histoires, des légendes, des récits avec des paroles de philosophie.

Biogée raconte, par exemple, comment certains marins se sauvèrent de tempêtes dramatiques, au Sud de la Crête ; comment des mariniers de Garonne se tirèrent d’énormes inondations ; comment des montagnards chanceux se sortirent de crevasses mortelles, dans les Alpes, et comment un gardien de phare italien dut affronter, du temps de la marine en bois, un envahissement de rats venus, par milliers, d’un bateau, où ils avaient déjà mangé tout l’équipage… Il relate enfin comment d’anciens savants négocièrent, en Sicile, l’éruption de l’Etna et comment tel récent chercheur évita la folie des bombes atomiques, en disparaissant de sorte que nul jamais ne le retrouva. Toutes histoires de la Biogée : des quatre éléments de la Terre, d’abord : eaux en furie, vents déchaînés, glaciers maléfiques, feux peu maîtrisables… puis, de la Vie, aussi : bêtes dont le nombre accable… Chaque personnage, ici, vit d’un métier en relation directe, quasi fusionnelle, avec la mer ou le fleuve, les voiles et l’ouragan, la roche et la neige, les fournaises ou les animaux.

Alors, et tout à fait continûment, ce livre passe à des récits où les personnages deviennent des arbres, chênes et tilleuls, des plantes, treilles et glycine, des rivières, des chacals et même des bactéries. Que peuvent dire ces choses muettes et ces vivants aboyants, que savent-ils raconter, participent-ils à un dialogue orchestral géant où les humains ne tiendraient qu’un instrument ? Que semblent souffler la brise qui tourbillonne, les fleuves turbulents, le grand hurlement des loups et le silence des microbes qui foisonnent ? Dans quelle langue parle la Biogée ? En quelle histoire survit-elle, évolue-t-elle ? En quelles évolutions multiples et racontables plongeons-nous avec elle, dans le même temps qu’elle ?
Peut-on vraiment dire des récits où l’héroïne, où le héros, humains, laisseraient leur place aux autres habitants de la Biogée, vivants ou inertes ? Oui, car les Fables, les Métamorphoses, où le rapport au monde se fait glissant, continu, tout aisé, où les personnages sont à la fois Fourmi et vieille ladre, Cigale et jeune guitariste écervelée, et, mieux encore, où tel amant devient chêne ou telle amoureuse tilleul, pour que, passé leur mort, ils puissent encore, quand le vent se lève, se caresser doucement de leurs branchages… participent d’une antique tradition répétée, encore aujourd’hui, avec émerveillement et gourmandise, par quelques adultes et beaucoup d’enfants. Rien de nouveau depuis Ovide ou La Fontaine ?

Si, car il s’agit aussi de sciences nouvelles, de celles qui nous enseignent que, pieuvre ou paramécie, olivier ou porc, cèdre, vieillard cassé ou verte pucelle, nous portons tous un code lisible, le même, universel, susceptible de combinaisons, de compositions, de trouvailles créatrices et d’erreurs fatales aussi compliquées que n’importe quelle association de lettres dans une langue ou de notes dans une partition musicale. Nous savons désormais que nous jouissons d’un codage commun. Nous sommes et vivons comme le monde. Le monde communique entre soi aussi bien que nous communiquons entre nous et avec lui.
La Biogée peut désormais avoir une littérature ! Et une musique, et une poésie. Elle calcule, certes, en battant ses élements comme dans un jeu de cartes, mais elle bruit aussi en combinant ses notes : j’entends son chant choral et son orchestration ; je puis comprendre ses légendes et jouir de ses récits, composés de ses lettres ; enfin, je médite en elle et par elle.
Avec le plus faste possible, ce livre célèbre une antique et fabuleuse nouveauté : tradition aveugle, enfin clarifiée ; découverte magnifique pour la vie courante et la philosophie.

Pour faire entendre donc le bruit de fond du monde et la voix des vivants, leur accompagnement, leurs rencontres, leurs rivalités, leurs amours qui ressemblent tant aux nôtres, j’ai appelé à l’aide l’ensemble de ce que nous permettent nos codes propres : le récit de la nouvelle, l’évocation poétique ou musicale, même les jeux de mots ou de lettres, les raisons juridiques, les expériences ou démonstrations scientifiques, enfin la méditation de la philosophie… en une mosaïque la plus proche possible de la réalité que je vis.

J’ai voulu que le livre qui porte son nom émette les mêmes bruits, rie aux même éclats, pleure les mêmes sanglots, sonne des mêmes chants, compose la même musique, dise les mêmes récits, médite à la même profondeur que la BIOGÉE elle-même.

Michel Serres

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Ettore Majorana

La légende des sciences – Prévoir 3/6

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Mediator 150 mg : où en sommes-nous !

Copyright iconographique : Gabriel Orozco

Mediator 150mg
Irène Frachon
Éditions Dialogues

Irène Frachon sera à la librairie Dialogues demain, vendredi 3 septembre à 18H00 pour parler de cette enquête et de l’actualité du dossier Mediator !


Un entretien avec Irène Frachon

Comment l’ouvrage a-t-il été reçu dans la communauté scientifique ? Avez-vous reçu tout le soutien nécessaire de cette communauté pour vous permettre d’affronter les problèmes liés à la publication d’une telle enquête et ses conséquences ?

J’avoue avoir beaucoup appréhendé la réaction de la « communauté scientifique » à la publication de mon livre.

Le bien-fondé de l’interdiction du médicament – interdiction argumentée par nos recherches et confortée par d’autres études, notamment celle de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie – faisait en fait l’unanimité, mis à part quelques réserves que j’ose croire « de principe » de la part des consultants pour le laboratoire Servier. Il en allait tout autrement vis-à-vis de mon projet de publication de cette enquête : « à quoi bon »  me disait-on, puisque le médicament est à présent retiré de la vente. Décrire un processus de décision interne à la communauté scientifique (incluant les autorités de santé) en citant nommément tous les acteurs, en décrivant leur rôle, ce n’est pas du tout dans « nos » us et coutumes. Le code de déontologie médicale nous oblige à une certaine réserve confraternelle très compréhensible, notamment lorsque cela concerne la prise en charge de nos patients. Pas question de se « tirer dans les pattes » au risque de susciter beaucoup d’angoisse et de perplexité chez les malades. Il faut savoir débattre de nos différends avec sagesse, si besoin, en s’appuyant sur la médiation du conseil de l’Ordre des médecins. Et puis naturellement, il faut respecter intégralement le secret médical, notamment en préservant l’identité des patients.

La question ici m’a paru toute autre : il s’agissait d’engager un débat de santé publique et s’interroger sur les raisons ayant conduit à un retard très important (dix ans ! par rapport aux premiers signaux d’alerte) au retrait d’un médicament dangereux. S’interroger sur le poids de l’industrie pharmaceutique, le rôle des « experts » médecins ou non, modulé par les conflits d’intérêt, l’indépendance réelle des autorités de santé (l’Afssaps) vis-à-vis des industriels, des forces politiques, de l’institution judiciaire. Comment faire si ce n’est décrire ce qui s’est passé ? Je ne peux prétendre à l’objectivité mais au factuel, oui. Un document existe pour chaque fait relaté et j’espère n’avoir rien oublié d’important. Après tout, si tout cela permettait de progresser un peu afin d’éviter de nouvelles catastrophes ?

Et puis, et surtout, il y a eu des morts, beaucoup je le crains, et de grands invalides cardiaques à cause de la toxicité de ce médicament. Le comité scientifique européen, confirmant la nocivité avérée du médicament, s’est prononcé en juin 2010 en faveur d’un retrait définitif du marché européen. Il a souligné la sous-estimation considérable du nombre de cas rapportés en raison du délai qui peut être important entre le début de l’exposition au médicament et la révélation d’une maladie des valves du cœur. Il m’est apparu déontologiquement impossible de ne pas donner l’opportunité aux victimes ou à leur famille d’être informés sur la cause de leur drame, de telle sorte qu’ils puissent comprendre d’abord et dans un deuxième temps obtenir reconnaissance et réparation. Il y a encore beaucoup à faire avant que l’information ne parvienne jusqu’à ces victimes.

Evidemment, j’ai pris le risque d’apparaître comme « le preux chevalier »…un rôle très peu valorisé en ces temps de désenchantement cynique. Mes amis se sont gentiment moqués de moi (quel est le féminin de « preux » ?), mes adversaires ont méchamment ricané et finalement tout ça n’a pas beaucoup d’importance.

Ma communauté hospitalière (le CHU de Brest) a été et reste très solidaire. Je crois bien que sans cela, je n’aurai pas osé publier. Mais au final, j’ai reçu des messages très forts, très encourageants, parfois très émouvants de beaucoup de mes collègues, des proches, des moins proches et des inconnus. De grands professeurs et des médecins plus simples, comme moi. Des confidences, et ce qui me trouble beaucoup, une admiration quasi unanime devant mon « courage » pour « affronter » le laboratoire…cela laisse pensif. Les laboratoires pharmaceutiques devraient être seulement des partenaires de confiance (ce qui est heureusement aussi parfois le cas, il faut se méfier des généralisations) et non susciter une telle crainte. Aurions nous abdiqué depuis si longtemps face aux puissances de l’argent et du pouvoir ?

Cet ouvrage a t-il changé quelque chose, dans votre vie quotidienne de médecin, dans votre rapport aux malades, notamment victimes de ce médicament ?

Le livre ne change pas grand chose à ma vie quotidienne de médecin et je souhaite laisser ce vacarme derrière moi dès que je jugerai que cela est possible, c’est-à-dire lorsqu’il y aura eu reconnaissance des torts faits aux victimes. La balle est dans le camp des avocats des victimes, comme Maitre François Honnorat ou Maitre Charles Joseph-Oudin ainsi que des hommes politiques comme le député (et cardiologue) Gérard Bapt, rapporteur spécial de la « Mission Santé » pour la Commission des Finances et qui souhaite, notamment dans une tribune publiée sur le site du journal Le Monde le 24 Août 2010, que l’on tire les leçons de cette affaire.

Du côté des personnes qui ont eu à souffrir ou qui auront à souffrir des conséquences de la mise sur le marché d’un tel médicament, comment a t-il été reçu ? Y a t-il un début d’organisation des malades en collectif ou association ? Quelles sont les craintes en matière de santé publique sur ce dossier ?

J’ai reçu beaucoup d’appels, de mails et de courriers après la publication du livre, surtout grâce aux articles de presse qui ont fait connaître l’histoire. Des personnes de toute la France ont subitement réalisé ou soupçonné le lien entre leur drame personnel (mort d’un proche, maladie cardiaque personnelle) et la prescription de ce médicament tandis que les médecins et pharmaciens français sont malheureusement très peu informés. Certains messages sont bouleversants, écrits sur de petits papiers pliés, d’une écriture malhabile, pour me raconter comment un conjoint est mort, emporté par une maladie cardiaque mystérieuse. Il n’en reste pas moins que la plupart des victimes bien identifiées sont brestoises, or, comme je le raconte dans mon livre, il n’y a pas de prédisposition brestoise et encore moins de gène breton pour expliquer cela ! Simplement les brestois ont été bien informés…par nous médecins, par la presse locale très attentive, par l’engagement militant, profondément humain au sens noble du terme, de mon éditeur, Charles Kermarec. Il faut encore se battre pour franchir le mur de la communication et encourager le « buzz médiatique » comme on dit maintenant ! Certains patients envisagent en effet des actions collectives, mais cela n’est pas facile quand on est déjà si malade…

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Entretien avec Julie Douard – Après l’enfance ? POL

Après  l’enfance
Julie Douard
POL

Après l’enfance est « un premier roman » mais il n’est pas « une première publication » ? Vous écrivez également des pièces de théâtre …

Effectivement, j’ai écrit plusieurs pièces de théâtre, la première lorsque j’étais en seconde. La plupart des pièces ont été montées mais pas publiées. Seule une pièce pour enfants, intitulée « Les mots sans soucis » est publié aux cahiers de théâtre du Petit théâtre de Vallières. Sinon, j’ai publié un texte dans un ouvrage collectif « Couleurs » qui allie photos et textes (édition l’épingle du jeu)

Pourriez-vous nous en dire plus et évoquer la genèse de ce récit avant qu’il ne trouve sa forme publiée ?

Quand j’ai écrit les premières lignes, je ne pensais pas commencer un roman. D’ailleurs, j’écrivais d’autres choses en parallèle, notamment pour le théâtre. Je n’ai jamais pensé que j’étais capable d’écrire un roman. Il a fallu que beaucoup de pages s’accumulent pour que je réalise ce qui était en train de se passer. Pour finir, j’ai posté le manuscrit à quelques maisons d’édition et POL a dit oui, à ma plus grande surprise.

Le théâtre occupe t-il dans votre roman une place particulière ?

En effet car le personnage débute le théâtre avec son meilleur ami afin de rencontrer des filles mais il ne prend pas conscience du fait qu’il va être sur scène. Le théâtre va devenir constitutif de sa formation et va lui offrir  des péripéties inattendues.

Après l’enfance tient à la fois du journal intime, du roman social et du roman d’éducation sentimentale. Il rappelle la langue (et le rythme ) des comédies de moeurs (les situation s’enchaînent, les personnages sont  « énormes ») ou la langue des récits d’initiation. Ce qui procure au roman un effet totalement burlesque. Pourriez-vous nous parler de la construction de la langue de ce roman, de  l’écriture du récit ?

Mais je suis totalement incapable de vous parler de la construction de la langue de ce roman, même si votre question est pertinente. Je sais qu’il y a plusieurs choses que j’apprécie : en particulier que chaque phrase apporte une nouvelle information (qui compte pour l’avancée du récit ou la découverte de la psychologie du personnage) par exemple. Quant au style, il me semble que les idées passent mieux lorsqu’elles sont dites avec ironie  ou distance.

Quant au récit, il est divisé en court chapitres titrés. Il s’agit de s’arrêter sur des scènes de la vie.

Les décors comme les événements sont transformés par le regard optimiste porté par le narrateur sur son entourage et son environnement. Sans cette sécurité, on frôle souvent la catastrophe, non ? On pourrait presque avancer que vous aimez vos personnages…

Bien sûr, heureusement. L’optimisme du narrateur tient à son âge surtout. Il sait qu’il a du temps devant lui pour voir les choses s’arranger. Il sait que rien n’est irrémédiable. Il est adolescent, il a donc l’âge où l’on peut croire que notre avenir sera radieux. Et puis, il a des atouts : bon élève, joli garçon. En outre, il aime sa famille même s’il conscience des défauts de chacun de ses membres. Il n’est pas un rebelle qui rejette les autres, mais un  jeune homme qui pense surtout à son plaisir et qui va tomber sur une réalité beaucoup plus vaste et plus intéressante. Il est mis dans des situations par son entourage.

Au début du roman, il est un peu prétentieux mais au fur et à mesure des évènements, il réalise à quel point les choses lui échappent, il frôle même le misérabilisme tant ses doutes le submergent. Finalement il découvre qu’il ne comprend pas grand chose, qu’il ne vaut pas mieux que les autres, pas moins non plus. Et surtout il réalise que les autres aussi ont une vie, il n’est pas le centre du monde, ainsi que le montre le roman. Chaque personnage vit des choses particulières sur lesquelles le roman ne fait pas l’impasse.

Quels sont les auteurs qui ont sur votre travail d’écriture une influence réelle ?

Je ne sais pas, je subis probablement des influences mais bien sûr je ne m’en rends pas compte. J’aime particulièrement J.K O’Toole, Orwell, Proust, Irving… Mais je suppose que mes influences ne sont pas exclusivement littéraires.

Dernière question, êtes-vous également lectrice  sous influence ?

Aucune idée, mais je ne lis pas que des romans, loin de là. Ce qui est certain, c’est que je n’ai jamais cherché à imiter le style d’untel. je n’analyse ni mes textes, ni ceux des autres. Je n’ai d’ailleurs pas fait d’études de lettres et je crois que j’en aurais été bien incapable.

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De l’écriture, de la lecture et de la représentation du monde ?

Petite conversation avec l’auteure Anne Savelli


Comment le langage peut-il déterminer, limiter, augmenter notre représentation du monde ?

Difficile de répondre de façon globale, la question est vaste  ! En ce qui me concerne, je porte une grande attention à la façon dont on me parle – par « on », j’entends les institutions, les médias, les entreprises, ceux qui veulent me vendre quelque chose ou m’influencer d’une façon ou d’une autre. Ou encore les discours de haine, etc. (et cela, sans devenir paranoïaque, exploit !).

Pourquoi ce type emploie-t-il tel mot plutôt que tel autre ? Quelles images veut-il faire surgir dans mon esprit ? C’est très intéressant sur un plan littéraire, et dans la vie de tous les jours ça permet de prendre la mesure de ce que véhiculent les termes employés, ou du moins d’instaurer une petite distance (chose que la psychanalyse m’a apprise, même si j’avoue que le jeu sur les mots, par exemple, ne m’a jamais beaucoup intéressé d’un point de vue thérapeutique).

Par exemple, lorsque le panneau de la mairie me parle d’espace civilisé pour m’expliquer comment les travaux vont modifier le parvis de la gare du Nord, ça me heurte, ne me fait même pas rire. J’y vois une violence faite au lieu, aux hommes qui le traversent (sauvage, la gare du Nord ? C’est ce qui est dit au fond mais le mot sauvage est plus beau). D’ailleurs, je déteste le mot espace mis à toutes les sauces depuis vingt ans : espace café, espace détente… Comme si en choisissant ce terme on pensait élargir les lieux, offrir  plus de place qu’il n’y en a en réalité.

Chaque fois qu’on s’approprie, qu’on se réapproprie le langage, on s’éloigne, me semble-t-il, de ces limitations. C’est pourquoi j’adore les dictionnaires, le vocabulaire, le jeu sur les niveaux de langue, l’argot, les détournements, la surprise née de la friction entre deux termes… C’est également vrai pour le regard, l’écoute, le toucher : aller voir autrement, écouter autre chose, s’intéresser aux textures, ne pas se contenter de l’idéal en vente. Ce que je dis n’a rien d’original mais j’ai l’impression, chaque jour, que tout va tellement en sens contraire…

Est-il possible que des histoires nous transforment, nous et le monde dans lequel nous vivons ?

Je pense, comme beaucoup, que nous vivons une époque sur-saturée d’histoires, généralement édifiantes ou destinées à nous faire peur (rêver, fantasmer…) ; que les politiques et certains médias sont les premiers à faire de nos vies et des leurs des fictions et que c’est insupportable.

Nos vies sont rythmées par les histoires qu’il nous faut raconter, en permanence, pour avoir droit à quelque chose : la belle histoire liée à nos choix professionnels, nécessairement cohérents, lors des entretiens d’embauche (on se disait toujours avec un copain, après un entretien : « Alors, tu leur as raconté quoi ? Une belle histoire » et on riait, sachant, du reste, que ça ne suffirait pas) ; celle de notre réussite, de notre identité nationale, d’une vie bien construite qui permet de louer ou d’acheter un appartement, d’avoir, croit-on, droit au chapitre, etc.

A quoi sert une histoire, aujourd’hui, si ce n’est à assurer sa survie (ce qui passe par : rassurer les autres) ?

Ca, c’est donc la version dévoyée de l’histoire…

Une histoire sert aussi à endormir et à ne pas endormir un enfant, à commencer toujours par la même phrase sans jamais inventer deux fois la même suite, à se créer de nouveaux souvenirs, à trouver sa place, à se rendre où l’on risque de ne pas aller, à parler avec les (ses) morts…

Le conteur d’histoire joue t-il un rôle dans notre quête d’identité (s) ?

Il l’a pu, pendant longtemps, est-on tenté de croire : on imagine que l’être humain pouvait prendre conscience de qui il était, de son enracinement, envisager son avenir grâce aux histoires, fictives ou non, racontées par ses ancêtres, ses proches. Je préfère dire qu’on l’imagine, parce qu’au fond, je n’en sais rien, même si, évidemment, tout ce que j’ai entendu, lu, tous les films et les tableaux que j’ai vus depuis ma naissance me constituent.

En ce qui me concerne, j’ai la sensation que mon « enracinement » vient également de ce que je tisse avec les lieux qui m’entourent (par « lieux », il faut comprendre aussi les gens qui y vivent ou qui les traversent, et tout ce qui surgira d’inattendu). Par exemple, personne ne pourrait m’asséner un quelconque discours sur ce qu’il faut penser, ou dire, des cinq stations de métro situées entre Colonel Fabien et Barbès depuis que j’ai écrit Fenêtres / Open space (on se demande qui le ferait, certes !). On peut m’apprendre énormément de choses sur cet endroit, sur son histoire, sur ce qui s’y passe jour après jour. Mais ce qui s’est tramé entre le lieu et moi, et qui est une « histoire », si vous voulez, constituée par un an et demi de trajet, on ne peut pas l’entamer. C’est du presque rien, d’accord, mais c’est vraiment constitutif d’une identité. Tout ce qu’on s’est créé nous appartient…

On résiste mieux aux discours plaqués quand on a pris contact directement avec ce qui nous traverse, me semble-t-il, sans attendre de se sentir autorisé à le faire par un regard extérieur (lequel, d’abord ?). Ce qui n’empêche pas les autres d’être bien présents, au contraire : la structure Fenêtres a été inspirée par le travail de Georges Perec ; j’aime aussi le métro aérien parce que je le prenais, enfant, avec ma mère en rentrant de l’école ; on trouve dans mon texte des références à des livres, des films, des passagers, des habitants du quartier…

Après, il y a évidemment le « roman familial », le « roman d’apprentissage » (celui-là complètement délité, il me semble).

Je sais bien que nous sommes tous le fruit des histoires qu’on nous aura racontées, que nous aurons été chercher nous-mêmes ou que nous aurons inventées. Mais il ne faudrait pas confondre histoire et simple narration (sinon, revoilà la « belle histoire », et gare à ce qu’elle véhicule). Moi, ce qui m’intéresse surtout, dans une histoire, c’est ce qu’elle ne dit pas et, dans ce qu’elle dit, la multiplicité des images et des interprétations possibles. Aller chercher dans chaque phrase du trouble, de l’ombre, de l’insoupçonné… En cela je suis sans doute plus proche de la poésie que du roman, même si j’adore qu’on me raconte des histoires (dites-moi « à suivre », je vous suis…).

Entretien mené avec Anne Savelli, auteure du roman Franck, à paraître le 9 septembre, prochainement en rencontre chez Dialogues et en résidence sur le blog.

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Festival off d’Avignon 2010 : Oh Boy ! par Le Théâtre du Phare

Invitation faite à Claudine Frey *,  lectrice présente au festival d’Avignon partageant avec nous ses coups de coeur


Oh Boy ! est une pièce du Théâtre du Phare, mise en scène par Olivier Letellier. Elle a reçu le Molière du spectacle Jeune public 2010 et je dois dire qu’elle le mérite amplement. J’ai vraiment apprécié, en effet, ce spectacle à la fois fort, bouleversant et en même temps plein d’humour et de sensibilité. Je crois même avoir préféré l’adaptation théâtrale au roman de Marie-Aude Murail dont il est tiré. Le personnage du jeune homme, Barthélemy, m’a paru, en effet, plus intéressant et plus convaincant car le spectateur épouse son point de vue alors que, dans le roman, il est vu de l’extérieur et parait un peu benêt..

Mais d’abord, quel en est le sujet ? Trois enfants abandonnés par leur père et dont la mère s’est suicidée se retrouvent à l’orphelinat en attendant d’être placés ; ils font le serment de ne jamais se  laisser séparer. La solution? Etre adoptés tous les trois par leur demi-soeur ou leur demi-frère plus âgés qu’ils ne connaissent pas mais qui ont le même père qu’eux. Si la soeur est prête à adopter Venise, la jolie petite cadette, elle ne veut pas s’embarrasser des deux aînés, Siméon, un garçon de quatorze ans et la jeune Morgane « moches et surdoués ». Alors Bart, le grand frère, accepte de faire l’essai afin d’obtenir la tutelle des trois. Oui, mais quand on a à peine vingt-six ans, que l’on est au chômage, que l’on aime bien s’amuser, que l’on n’y connaît rien aux enfants, que l’on est homosexuel (que va en dire la juge des tutelles?), que votre copain en profite pour vous laisser tomber et que la maladie s’en mêle, alors les ennuis commencent! Oh Boy!

Les thèmes graves comme ceux de la maladie, de la mort, de l’abandon mais aussi de l’amour, de la famille et de la différence, sont traités entre rires et larmes mais toujours avec beaucoup de pudeur, de retenue. L’humour toujours présent permet de désamorcer le tragique et rend la pièce accessible aux enfants aussi bien qu’aux adultes.

Un seul personnage sur scène, Bart, le grand frère, nous raconte l’histoire, grand enfant gouailleur, un peu immature mais plein de bonne volonté. Ecorché, d’une sensibilité exacerbée, (il n’a jamais connu son père), il va peu à peu se révéler à lui-même, assumer des tâches qui le dépassent, donner du temps, de l’amour, de la compréhension aux orphelins. Devenir adulte, en quelque sorte, car la pièce soulève ces questions essentielles pour tout enfant : qu’est-ce qu’être responsable? Comment devient-on adulte? La vulnérabilité de l’enfance, sa dépendance, la cruauté du monde des adultes sont ici abordées avec beaucoup de finesse.
L’acteur, Lionel Erdogan, interprète Bart avec naturel et subtilité, toujours à mi-chemin entre la dérision et l’émotion, il rend son personnage non seulement crédible mais attachant. Il a l’art de rendre vivant les objets qui l’entourent, de faire « voir » les décors, les êtres, grâce à une scénographie épurée et sobre mais pleine d’inventions et de surprises: une armoire devient tour à tour lit, bureau, maison, hôpital, route… Les enfants sont figurés par divers accessoires souvent surprenants, trois livres, un grand, un moyen et un petit, une chaise qui devient tour à tour minuscule et délicate comme une toute petite fille que l’on prend dans ses bras ou image de la mort quand elle tourne sur elle-même dans un mouvement rotatoire qui figure la vie puis s’interrompt brusquement. Un canard culbuto vacillant incarne la fragilité et la douleur de Morgane. Une poupée Barbie? Le juge des tutelles mais aussi le symbole de l’enfance de Venise ainsi que de Bart. Les jeux de lumière avec les clairs-obscurs soulignent la présence de la Mort toujours menaçante. Des images pleines de poésie jaillissent comme ces balles de ping-pong qui fusent et retombent en pluie sur le spectateur, joie, illumination soudaines de Bart qui referme la blessure causée par l’abandon de son père.

La qualité d’écoute du public, les silences  profonds  qui succèdent aux rires, l’émotion ressentie et partagée, ajoutent encore au bonheur de ce spectacle théâtral.

Oh Boy!
compagnie Le théâtre le Phare
du 8 au 30 Juillet
au Théâtre de la Girasole
16H50

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Festival off d’Avignon 2010

Invitation faite à Claudine Frey *,  lectrice présente au festival d’Avignon partageant avec nous ses coups de coeur…


Michel Quint, Effroyables jardins

J’avais beaucoup aimé la lecture de Effroyables jardins de Michel Quint, aussi c’est avec curiosité que je suis allée voir ce spectacle au festival off d’Avignon, Théâtre de Notre- Dame, texte mis en scène par Marcia de Castro et interprété par André Salzet.

Je rappelle en quelques mots le sujet de l’intrigue : un enfant éprouve de la honte de voir son père, instituteur, s’habiller en clown et se produire dans de petites fêtes où, Auguste sans talent, il se ridiculise. Il a parfois l’impression qu’il se comporte ainsi pour se mortifier ou encore pour régler une dette qui resterait toujours impayée. Un jour, son oncle lui apprend pourquoi son père agit de cette manière en lui racontant leur histoire à tous deux. Pendant la guerre, jeunes résistants mais un peu irréfléchis dans leurs actes, ils ont fait sauter un transformateur. Pris en otage avec deux autres personnes, ils sont retenus prisonniers au fond d’une fosse en attendant d’être exécutés si personne ne se dénonce. Une sentinelle allemande qui se révèle être clown dans la vie civile, leur vient en aide en leur donnant à manger et en les distrayant pour les soustraire à l’angoisse de ce qui les attend. Une preuve d’humanité au milieu de l’horreur. Enfin et contre toute attente, ils ne seront pas exécutés mais envoyés dans un camp. Ils apprendront plus tard que c’est à un ouvrier français, électricien travaillant dans le transformateur, brûlé par la bombe et qui meurt des suites de l’attentat, qu’ils doivent leur survie.

Michel Quint dans ce très beau texte décrit les effroyables jardins que nous cultivons en nous et qui sont faits de nos souffrances, de nos regrets, et de la culpabilité, sentiment obsédant, qui s’attache à sa proie pour ne jamais lâcher prise, de l’impossibilité de se pardonner. Il parle de la lâcheté et du courage, parfois si proches l’un de l’autre et qui peuvent coexister dans une seule personne, de la peur de la mort et de son indispensable corollaire, l’amour de la vie, chez des êtres jeunes qui ont à peine commencé à vivre. Mais il montre aussi comment dans la noirceur d’un monde livré à la guerre, à la brutalité nazie, la solidarité et la générosité allument un feu de joie et parviennent à sauver l’Humanité.

André Salzet est seul sur la scène dans un décor minimaliste. Un tabouret, par exemple, permettra de figurer la hauteur infranchissable qui sépare les prisonniers au fond de leur trou de la sentinelle qui les domine. Jeux de lumière sobres. Tout est dans l’interprétation.
Si j’ai moins été convaincue par l’enfant du début du texte, je me suis peu à peu laisser prendre par le jeu de l’acteur qui incarne tous les personnages et nous les fait voir avec une belle virtuosité. Peu à peu André Salzet nous amène au fond de la conscience de ces hommes et nous fait partager leurs sentiments, peu à peu l’émotion nous gagne jusqu’à un crescendo qui nous met les larmes aux yeux.
Une réussite!

Effroyables jardins Michel Quint
Interprète André Salzet
Théâtre Notre-Dame Lucernaire -Avignon
13 à 17 rue du collège d’Annecy
11H jours impairs en alternance avec : Le joueur d’échecs de Stefan Zweig jours pairs
Jusqu’au 31 Juillet
Réservation 04 90 85 06 48

Spartacus, théâtre la Licorne

Spartacus. C’est une pièce un peu hors norme que je suis allée voir l’autre soir à Villeneuve-Lez-Avignon sur la colline des Mourgues. Et d’abord, au milieu des pins, un lieu plein de charme qui domine la vieille cité avec ses remparts, ses toits de tuiles qui s’étagent jusqu’aux tours du Fort Saint André. Ensuite, le décor dans lequel va se dérouler la tragique histoire de Spartacus, une structure de métal qui reproduit un cirque romain, avec sa piste ovale, son arène où vont avoir lieu devant la plèbe assoiffée de sang (nous, les spectateurs!) de féroces combats de gladiateurs et des courses de chars miniatures. Nous sommes transportés à l’ère romaine et nous assistons au spectacle du théâtre La Licorne dirigé par Claire Dancoisne où l’objet animé, créé à partir de bouts de ferraille, de plaques métalliques, de papier mâché, de cartons, est au centre de la magie théâtrale.

Les gladiateurs, de frêles créatures de métal manipulés à vue par des comédiens qui incarnent leur double humain, affrontent courageusement des ennemis d’une taille gigantesque, monstrueux éléphant construit avec toutes sortes de pièces de récupération, lion dont le masque d’acier à la mâchoire redoutable s’apprête à se refermer sur la victime et dont l’échine formé par le corps souple de deux comédiens imite à se méprendre la démarche sinueuse du félin. Au-dessus deux sur la tribune, dominant les jeux, l’empereur et son général, interprétés par des chanteurs lyriques, commentent  la scène comme un opéra tragique.

Nous sommes projetés au milieu de combats d’une violence inouïe où l’homme est sacrifié à la folie meurtrière de la foule. Les jeux de lumière crus, le bruitage, les enregistrement des cris des spectateurs réclamant la mise à mort, la démesure des comédiens-esclaves au corps maculé de sang, zébré de cicatrices qui, dans leur révolte, escaladent la structure métallique, montent à l’assaut des spectateurs, nous plongent dans une illusion parfaite. L’apparition toujours renouvelée d’objets extraordinaires comme ces pieds coupés défilant sur un tapis roulant,  image de l’armée des esclaves en marche et, plus tard, après leur défaite, du massacre perpétré par l’armée romaine, concourt à la magie de cette mise en scène inventive qui, de plus, ne manque pas d’humour. Je pense aux  comédiens qui aspergent la marionnette du gladiateur tombé au combat avec une éponge pleine de « sang », à cet échafaudage échevelé qui figure le Vésuve, ou au bain de l’empereur et de son général dans des baignoires assez improblables, à la mouche-objet articulée, noyée dans le bain par un esclave opprimé qui exerce sa puissance sur …  la seule créature plus faible que lui!

Un beau spectacle donc, malgré un fléchissement du rythme au cours de la pièce, intéressant, riche, et qui fait appel à notre imaginaire.  A voir en famille à partir de six ans.

Théâtre La Licorne
Spartacus  22H
Jusqu’au 23 Juillet (relâche le 20)
Réservation : 04 32 75 15 95
Villeneuve-lez-Avignon
Colline des Mourgues

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  • Le blog de Claudine Frey
  • Claudine Frey, professeur de lettres à la retraite,  a été critique de théâtre pendant plusieurs années au journal La Provence et responsable de la page théâtre pour la jeunesse dans ce même journal.

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